Murmures

Trois décès dans le monde du cinéma
janvier 2018 | Décès de personnalités culturelles | Cinéma/TV | Afrique

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Veuve de l’acteur burkinabè Sotigui Kouyaté, Esther Marty-Kouyaté est morte ce 4 Janvier 2018, selon une annonce sur les réseaux sociaux par leur fils l’acteur Mabô Kouyaté (L’Enfant du soleil, de Taïeb Louhichi, Moi César, 10 ans ½, 1m39, de Richard Berry, Toussaint Louverture, de Philippe Niang et au théâtre Les liaisons dangereuses par John Malkovich).

 

Enterrement, ce vendredi 12 janvier

Une cérémonie religieuse publique se déroulera aux Lilas (région parisienne), le Vendredi 12 Janvier à 15h, en l’Église Notre-Dame du Rosaire (7 rue Jean Moulin, 93260 Les Lilas), ensuite l’inhumation est prévue au cimetière des Lilas (47 rue de l’Égalité aux Lilas). Un espace pour un Hommage à Esther sera ouvert à la salle des mariages de la Mairie (96 rue de Paris, 93260 Les Lilas). Pour plus d’information, merci d’appeler le 01 41 71 45 57.

Esther Siraba MARTY-KOUYATÉ est metteuse en scène, comédienne, conteuse, costumière suisse. Elle était mariée avec l’acteur et metteur en scène Sotigui Kouyaté, d’origine burkinabée. Comédienne formée à la danse, la pantomime, l’acrobatie, le jonglage, le chant, la musique, le travail du clown, la commedia del arte, le travail du masque, l’improvisation et la création de personnages, de textes et de pièces, elle joue dans différentes compagnies en Suisse puis en Allemagne. En France, elle devient en 1988 la collaboratrice permanente de la Compagnie « La Voix du Griot » dirigée par son mari Sotigui Kouyaté. Elle participe à la création de spectacles de contes issus de la tradition orale de l’Afrique de l’Ouest et à des tournées aux Etats-Unis, en Europe, en Afrique.

En parallèle, Esther Marty-Kouyaté crée des costumes pour le théâtre et le cinéma. Entre autres pour « Oedipe et la controverse » et « Antigone » mises en scène de Sotigui Kouyaté, Genesis film coréalisé par Claude Nuridsany et Marie Pérennou, Sia, Le rêve du python, long métrage de Dani Kouyaté.

Egalement formatrice, elle dirige des ateliers et des stages de théâtre et de conte pour adultes, enfants et adolescents depuis 2000. Depuis quelques années Esther Marty-Kouyaté se consacre à la mise en scène autour d’histoires de femmes où la musique joue un rôle très important.

 

La famille de la critique et de la photo est en deuil

Myriam Warner-Vieyra est née le 25 mars 1939 à Pointe-à-Pitre (Guadeloupe). La romancière et poétesse guadeloupéenne a publié aux éditions Présence Africaine plusieurs romans : Le Quimboiseur l’avait dit… (1980), Juletane (1982), Femmes échouées (1988). Elle était l’épouse du cinéaste sénégalais feu Paulin Soumanou Vieyra (1925-1987). Ancienne bibliothécaire à l’université Cheikh Anta Diop de Dakar, elle est très impliquée dans l’action sociale. Il n’est dès lors pas étonnant que sa communication au Fespaco 1999 (Ouaga), porte sur « Cinéma Femmes et Pauvreté ». Elle est décédée le 29 décembre 2017, à Tours, en France.



Deux jours auparavant, c’est également dans l’Hexagone qu’une autre figure liée au cinéma, Bouna Médoune SEYE, s’est éteinte. Le photographe, artiste plasticien et réalisateur sénégalais est mort dans la matinée du mercredi 27 décembre 2017, des suites d’une maladie non précisée par le communiqué signé du Directeur de la Cinématographie Sénégalaise, Hugues Diaz. Né à Dakar en 1956, il fait ses études en France à Marseille, puis retourne s’installer à Dakar où, avec Djibril Sy, Moussa Mbaye, Boubacar Touré, il cherche à affirmer une photographie artistique africaine. Il débute dans le cinéma en tant que directeur artistique (sur les vidéos clips de Youssou Ndour, telles que Gorgui et Chimes of Freedom). Entre 1993 et 1995, il réalise ses premiers films, tout en  collaborant avec d’autres cinéastes, comme en 1994 A Mascara / Le Masque du Bissau-Guinéen Flora Gomes pour lequel il est photographe de plateau, puis Directeur Artistique de Temedy, court métrage de fiction de Gahité Fofana. Il est décorateur (avec Moustapha Ndiaye « Picasso ») du film Tableau Ferraille de Moussa Sène Absa, plus tard costumier (avec Céline Delaire, Michèle Gingembre) de Sexe, gombo et beurre salé téléfilm de Mahamat-Saleh Haroun, 2008, tourné à Bordeaux où il avait déjà séjourné pour une résidence de photographie organisée par MC2A, avec des élèves. On le retrouve Directeur artistique et Costumier sur le film Ramata, Léandre-Alain Baker.



Son premier film est Bandits cinéma, court-métrage fiction, 1994, puis Saï Saï by 1995. Le cinéma n’est pas seulement langage, il est fécondateur de société et témoigne des gens à la marge, comme pour sa série de photos sur les fous dans la rue dakaroise. Les photos sont édités par éditions Revue Noire dont un des responsables, Jean-Loup Pivin produit ses films. Il laisse en friche une œuvre riche (dans ses tiroirs depuis 2007, son premier long métrage L’ombre / Takhandère).

Aux familles éplorées, amis et proches, nos rédactions et la critique africaine présente ses condoléances.





 

Thierno I. Dia

Images Francophones

 

 

Image : Les regrettés Esther Marty_Kouyaté et Sotigui Kouyaté

Crédit : courtesy / gracieuseté Mabô Kouyaté
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