Fiche Personne
Théâtre Cinéma/TV

Sarah Maldoror

Réalisateur/trice, Acteur/trice, Scénariste, Assistant/e réalisateur
Guadeloupe

Français

Réalisatrice, scénariste, productrice et actrice guadeloupéenne et gersoise (France).

Sarah MALDOROR (1929-2020), née Sarah DUCADOS en 1929 à Candou (dans le Gers, France) est une réalisatrice, scénariste et productrice.

Elle meurt à Paris, France, le 13 avril 2020, des suites du coronavirus.

Sarah Maldoror est une cinéaste française, née en 1929 d’un père guadeloupéen et d’une mère gersoise. Elle choisit le nom d’artiste « Maldoror » en hommage au poète surréaliste Lautréamont. Elle est décédée en 2020.
Après des études de théâtre et la participation à la création de la première troupe noire à Paris, « les Griots », Sarah Maldoror part étudier le cinéma à Moscou. Ses premières réalisations l’emmènent vers l’Afrique, où elle tourne des films anti-colonialistes, très représentatifs du cinéma engagé des années 1970. Elle obtient dès 1969, avec « Monagambée », tourné en Algérie, le prix de la meilleure réalisatrice aux Journées Cinématographiques de Carthage. Avec son premier long métrage, « Des fusils pour Banta » (1970), tourné en Guinée-Bissau, Sarah Maldoror prend le chemin du maquis et s’engage dans des productions difficiles, en marge des circuits officiels. « Sambizanga » (1972), tourné au Congo, lui vaut le Tanit d’or à Carthage.
Source : www.fiffs.ma/?page_id=7777

Membre fondatrice de la troupe de théâtre « Les Griots » (Paris), avec Toto Bissainthe, Ababacar Samb, Bassori Timité et d’autres comédiens noirs. Cette réalisatrice guadeloupéenne est surtout connue par les films qu’elle a réalisés en Afrique: Sambizanga (1972) primé à Carthage. Ses films illustrent les luttes de libération en Afrique depuis 1971. Elle fait ses études de cinéma au VGIK à Moscou, elle y fait la connaissance d’Ousmane Sembène, en 1961. Son premier documentaire Monagambé (1969) sur les tortures en Algérie remporte plusieurs prix. Aux Antilles, elle a su s’approcher par la poésie d’Aimé Césaire dont elle a fait également le portrait dans Aimé Césaire, le masque des mots. Epouse du poète angolais Mario de Andrade qui fut leader historique du mouvement de Libération de l’Angola, elle a toujours filmé avec le regard de militante de nombreuses oeuvres.
Elle joue, en 2005, dans Voisins, voisines de Malik Chibane.

Communiqué du 13 avril 2020 :
La voix des persécutés et des insoumis, la cinéaste Sarah Maldoror, pionnière du cinéma panafricain s’est éteinte le 13 avril 2020 des suites du coronavirus. Son oeuvre cinématographique lumineuse de plus de 40 films, est le reflet d’une vaillante combattante, curieuse de tout, généreuse, irrévérencieuse, soucieuse de l’autre qui porta glorieusement le poétique au-delà de toutes frontières.

Née le 19 juillet 1929, d’un père guadeloupéen (Marie Galante) et d’une mère du Sud-Ouest (Gers), elle choisit le nom d’artiste de Maldoror en hommage au poète surréaliste Lautréamont.
Toute sa vie, ses actes et ses choix seront un écho à ce premier geste.

