Murmures

Journée nationale des mémoires de la traite négrière, de l’esclavage et de leur abolition
avril 2011 | Faits de société | Interculturel/Migrations | France

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Organisée par le Comité pour la mémoire et l’histoire de l’esclavage (CPMHE), cette journée commémore la loi du 21 mai 2001, dite « Loi Taubira », qui reconnaît la traite négrière et l’esclavage comme « crime contre l’humanité » et qui a aujourd’hui 10 ans. C’est aussi l’année des Afro-descendants dans le monde. Outre le 10 mai, Journée nationale de commémoration des mémoires de la traité négrière, de l’esclavage et de leur abolition, il existe des dates qui témoignent d’une histoire complexe :

– le 23 mai, Journée dans l’hexagone à la mémoire des victimes de l’esclavage
– le 22 mai, date de l’abolition de l’esclavage en Martinique
– le 27 mai, date de l’abolition de l’esclavage en Guadeloupe
– le 10 juin, date de l’abolition de l’esclavage en Guyane
– le 20 décembre, date de l’abolition de l’esclavage à La Réunion

En dix ans, de nombreux progrès ont été accomplis. Un Centre international de recherche sur les esclavages a vu le jour au CNRS, de nombreux ouvrages sont parus, le nombre des thèses a augmenté considérablement et les thèmes de recherche se sont diversifiés, des actions culturelles et artistiques ont pris traite négrière et esclavage comme sujets de création. Les Archives nationales comme des archives départementales ont engagé des actions de numérisation et de médiation, des galeries ont été ouvertes au musée des ducs de Bretagne et au musée d’Aquitaine.
Le CPMHE estime pourtant qu’il reste encore beaucoup à faire, notamment dans le domaine de l’enseignement et de la médiation. Trop de citoyens ne connaissent pas cette histoire ou la tiennent pour négligeable. Il est inconcevable que les apports des esclaves et de leurs descendants soient méprisés ou marginalisés. Il est inconcevable que des siècles qui ont vu des êtres humains mis en esclavage, privés de droits civiques, de patrimoine, et de patronyme, soumis au fouet et aux fers, et qui ont contribué à la richesse économique de la France, soient ignorés.

À l’occasion des dix ans de la loi du 21 mai 2001, le CPMHE demande au gouvernement deux gestes forts :

1. L’installation, dans un lieu symbolique de la capitale, d’une stèle rendant hommage à celles et ceux, esclaves, marrons et libres de couleur, pour leur contribution à l’universalité des idéaux de Liberté, d’Égalité et de Fraternité qui fondent notre République ;

2. La mise en œuvre du projet de Mémorial et de Centre de ressources sur la traite négrière, l’esclavage et leur abolition, demandé par le Comité dès 2005 et qui a fait l’objet d’un rapport remis au gouvernement par Édouard Glissant en 2007

Le CPMHE souhaite également que se renforcent et se mettent en œuvre les projets suivants :
1. Le soutien au programme de numérisation des archives de la traite et de l’esclavage ;
2. La collecte des mémoires vivantes de l’Outre-mer ;
3. La valorisation des lieux de mémoires et d’histoire liés à la traite et à l’esclavage
4. La création d’un portail et d’un musée virtuel de la traite, de l’esclavage et des abolitions
Le CPMHE considère que la création à Paris d’un Mémorial des esclavages, centre de ressources et lieu d’échanges et d’éducation, est indispensable. Le CPMHE rappelle qu’une étude de préfiguration ayant été réalisée en 2008, à la suite du rapport Glissant, les conditions sont réunies pour la mise en place d’un groupe opérationnel de préfiguration.
Le CPMHE invite chacun à marquer le dixième anniversaire de la loi du 21 mai 2001 tendant à la reconnaissance de la traite et de l’esclavage en tant que crime contre l’humanité et à s’associer, le 10 mai 2011, à la Sixième journée nationale des mémoires de la traite, de l’esclavage et de leurs abolitions.

Le CPMHE appelle associations, chercheurs, élus, institutions, collectivités, à mobiliser toutes leurs énergies pour qu’enfin l’histoire des esclaves et de leurs descendants soit connue et reconnue, qu’elle ait un lieu de médiation éducative et citoyenne, afin que cesse l’ignorance et que s’épanouisse un vivre ensemble basé sur la reconnaissance et le respect de la diversité.



Informations et contact :
CPMHE Label « 10 ans de la loi du 21 mai 2001 »
27 rue Oudinot 75358 Paris 07 SP
http://www.comite-memoire-esclavage.fr/

L’invitation devant être nominative

contacter: frederic.lazorthes@outre-mer.gouv.fr
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