Murmures

Le film révolutionnaire africain : des archives en devenir
janvier 2023 | Appels à contributions / candidatures | Cinéma/TV | France

Français

Appel à propositions pour la revue Sources
Éditeurs
Anita AFONU (Roaming Akuba Films), Jennifer BLAYLOCK (Oberlin College) et Dan HODGKINSON (Oxford University).
Calendrier pour les auteurs
– 15 février 2023 : Envoi des résumés
– 1er mars 2023 : Auteurs informés de la sélection des résumés
– 1er juin 2023 : Envoi des articles au journal
– 1er octobre 2023 : Révision des articles en réponse aux rapports d’évaluation
– 1er décembre 2023 : Versions finales des articles et tout matériel supplémentaire déposé dans une plateforme de données de la recherche en accès ouvert
– 2024 : Publication du numéro spécial.
Envoi des propositions
Afin d’être éligible, veuillez soumettre un résumé de 250 à 400 mots ainsi qu’une courte biographie du ou des auteur(s) dans un seul document (format DOCX, DOC ou ODT) comprenant votre adresse mail à :
[email protected],
[email protected],
[email protected],
[email protected]
Le résumé peut être soumis en anglais, français ou portugais.
Veuillez utiliser « AAP : Sources / Le film révolutionnaire africain  » comme sujet de votre mail. Dans votre résumé, veuillez préciser les sources que vous avez utilisées et celles que vous envisagez de publier avec votre article.
L’article devra comporter en moyenne 45 000 signes (y compris la bibliographie, le résumé et les mots-clés), mais des textes plus courts ou plus longs pourront également être acceptés.
Merci de consulter les règles de sélection des textes et les conditions de publication : https://www.sources-journal.org/160, et les instructions aux auteurs : https://www.sources-journal.org/164.
Présentation
A Glossary of Words My Mother Never Taught Me (« Un glossaire des mots que ma mère ne m’a jamais appris » ; Renée Akiteleek Mboya, 2021)
Nous avons le plaisir de présenter cet appel à contributions en collaboration avec Sources pour un numéro spécial sur les films africains révolutionnaires réalisés pendant la décolonisation. Nous nous intéressons notamment à l’impact de ces films sur les spectateur-rice-s africain-e-s d’hier et d’aujourd’hui, et à leur situation précaire et complexe en tant que sources archivistiques. Au cours du siècle dernier, la politique à travers le monde a été remodelée par la technologie visuelle des écrans. Des premiers ciné-trains et bateaux à vapeurs d’agit-prop soviétiques à YouTube et autres plateformes de création de contenus vidéos en ligne d’aujourd’hui, les révolutionnaires ont toujours pensé que l’image en mouvement, en tant que support de narration facilement reproductible et mobile, offrait un outil puissant pour unir des groupes divers autour de nouvelles visions politiques. Les projets d’émancipation de la décolonisation dans les années 1950, 1960 et 1970, bien que généralement occultés dans les études cinématographiques et en histoire du cinéma, ont constitué un environnement crucial pour le développement de cultures d’écran révolutionnaires. Les héritages complexes et contestés de cette ère cinématographique ont souvent disparu de la vue du public à la suite de la mort de ces projets politiques, de la montée du néocolonialisme et de la négligence institutionnelle des industries africaines du film et de leurs archives lors des programmes d’ajustement structurel. Les spectres et les souvenirs de ce passé reviennent pourtant aujourd’hui, en particulier pour une nouvelle génération d’artistes, de cinéastes et d’archivistes africains qui affrontent l’histoire dans leurs propres projets d’émancipation et, ce faisant, réinventent de façon créative ce que l’archive cinématographique est et ce qu’elle peut être.
Ce numéro spécial a pour but de rassembler les connaissances sur le cinéma révolutionnaire africain et sur les archives cinématographiques et médiatiques africaines. Il s’adresse à toutes les disciplines académiques et tous les contextes intellectuels. Nous utilisons ici le terme « révolutionnaire » au sens large pour désigner les projets radicaux et multidimensionnels qui ont visé à délivrer les champs sociaux, culturels et sémantiques de la domination coloniale. Sont ainsi « révolutionnaires » les projets d’émancipation par le « bouleversement des catégories existantes » y compris par le biais d’une politique autoritaire (Zeleke & Davari 2022). Nous invitons anthropologues, archivistes, spécialistes du cinéma, cinéastes et historien-ne-s (entre autres), à explorer les problématiques intellectuelles, politiques et méthodologiques de l’histoire cinématographique révolutionnaire africaine passée et présente. Le choix de cet échange interdisciplinaire fait écho à Roland Barthes lorsqu’il affirmait qu' »il ne s’agit pas de faire communiquer les disciplines, il s’agit de les changer » (2002 [1968], 58).
