Fiche Personne
Réalisateur/trice Plasticien/ne Photographe Scénariste

Ismaïl Bahri

Tunisie

Français

Ismaïl Bahri a étudié l’art à Paris et Tunis, d’où il est originaire. Son œuvre s’ouvre à de multiples références culturelles et esthétiques et développe des expérimentations plasticiennes précises et sensibles. Leurs résultats prennent la forme de dessins, de vidéos, de photographies, d’installations ou encore d’hybridations entre ces différents supports. Des matières simples y sont manipulées et conduites à une transformation, au moyen de gestes et procédés d’inspiration souvent mécanique liés au cinéma ou à la photographie. Ainsi, dans la vidéo Orientations (2010), l’artiste filme une déambulation urbaine dans Tunis en cadrant sa caméra sur un verre rempli d’encre noire, agissant comme une lentille et reflétant l’espace environnant. L’interrogation sur la porosité de l’art vis-à-vis du monde contemporain est générée au moyen d’un processus quasi-cinématique reposant sur les principes d’enregistrement, de mise en mouvement, d’invention simultanée d’une surface sensible et d’un écran de projection, à l’aide de moyens tout à fait dérisoires. Si la production de traces constitue un acte de révélation, le retrait, l’effacement des formes sont autant de moyens privilégiés par Ismaïl Bahri pour développer des expériences qui s’appuient sur le caractère organique et impermanent des choses. Dans un lent mouvement perpétuel, les qualités naturelles du monde ordinaire se dérobent et restent insaisissables. Les étranges rituels qu’il invente déroulent un questionnement sur les limites du visible et de la perception.
Dénouement (2011) était son premier court métrage fiction, suiv de Foyer (2016).

English

Ismaïl Bahri studied art in Paris and in Tunis, his hometown. His work incorporates many cultural and aesthetic references, developing visual experiments that are both sensitive and precise. The results of these experiments take varying forms – drawings, videos, photographs, installations, and hybrids of these forms. The basic materials used in these works are manipulated and ultimately transformed, often through mechanically inspired gestures and procedures that are related, in one way or another, to cinema or photography. In the video Orientations (2010), for example, the artist filmed a stroll through Tunis by framing a glass filled with black ink that acted as a lens by reflecting the surroundings; this questioning of art’s permeability with regards to the contemporary world is generated through a quasi-cinematic process based on principles of recording, motion, and simultaneous creation on a sensitive surface and a projection screen, while making use of laughably inadequate equipment. While the production of traces constitutes a revelatory act, Ismaïl Bahri equally privileges experiences that build on the organic and fleeting nature of things. The ordinary world’s natural qualities slip away in a slow perpetual movement, remaining elusive. From the strange rituals invented by the artist, emerges a questioning of the limits of the visible and of perception itself.
He describes his works as « visual experiments » that take varying forms – drawings, videos, photographs, installations and hybrids of these. Dénouement (2011) was his first short film, and Foyer (2016) is his latest.
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