Fiche Personne
Percussionniste

Cheikh Tidiane Fall

Sénégal

Français

Cheikh Tidiane Fall, né à Dakar dans une famille de musiciens, est un des vétérans de la musique africaine en Europe. Très jeune, il se passionne pour la musique et participe à un orchestre pour enfants où il explore le son des objets. Devenu étudiant, il s’installe à Paris pour suivre des études de Cinéma à l’ENPC Louis Lumière de la rue de Vaugirard, mais c’est au cours d’un séjour en Belgique que débute sa carrière musicales : il y rencontre Gérard Montrose et Paul Van Gysegem avec qui il découvre les percussions.

Dès son retour à Paris, il monte Assum – son premier trio – avec Nana Vasconcellos et Agib Dieng, auquel se joindra par la suite le percussionniste Chris Joris. Il se produit au Volume 44 avec Louis Mahola, Johnny Diani et Julien Bahula, dans les jazz clubs de la capitale, à la Maison de la Radio où il donne de nombreux concerts, mais aussi en province, en Europe et aux Etats-Unis où vit son premier agent.

Très vite, au cours des années 70, Cheikh Tidiane s’impose comme le percussionniste majeur de la scène free & Be-bop. Particulièrement apprécié pour le caractère singulier de sa démarche et les mélanges qu’il opère en savant musicologue entre batterie, congas, tablas indiens, quidong, berimbau, etc., il accompagne Sunny Murray, Steve Lacy, Abbey Lincoln, Dexter Gordon, Don Cherry, Archie Shepp, Chico Freeman, Dollar Brand, Cris Mc Gregor, Don Moye, Philip Wilson, Kalaparusha Arha Difda, Malashi Favors, Pharoa Sanders, Mal Waldron, Art Ensemble of Chicago, Teddy Edwards, Joe Maka, etc.

En tant que leader, après son premier trio Assum, il s’illustra en trio avec le saxophoniste guinéen Jo Maka et le pianiste Bobby Few, et plus tard, en quartet avec Franck Lowe (sax), Bernard Santa Cruz (cb) et Denis Charles (dr). Avec ces différentes formations, il jouera non seulement régulièrement en Europe, mais en Afrique, en Turquie, en Inde, etc.

Parallèlement à ses concerts et enregistrements, Cheikh Tidiane Fall approfondit sa recherche musicale et organise de nombreuses master class en France et en Yougoslavie. Cette expérience lui permet d’élaborer une méthode pédagogique d’enseignement des percussions et de leur relation avec le corps et la voix.

C’est dans ce contexte qu’il initie le « corpo » : à savoir, le corps pris comme objet sonore, qu’il intègre comme un nouvel instrument. Il crée également son propre langage musical où il utilise comme matière le « kisoueli » et le « Pheul » (langues les plus répandues en Afrique) afin de toucher le plus large public africain, car pour Cheikh Tidiane, le jazz africain existe bien, et il n’est nul besoin d’aller ailleurs pour en écouter.

Par ailleurs, Cheikh Tidiane s’est montré fidèle à sa passion première : le cinéma, tantôt comme acteur – musicien en tournant dans « Je suis jazz, c’est ma vie » un film que Franck Cassenti réalisa en 1983 sur Archie Shepp, ou encore, dans « Autour de Minuit » de Bertrand Tavernier, tantôt comme compositeur, en collaborant aux musiques de films tels que « Yeleen » ou « La Lumière » de Souleymane Cissé avec Michel Portal ou encore « La passion Béatrice » de Bertrand Tavernier avec Ron Carter.

Ces dernières années, Cheikh Tidiane Fall a multiplié les collaborations avec nombre de musiciens de jazz de la scène française actuelle telle que Carine Bonnefoy, Alain Jean-Marie, Franck Avitabile, Georges McIntosh, Jean-Jacques Avenel, Essiet Okun Essiet, Raymond Doumbé, Manou Marchez, Jean-Jacques Elangué, Toni Koffi, Ricky Ford, Stéphane Belmondo, Craig Harris, Itaro Oki, etc. qu’il invite régulièrement à jouer dans le cadre de son nouveau projet « African Roots in Jazz ».