Fiche Personne
Réalisateur/trice Acteur/trice Scénariste

Christine Pascal

France

Français

Christine Pascal est une actrice, Scénariste et réalisatrice française.
Elle est née le 29 novembre 1953 à Lyon (Rhône, France) et décède le 30 août 1996 à Garches (Hauts-de-Seine, France) d’un suicide.
Christine Pascal a été l’épouse du producteur et scénariste Robert Boner.
Christine Pascal a fait des études de lettres, tout en prenant des cours au conservatoire d’art dramatique de Lyon.
La Cinémathèque Français (Paris), lui a consacré un hommage du 29 mars au 1er avril 2013.

Carrière au cinéma
La carrière de Christine Pascal décolle grâce à Bertrand Tavernier qui lui donne un petit rôle dans L’Horloger de Saint-Paul (1973) et la consacre dans Que la fête commence (1974). Au fil de sa carrière, l’actrice compose des silhouettes douces et fragiles qui sont bien souvent les reflets de ses propres angoisses. Exigeante, elle choisit ses auteurs et tourne avec Andrzej Wajda (Les Demoiselles de Wilko, 1979), Didier Haudepin (Paco l’Infaillible, 1979), Diane Kurys (Coup de foudre, 1982) ou Eric Rochant (Les Patriotes, 1993).
Passée derrière la caméra, elle signe des films rebelles. Félicité (1978) est une confession intime et impudique sur les rapports hommes-femmes. Zanzibar (1989) est une évocation corrosive du monde du cinéma, qu’il soit d’auteur ou commercial. Le Petit prince a dit (1992), conte métaphysique aux allures de tragédie, est considéré comme son chef-d’oeuvre. Adultère mode d’emploi (1996), étude de la vie conjugale bourgeoise, se distingue par son insolence et ses observations cruelles.

Source: Ciné-Ressources
http://cinema.encyclopedie.personnalites.bifi.fr/index.php?pk=14418

Une présentation de Bernard Payen
À 20 ans, Christine Pascal s’appelait Jeanne, se tenait timidement à l’entrée d’un immeuble pour attendre que la pluie tombe, répondant aux questions d’un jeune homme bientôt amoureux : Les Guichets du Louvre de Michel Mitrani, l’un des seuls films français consacrés à la rafle du Vel d’Hiv, révélait dans son premier grand rôle cette jeune actrice brune aux yeux bleus magnifiques et au visage doux, à qui l’on donnerait bientôt rendez-vous de film en film pendant vingt ans, dans des films de Bertrand Tavernier, Claude Miller ou Didier Haudepin.
Puis, en 1979, autre désir, autre cap, Christine Pascale écrit, réalise et interprète un premier long métrage, Félicité. À 26 ans, la jeune femme n’y va pas par quatre chemins : « C’est mon portrait », n’hésite-t-elle pas alors à dire avec audace, pour éclairer cette confession en clair obscur, crue et douce à la fois, qui raconte l’histoire de Félicité, quittant soudain son compagnon par jalousie pour s’enfermer chez elle et revivre son passé, son enfance de fillette anorexique, sa relation complexe avec les parents, livrant ses fantasmes, mettant en scène son faux suicide, pendant que son frère se pend réellement non loin de là. Film prémonitoire, Félicité impose sans conteste un vrai talent de réalisatrice. Cinq ans plus tard, La Garce arrive sur les écrans : production plus commerciale, interprétée par des acteurs connus (Isabelle Huppert et Richard Berry), le deuxième long métrage de Christine Pascal revisite les codes narratifs du film noir et dresse le portrait d’une femme mystérieuse, dure et fragile, libre. Une femme, deux hommes, une structure en trio tricotant amour et désir qu’elle reprend dans Zanzibar (1988), le film dans le film qui s’inspire de sa jeune expérience de réalisatrice. « Tout le monde dans le cinéma a peur de parler d’argent ! » assène Maréchal, le réalisateur aussi réel que fictif (Francis Girod) à Camille, la comédienne « qui s’ennuie tout le temps » (formidable Fabienne Babe), encaissant tout sans ciller, avant de surgir comme si de rien n’était, lors d’une cérémonie des César. Film précis sur les arcanes du cinéma à la mise en scène élégante et sèche, Zanzibar explore une forme ambiguë de masochisme féminin dont on retrouve de multiples traces dans ses films. En terminant le film, Christine Pascal a l’idée d’écrire sur les relations d’un père et d’une fillette d’une dizaine d’années. Cela donna Le Petit Prince a dit (1992), l’histoire d’un père (Richard Berry) enlevant sa fille atteinte d’une maladie incurable et recomposant quelque temps une cellule familiale fictive. Nourri des ingrédients du mélo sans pour autant céder aux sirènes lacrymales, lumineux et simple, Le Petit Prince a dit reste aujourd’hui son film le plus populaire. À l’été 1995 sort le dernier film de Christine Pascal, Adultère (mode d’emploi), un an avant son suicide. Un jeune couple d’architectes se brûlant les ailes pour mieux se retrouver, un ami-amant mature, un nouveau trio de personnages filmé à la bonne distance. Son style dru et charnel s’affirme avec une grande maîtrise. Le film clôt une filmographie précieuse et singulière à redécouvrir impérativement.
Bernard Payen

Source
www.cinematheque.fr/fr/dans-salles/hommages-retrospectives/fiche-cycle/christine-pascal,504.html