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Appel à communications
novembre 2017 | Appels à contributions / candidatures | Histoire/société | France

Français


 


Appel à communications

 

« L’empire français et la grande guerre »



Université Jean Moulin Lyon 3 et Institut international pour la Francophonie



Revue internationale des Francophonies





Numéro sous la direction de François DAVID,

directeur du laboratoire E.A. 4586 « Francophonie, mondialisation et relations internationales »

 


 




L’Empire français et la participation de ses peuples à la grande guerre ont suscité peu de contributions scientifiques ces quatre dernières années, comme si les deux travaux canoniques et majeurs de Marc Michel (2003) et Jacques Frémeaux (2006) décourageaient les vocations. A l’occasion du centenaire de la victoire, la Revue internationale des Francophonies souhaite réparer cet oubli et rendre hommage aux 72 000 combattants de l’ex-Empire français morts entre 1914 et 1918. Nous rassemblerons les études scientifiques offrant un tour d’horizon le plus large et complet possible sur les aspects composites et contrastés du rôle des colonies dans l’effort de guerre français (600 000 soldats au total), avec l’espoir de tracer des lignes de fuite vers la francophonie actuelle, à partir du moment où 1914-1918 est un événement fondateur de la construction de l’espace francophone ultramarin.





Nous nous concentrerons ainsi sur l’émergence d’une communauté de destin entre des peuples d’outre-mer aussi éloignés entre eux par la géographie, la culture et la religion que les zouaves, chasseurs d’Afrique, goumiers marocains, tirailleurs sénégalais, tirailleurs du Pacifique (Kanaks et Tahitiens), mais aussi les soldats-ouvriers annamites voire  les terrassiers kabyles ou chinois (cf. les concessions françaises en Chine), sans oublier évidemment la Légion étrangère (cf. la typologie dressée par la Revue historique des armées en 2000).





Ypres, Dixmude, fort de Douaumont, chemin des dames, Reims… Le premier volet de ce numéro insistera sur les aspects opérationnels. Dans un esprit « nouvelle histoire bataille », seront bienvenues les publications centrées sur les conditions concrètes du combat des soldats non métropolitains (à la suite de Pedroncini, 1997) : l’instruction, l’épreuve du feu, l’aguerrissement, l’acclimatation (Cf. l’envoi des troupes africaines au sud de la France, durant l’hiver, en particulier à Fréjus ou dans le désastreux camp de Courneau en Gironde) plus globalement le caractère opérationnel des unités en question et leur imbrication dans l’ensemble du corps de bataille… autant de domaines déjà traités certes, mais qui méritent encore bien des compléments d’enquête. Des pages ou des articles de type « aventure humaine » jetteront volontiers un regard biographique, de chair et de sang à d’autres considérations plus statistiques et techniques (Cf. Echenberg, 2009).



Le deuxième grand axe problématique se veut une mise en perspective francophone à la fois historique et mémorielle en jaugeant l’impact de ce conflit hors-norme sur les sociétés d’origine :



L’histoire stricto sensu, à partir des archives écrites : on doit revenir sur les conditions de recrutement des troupes en Afrique comme en Indochine, qu’il s’agisse des enrôlements forcés ou des participations volontaires (décret du 7 février 1912 instituant le recrutement par voie de réquisition et rôle éminent, par la suite, de Blaise Diagne, haut-commissaire du gouvernement pour le recrutement des troupes noires). Au-delà de la solde, une forme de patriotisme impérial naît-elle ? De fait, l’historiographie ne rend pas encore assez compte de la façon dont les populations concernées ont perçu et ressenti les éclats de cette boucherie européenne à mille lieues de leur quotidien et de leurs intérêts immédiats. Ici, nous sollicitons tout particulièrement le dépouillement des archives des administrateurs coloniaux sur place, comme celles tout aussi cruciales relatives à la censure du courrier et à la surveillance du moral des troupes. A l’évidence, ce genre d’études se heurte au fait que l’écrasante majorité des soldats issus de l’Empire était illettrée et peu susceptible de laisser des traces écrites exploitables (Antier-Renaud, 2009).