Les contributeur-rice-s sont fortement encouragé-e-s à faire un pas de côté et à adopter une approche novatrice, autocritique et potentiellement expérimentale de la publication académique. Ils-elles devront aborder la politique entourant les sources qu’ils ou elles utilisent et, le cas échéant, rendre ces sources disponibles dans leur article. Lorsqu’il n’y a pas de problèmes de droits, l’insertion de films ou de captures d’écran dans le texte est non seulement possible, mais encouragée. Les autres types de sources pouvant être incluses sont, par exemple, des altérations intentionnelles sur une pellicule de film, des extraits de scènes coupées, ou une copie d’un rapport de censure d’état.
Cet appel à contributions interroge les lieux où, et la manière dont le savoir est généré. Quels matériaux représentent des sources importantes pour comprendre l’histoire de l’Afrique ? Et comment la préservation (ou la négligence) des archives cinématographiques africaines façonne-t-elle l’histoire politique aujourd’hui ? Conformément à la mission de Sources de fournir une plate-forme pour partager des sources et des documents de recherche, nous considérons également ce numéro spécial comme un exercice provisoire d’archivage.
En plus de centrer nos sources au sein du numéro spécial, nous encourageons spécifiquement les propositions sur les trois thèmes interdépendants suivants.
L’importance du cinéma des années 1950 aux années 1970
Ce numéro spécial veut présenter un éventail d’études de cas sur le continent africain, où de nouvelles cultures de l’écran et des visions politiques émancipatrices se sont développées simultanément et se sont inspirées les unes les autres, pour s’opposer aux régimes coloniaux et aux formes dégradantes du statut de l’individu (Diawara 1992 ; Gray 2020 ; Gordon 2002). En 1964, le régime de Gamal Abdel Nasser construit un cinéma par semaine en Égypte. Au Ghana, à l’indépendance, Kwame Nkrumah fait construire les installations de production cinématographique les plus importantes d’Afrique anglophone et fonde en 1965 la première chaîne de télévision du pays, douze ans avant la création de la télévision en Afrique du Sud. Notre but est d’explorer le co-développement des visions politiques de l’indépendance et des pratiques cinématographiques africaines. Nous souhaitons dépasser les discussions réductrices de « propagande » et prendre au sérieux les intentions révolutionnaires des cinéastes et des États africains de l’après indépendance.
Ce cinéma semble reposer sur la conviction que les visions dramatiques de la vie qu’il dépeint – que ce soit dans les actualités filmées ou dans les longs-métrages – sont en mesure d’enflammer l’imagination de leur public en montrant à quoi devraient ressembler le changement politique ou une bonne conduite morale, des visions émancipatrices pouvant recalibrer les repères émotionnels de leur public. Nous souhaitons accueillir des articles qui abordent plus précisément les objectifs, les techniques et l’esthétique, les réseaux transnationaux et internationaux, et les effets directs de cette ère du cinéma. Nous nous intéresserons aux questions suivantes : quels étaient les rôles sociaux et politiques que les politiciens, les organisateur-rice-s locaux-les, les cinéastes et les professionnel-le-s de l’industrie pensaient que les médias cinématographiques pouvaient avoir dans les projets de décolonisation et d’indépendance nationale ? Comment et pourquoi les cinéastes ont-ils rassemblé des idées et des pratiques locales et transnationales dans la réalisation de contenus médiatiques et cinématographiques ? Comment leurs films et comment eux-mêmes se situaient-ils dans des cartographies plus larges de luttes et de solidarités, y compris dans la dynamique de la guerre froide et de l’internationalisme révolutionnaire ? Quels ont été les effets sociaux et politiques de ces films sur le public, les visions politiques et les genres cinématographiques ? Comment ont-ils été diffusés, écrits, regardés, débattus ou censurés ? Comment ont-ils été présentés et incorporés par divers appareils politiques, intellectuels, artistiques, façonnant ainsi leur réception auprès des publics locaux et étrangers ?
