Murmures

Appel du cinéaste Cheick Omar Sissoko
septembre 2009 | | Cinéma/TV | Burkina Faso

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Ouagadougou est la capitale du cinéma africain. C’est notre capitale. C’est ma capitale.
Cette ville honore tous les deux ans, les cinéastes du Continent, de la diaspora et leurs collaborateurs, producteurs, médias, bailleurs dans une ambiance de fraternité et de solidarité qui construit quelque part un maillon de l’unité et le respect de la riche diversité culturelle dont le monde est en droit de s’enorgueillir.

Ouagadougou en ce mois de septembre 2009 est en difficulté. Ses quartiers, son hôpital principal, notre cinémathèque sont envahis, sinon détruits par l’eau. Ses habitants sont dans le désarroi. Ils ont perdu la vie pour certains ; le toit et leur bien pour d’autres.

Spectacle hallucinants, femmes et enfants en détresse, l’eau reine des lieux, dans les maisons, les rues comme un film des damnés de la terre ; voilà la scène quotidienne vécue par une partie de la ville, celle de nos soirées musicales populaires, celles de notre créativité et de la mémoire du continent, celle sui préserve la santé de nos frères et sœurs, (le plus grand hôpital du Burkina Faso obligé de faire partir ailleurs les malades).

Ouagadougou est sous les eaux. Il faut de toute urgence l’aider. J’en appelle à la solidarité de mes collèges cinéastes, comédiens du continent, de la diaspora et du monde entier. J’en appelle aux artistes.

Aider Ouagadougou, c’est sauver des vies humaines, c’est sauver la cinémathèque africaine ;

C’est aussi aider le FESPACO et ses nombreuses vitrines culturelles ;

Le Festival de théâtre ;

Le Festival international de Hip Hop ;

Le Festival de Jazz ;

Le SIAO (Salon International de l’Artisanat de Ouagadougou).

Bamako le 07 septembre 2009

Cheik Omar Sissoko
Cinéaste, ancien Ministre de la Culture du Mali
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