Murmures

Baisse drastique des arrivées de bateaux de migrants en Méditerranée
juin 2010 | Faits de société | Interculturel/Migrations
Source : Le Monde du 24/06/10

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La carte des migrations méditerranéennes se redessine
Selon les derniers chiffres du Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) il y a une baisse des arrivées de bateaux aux abords des rives européennes comprise, selon les destinations, entre 50 % et 95 % sur la période 2009-2010.

La baisse est spectaculaire en Italie, notamment sur l’île de Lampedusa. Selon l’antenne du HCR basée à Rome, les dernières estimations font état d’une baisse de 94 % entre 2009 et les six premiers mois de 2010. Comme ailleurs, la baisse s’est globalement amorcée en 2006. Cette année-là, 22 000 migrants ont débarqué sur les côtes italiennes depuis l’Afrique du Nord. En 2007, ils n’étaient plus que 19 900 et en 2009, seulement 8 700.

La baisse est aussi conséquente en Espagne. Selon l’antenne madrilène du HCR, elle est de l’ordre de 50 % entre 2008 et 2009. En 2006, 39 000 migrants avaient réussi à accoster sur les différentes côtes ibériques, notamment aux Canaries et aux Baléares. En 2007, ils n’étaient plus que 18 000 et en 2008, seulement 13 400.

Parmi les causes de ces revirements, il y a Frontex, l’Agence européenne aux frontières extérieures. Les patrouilles navales n’ont cessé d’augmenter en nombre et en efficacité ces dernières années, notamment du fait d’accords bilatéraux avec les pays dits « sources » de migrants. La crise économique est aussi passée par-là.

L’un des acteurs-clés de ce bilan reste toutefois la Libye. Alors qu’elle était devenue l’un des principaux pays de transit, en particulier vers l’Italie, elle a renforcé le contrôle de ses frontières depuis le printemps 2009 et l’entrée en vigueur d’un accord diplomatique avec le gouvernement de Silvio Berlusconi. Un accord où l’Italie, outre qu’elle a signé un chèque de 5 milliards d’euros à la Libye, a reconnu son rôle dans les dommages infligés aux Libyens lors de la période coloniale.

Depuis, ces derniers ont signé un contrat de 300 millions d’euros avec une société italienne d’équipements de sécurité – notamment infrarouges – pour contrôler sa frontière sud. Ils se sont aussi engagés dans des pourparlers avec l’Union européenne. Le 9 juin, un « programme indicatif » doté de 60 millions d’euros a été signé avec des clauses sur la maîtrise de l’immigration clandestine.

Tous ces chamboulements redessinent la carte des migrations méditerranéennes. Les flux se sont décalés vers l’Est et la nouvelle grande porte d’entrée en Europe est désormais la Turquie. D’après le bureau du HCR à Istanbul, les autorités turques ont arrêté quelque 70 000 migrants en situation irrégulière, en 2009. Un chiffre énorme, mais qui ne reflète qu’une partie de la réalité.

Difficile de savoir s’il s’agit d’un « report » migratoire. Les migrants qui arrivent en Turquie sont souvent afghans, somaliens ou érythréens et non pas originaires d’Afrique de l’Ouest. D’après les ONG, nombreux sont ceux coincés au Maghreb dans l’attente de jours meilleurs.

Extraits de l’article d‘Elise Vincent paru dans le Monde du 24/06/10
Consultable en ligne : http://www.redasociativa.org/dosorillas/modules.php?name=News&file=article&sid=2179
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