La mémoire : le départ des hommes du village, l’attente du retour, l’épreuve de la mort ou de la blessure – sinon l’invalidité, mais aussi la réintégration dans la vie quotidienne posent inévitablement la question à plus grande échelle de la transformation de ces sociétés autochtones au contact direct et indirect de réalités occidentales brutales et contrastées. Comment quatre années de conflit procédèrent-elles d’une forme de mondialisation des esprits et des mœurs, en rapprochant par le prix du sang des continents aussi éloignés ? Dans cette veine, on n’oubliera pas non plus les influences économiques du conflit sur les sociétés coloniales (conséquence des soldes sur les économies locales, impact de l’économie de guerre et contribution matérielle imposée aux territoires d’outre-mer). On essaiera d’observer l’impact de la guerre sur la diffusion du français dans l’empire.  Le passage au front accélère-t-il la maîtrise de la langue française chez les troupes, comme chez leurs familles, après-guerre ?

Enfin, on sent bien qu’un travail collectif sur la guerre de 1914-1918 et les peuples de la « plus grande France », ne se limite pas à l’armistice, ni à ses suites immédiates. On doit continuer à sonder les mutations considérables de l’entre-deux-guerres et la montée en puissance de l’anticolonialisme en relation étroite avec l’expérience de la guerre. Aujourd’hui, on s’interrogera volontiers sur ces legs de la grande guerre en Afrique, à travers les manuels d’histoire ou les associations d’anciens combattants et de leurs descendants. Symétriquement, on ne négligera pas les sentiments pro-français. On n’oubliera pas plus la reconnaissance de la métropole (Cf. le monument aux héros de l’Armée noire, inauguré en 1924 à Reims, détruit par les Allemands en 1940 ; les stèles de Nogent-sur-Marne, Fréjus, Saint-Raphaël ; la grande mosquée de Paris édifiée entre 1922 et 1926 au prix de quelques accommodement avec la loi de 1905).

Dans une perspective interdisciplinaire, des références au champ littéraire et artistique sont tout à fait les bienvenues à condition d’en relier strictement l’étude à la réalité historique objective (par exemple, on attend depuis longtemps un hommage à Lucie Cousturier, francophone avant l’heure). Un ou deux textes comparatifs avec le British Empire rehausseraient l’ensemble.





A vos plumes, à vos claviers !





Bibliographie :

 

Ageron Charles-Robert (1968), Les Algériens musulmans et la France (1871-1919), t. I, Paris, PUF.

 

Arzalier Francis (1994), Images de l'Afrique et des Africains en France de 1914 à 1962, CDDP Beauvais. 83 p. 30 cm.

 

Antier-Renaud Chantal (2008), Les soldats des colonies dans la Première Guerre mondiale, Rennes, Éditions France Ouest.



Boubin-Boyer Sylvette (2001), De la Première Guerre mondiale en Océanie, les guerres de tous les Calédoniens, 1914-1918, thèse, Université de Nouméa.



Clayton Anthony (1994, Histoire de l'Armée française en Afrique 1830-1962, Albin Michel.



Cousturier Lucie (2001), Des inconnus chez moi, Paris, L’Harmattan, première édition 1920. Adapté à la scène par la compagnie La Poursuite, en 2014.



Frémeaux Jacques (2006), Les colonies dans la Grande Guerre. Combats et épreuves des peuples d’outre-mer, Paris, 14-18 éditions.



Haberbusch Benoît (2014), Un espace stratégique ? L’empire colonial français à la veille de la Première Guerre mondiale, Revue historique des armées n° 265, 1er trim., « Avant la guerre ».

 

Michel Marc (2003), L’Appel à l’Afrique : contributions et réactions à l’effort de guerre en AOF, 1914-1919, Paris, Karthala.

 

Meouchy Nadine (dir.) (2002), France, Syrie et Liban (1914-1946) : les ambiguïtés et les dynamiques de la relation mandataire, Damas, IFEAD.



Echeberg Myron (2009), Les tirailleurs sénégalais en Afrique occidentale française, 1857-1960, Karthala Editions.

 

Nouschi André, L'Algérie amère (1914-1994), Paris, Éditions de la MSH-Paris, 1995.



Pedroncini Guy (Dir.) (1997), Les troupes coloniales dans la Grande Guerre: actes du colloque organisé pour le 80e anniversaire de la bataille de Verdun, Comité national du souvenir de Verdun.

 

Thomas Martin (2007), Empires of Intelligence. Security Services and Colonial Disorder after 1914, Berkeley, University of California Press.

 « Troupes coloniales, troupes de marines : dossier », Revue historique des armées, mars 2000, n° 218.

 

« Les troupes coloniales et la grande guerre », colloque international, Reims, 7 et 8 novembre 2013, Champagne Editions.

