Murmures

Cahiers d’etudes africaines (EHESS, Paris) : Appel à contributions
juillet 2011 | Appels à contributions / candidatures | Interculturel/Migrations

Français

Sur le thème La migration prise aux mots
Si la mobilité est historiquement ancrée dans les sociétés ouest-africaines, les récits et les discours autour des migrations Sud-Sud montrent que les perceptions qu’elles suscitent s’inscrivent dans des historicités et des ancrages politiques spécifiques. La recherche pluridisciplinaire déjà engagée rend compte des conditions d’élaboration et de circulation des récits sur les migrations Sud-Sud par les migrants eux-mêmes et par leurs proches. Cette circulation des récits et des discours est étudiée à travers certaines productions culturelles locales (littérature, cinéma, média, chant, griots, etc.), afin de comprendre quel peut être son rôle dans les processus sociaux et politiques liés à la mobilité. Partir des productions langagières locales tout en les contextualisant socialement et historiquement, constitue le fondement d’une approche méthodologique à la frontière de l’anthropologie et de la sociolinguistique. Contrebalançant un déterminisme économique, cette recherche met en évidence la portée des imaginaires, des mythes et des croyances sur les départs, les allers-retours ou les retours définitifs des migrants à travers une analyse de la parole. Au-delà de l’intérêt porté à la structuration des récits et aux imaginaires qu’ils déploient, ce projet vise à analyser les conditions de production discursive des récits ainsi que leur rôle dans les sociétés ouest-africaines. Le langage, à travers l’usage des variétés lexicales, narratives et discursives, donne accès aux significations symboliques qui révèlent les logiques sociales, tout autant qu’elles les reconfigurent. Sont en particulier examinés la place qu’occupent les récits autour des migrations dans la vie quotidienne des individus, leurs effets sociologiques sur les populations restées sur place, notamment sur la situation des femmes en l’absence des hommes.
L’attention portée aux conditions de production permet d’observer dans un premier temps quand, par qui, et avec quels desseins les récits et les discours sont élaborés, produits et énoncés. Il s’agit dans un second temps d’examiner comment ces récits sont ensuite appropriés, interprétés et réélaborés par les acteurs sociaux dans les chants, les chorégraphies, les littératures orales, les discours quotidiens et dans les médias (radio, télévision, cinéma, Internet). Enfin il s’agit de démêler l’enchâssement des récits dans les relations sociales et les rapports de pouvoir au niveau local, articulé à un niveau plus global et aux processus historiques complexes. En effet, ces formes de polyphonies et d’intertextualités relayées – et parfois réifiées – par les leaders d’opinion politiques et les artistes (écrivains, cinéastes, chanteurs) entraînent de nouvelles dynamiques sociales et une redéfinition des enjeux locaux en fonction des conditions globales de production des discours.

Ce numéro est ouvert aux anthropologues, aux linguistes, aux littéraires comme aux politologues ou aux sociologues, l’intérêt étant d’analyser le rôle des discours et des récits dans les processus de déplacement ou de migration.
Nous examinerons plus particulièrement la question des migrations Sud-Sud, mais l’appel à contributions est aussi ouvert aux questions touchant les migrations dans leurs complexités spatiales ou temporelles.

> Les propositions d’articles (700 à 1 000 mots) sont à envoyer à cecile.canut[at]parisdescartes.fr avant fin décembre 2011

>Les articles définitifs devront parvenir avant fin juin 2012

>Publication prévue pour 2013 par C. Canut, avec la collaboration de A.Faty et G. Pizzolato.
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