Les héritages de cette ère cinématographique
Le cinéma de la période de l’indépendance et les projets de transformation sociale projettent des « ombres persistantes » sur le discours du cinéma africain, comme nous le rappelle Aboubakar Sanogo (2015, 116), ainsi que sur le cadre plus large au sein duquel la vie politique post-coloniale a été imaginée, débattue et contestée par les générations suivantes. Sara Salem (2020, 257) soutient qu’en Égypte, le projet politique d’indépendance de Nasser « a établi les normes définissant la réussite d’un projet hégémonique, [et]a ainsi explicitement et implicitement créé des attentes quant à ce que les autres projets devraient dire, faire ou être. » Ce numéro spécial s’attache à retracer cette histoire en examinant l’effet que ces projets ont eu sur la vie des individus qui les ont réalisés et sur les spectateurs, ainsi que sur le devenir des films eux-mêmes. Où ont-ils circulé ? Comment ont-ils été regardés et quels effets ont-ils eus, y compris sur la mobilisation politique et sociale ? Nous nous intéresserons également aux questions suivantes : de quelles manières cette ère cinématographique influence-t-elle les visions politiques, les genres cinématographiques et la vie sociale d’aujourd’hui ? Comment pouvons-nous et peut-être, devrions-nous étudier la portée de cette époque passée sur le présent et de quelles sources avons-nous besoin pour ces études ? Quel rôle le cinéma peut-il jouer en tant que méthode historique dans ce type de recherche ? Quelles sortes d’effets épistémologiques ces préoccupations méthodologiques peuvent-elles avoir ?
La (re)création d’archives cinématographiques africaines
Aujourd’hui, les artistes et cinéastes africains sont ceux qui semblent s’intéresser le plus à l’histoire de cette période1. Le film d’essai de Renée Akiteleek Mboya, A Glossary of Words My Mother Never Taught Me (« Un glossaire de mots que ma mère ne m’a jamais appris », 2021), est une enquête troublante sur son passé de Kényane qui réutilise de manière critique les histoires officielles de l’indépendance et le docu-choc néocolonial, Africa Addio (Gualtiero Jacopetti et Franco Prosperi, 1966). L’utilisation critique de ce film par Mboya comme « processus d’archivage » pour faire face au passé révèle également une dure réalité : le manque relatif de sources cinématographiques accessibles pouvant être utilisées pour l’étude des moments fondateurs du passé du continent (Fouéré 2016). La combinaison d’une industrie cinématographique mondiale centrée sur les pays du Nord et d’archives cinématographiques institutionnelles africaines qui ont souvent été négligées a amené des chercheurs tels que Sanongo à suggérer que « l’histoire de notre cinéma est une diaspora » (Cosgrove 2019). Face à cela, un certain nombre d’archivistes, de spécialistes du cinéma et d’historien-ne-s se sont engagé-e-s dans des projets coûteux et complexes pour restaurer, numériser et restituer les pellicules de films de cette époque. D’autres initiatives, telles que le projet Reframing Africa mené par Aboubakar Sanogo et Cynthia Kros à l’Université du Witswatersrand et soutenu par le projet African Film Heritage de Martin Scorsese, assurent la circulation continue des films et le soutien des cinéastes africain-e-s (voir Kros, Auguiste & Khan 2022). Cette situation pose un ensemble de questions importantes et opportunes : que sont ou que peuvent être les archives cinématographiques africaines ? Quels sont les défis auxquels sont confrontées les archives cinématographiques institutionnelles africaines aujourd’hui ? Comment un meilleur accès au cinéma révolutionnaire africain pourrait-il façonner la façon dont les décolonisations africaines sont perçues, sur le continent et à l’étranger ? Comment les chercheurs et chercheuses peuvent-ils-elles et doivent-ils-elles collecter les archives cinématographiques perdues ou négligées ? Quelles sont leurs obligations éthiques envers les institutions d’archivage et les processus existants et nouveaux de restauration et de numérisation ?
Bibliographie

Afonu, Anita, dir. 2011. Perished Diamonds. Accra, Ghana. YouTube : https://www.youtube.com/watch?v=PMsEbSva0LM.
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