 



Le calendrier :



L’évaluation se fait sur la base de l’article complet.



Date butoir d’envoi d’une proposition : février 2018



Envoi des évaluations aux auteurs : mars 2018



Date butoir d’envoi de l’article complet : mai 2018



Publication de la revue : juin 2018

 


 



Contact : envoyer les contributions à :





francois.david@univ-lyon3.fr



¤ François David, directeur du laboratoire « Francophonie, mondialisation et relations internationales » E.A.4586

et



rif@univ-lyon3.fr



¤ Dr Aurore SUDRE, Université Jean Moulin Lyon 3 – Institut international pour la Francophonie



¤ Camelia DANC, Université Jean Moulin Lyon 3 – Institut international pour la Francophonie



 

Politique rédactionnelle



 




Biographie, résumés, mots-clés



Biographie : La biographie ne doit pas dépasser 5 lignes.

Résumé : Le résumé ne doit pas dépasser 100 mots.

Abstract : La traduction en anglais ne doit pas dépasser 100 mots.

Mots-clés : 5 mots maximum.

Keywords : 5 mots maximum.





Taille et organisation de la publication

L’article est limité à 25 pages (références comprises − tableaux, figures et annexes non compris) saisies à double interligne, marges : haut, bas, gauche, droite de 2,5 cm, format A4 (21×29,7 cm), police 12 pts.

La note de recherche est limitée à 15 pages (références comprises − tableaux, figures et annexes non compris) saisies à double interligne, marges : haut, bas, gauche, droite de 2,5 cm, format A4 (21×29,7 cm), police 12 pts.

Titres et sous-titres : Ils doivent être courts et faire l’objet d’une numérotation (I, I.1., I.1.1., etc.).

Tableaux, graphiques, organigrammes, cartes : Ils sont numérotés et ont un titre.





Références

Les sources bibliographiques doivent être citées dans le corps même du texte des articles, et non pas en note de bas de page, sous la forme suivante : (Balandier, 1988, 35).

S’il y a deux références, la même année, pour un même auteur : (Balandier, 1988a, 17) et (Balandier, 1988b, 70).

Les notes de bas de pages servent donc uniquement à un complément d’analyse.

Lorsque deux citations d’un même ouvrage, d’un même article ou d’une même source se suivent immédiatement, mais correspondent à des pages différentes, mettre (ibid., ##). Lorsque les deux citations qui se suivent correspondent à la même source et à la même page, écrire seulement (ibid.).



Bibliographie en fin d’article

Toutes les références citées dans la contribution seront développées dans la bibliographie, sous la forme suivante :



Article

Filion M. (1995), « La publicité américaine à la radio canadienne : le cas du réseau français d’audio-Canada, 1938-1958 », Revue d’histoire de l’Amérique française, vol. 51, no 1, p. 71-92.

 

Ouvrage

Missika J.-L. (2006), La fin de la télévision, Paris, Seuil.

Raboy M. (1990), Missed opportunities : the story of Canada’s broadcasting policy, Montréal, McGill-Queen’s University Press.



Chapitre d’ouvrage

Prémont K. (2010), « L’influence des médias américains sur la culture Québécoise ou l’impact de l’American Way of Life sur les Québécois » dans Lachapelle G.-F. (dir.), Le destin américain du Québec : américanité, américanisation et antiaméricanisme, Québec, Presses de l’Université de Laval, p. 115-136.



Communication dans un colloque

Montani P. (2015), « Silence tragique et stade préliminaire de la prophétie », dans Careri G. et Didi-Huberman G. (dir.), L’histoire de l’art depuis Walter Benjamin : actes du colloque international organisé par l’Ecole des hautes études en sciences sociales, Paris, 5-6 décembre 2008, Paris, Mimésis, p. 125-153.



Article de presse





Barbier A. (2016), « Madagascar prête pour accueillir le Sommet de la francophonie », Le Monde.fr, 22/11/2016, disponible sur http://www.lemonde.fr/afrique/article/2016/11/22/madagascar-prete-pour-accueillir-le-sommet-de-la-francophonie_5035822_3212.html#hm2YfSt2JtSdK1Gl.99 .

Page web





Centre de la francophonie des Amériques (2017), Conférence de Jean-Martin Aussant : L’innovation sociale, 07/05/2017, disponible sur : http://www.francophoniedesameriques.com/blog/evenements/conference-de-jean-martin-aussant-conference-linnovation-sociale, consulté le 25/05/2017.

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