Après des débuts au théâtre elle fonde en 1956, Les griots première troupe composée d’acteurs africains et afro-caribéens « pour en finir avec les rôles de servante » disait-elle et « faire connaître les artistes et écrivains noirs ». L’affiche de leur première mise en scène, Huis clos est signée de l’artiste cubain Wifredo Lam. Suivront des pièces de Aimé Césaire La tragédie du Roi Christophe et de Jean Genet Les nègres, mis en scène par Roger Blain. Cette dimension théâtrale et son désir de transmission d’autres cultures, seront au coeur de sa conception de la création.
En 1961, Sarah Maldoror se rend à Moscou pour étudier le cinéma, sous la direction de Mark Donskoi. Elle y apprendra la conception du cadre, le travail en équipe et une disponibilité constante pour l’imprévu : « Toujours être prêt à saisir ce qui peut être derrière le nuage » disait-elle.
Après ce séjour soviétique elle rejoindra les pionniers de la lutte des mouvements de libération africains, en Guinée, Algérie et Guinée-Bissau aux côtés de son compagnon Mario de Andrade, poète et homme politique angolais, qui fut le fondateur du Mouvement pour la libération de l’Angola (MPLA) et son premier Président. De cette union naîtront deux filles Annouchka à Moscou et Henda à Rabat.
Cette dimension politique occupe une place centrale dans son oeuvre. Elle aimait à répéter que « Pour beaucoup de cinéastes africains, le cinéma est un outil de la révolution, une éducation politique pour transformer les consciences. Il s’inscrivait dans l’émergence d’un cinéma du Tiers Monde cherchant à décoloniser la pensée pour favoriser des changements radicaux dans la société ».

Elle fit ses débuts cinématographiques à Alger, aux côtés de Gilo Pontecorvo sur La bataille d’Alger (1965), puis de William Klein pour le Festival panafricain d’Alger (1969). Son premier film Monangambee (1969), adaptée de la nouvelle de Luandino Vieira Le complet de Mateus, traite de l’incompréhension entre le colonisateur et le colonisé. Sublimé par la musique du Chicago Art Ensemble ce coup de maître se voit décerner plusieurs prix, dont celui de meilleur réalisateur, par le Festival de Carthage.
Dans Sambizanga (1972) – scénario de Maurice Pons et Mario de Andrade, elle dresse à travers le trajet politique d’une femme dont le mari se meurt sous la torture en prison, la lutte du mouvement de libération angolais.
Ce film, vivement récompensé, est une des oeuvres majeures du cinéma africain et assoit sa réputation internationale d’artiste engagée.

Installée à Paris, elle privilégie alors le format du documentaire qui lui permet de définir au travers de portrait d’artistes (Ana Mercedes Hoyos), de poètes (Aimé Césaire, Leon G Damas), de précurseurs (Toto Bissainthe), l’horizon nécessaire à la réhabilitation de l’histoire noire et de ses figures les plus marquantes mais pas seulement. Ces portraits de Miro, Louis Aragon ou Emmanuel Ungaro témoignent de son brillant éclectisme.

Fréderic Mitterrand dit « qu’elle aura fortement contribuée à combler le déficit d’images de femmes africaines devant et derrière la caméra ».

Sarah Maldoror a mis l’acuité de son regard au service de la lutte contre les intolérances et les stigmatisations de tous types, (Un dessert pour Constance, d’après une nouvelle de Daniel Boulanger) et accorda une importance fondamentale à la solidarité entre les opprimés, à la répression politique, et à la Culture comme unique moyen d’élévation d’une société. Lors de sa dernière intervention publique au Musée Reina Sofia (Madrid mai 2019) qui lui rendait hommage, elle répéta combien les enfants devaient aller au cinéma, lire de la poésie dès leur plus jeune âge, pour construire un monde plus juste.

Révoltée au franc-parler, humaniste résolue, Sarah Maldoror célébra l’engagement de l’artiste et l’art comme acte de liberté.

Son ami le poète Aimé Césaire, lui écrivit ces mots :
A Sarah Maldo… qui, caméra au poing, combat l’oppression, l’aliénation et défie la connerie humaine

Nous resterons toujours attentifs au nuage, promis !

Annouchka de Andrade et Henda Ducados

English

French (from Guadeloupe & Gers) film director, screenwriter, producer and actress.

Born in 1929 in Candou (France).

Sarah MALDOROR (1929-2020), born Sarah DUCADOS in Gers (France), is a Black French film director, screenwriter, producer and actress.

She choose her artist’s name in remembrance of The Songs of Madoror by Lautréamont. She attended a drama school in Paris. Together with her companion Mário Pinto de Andrade she received a scholarship and studied film with Mark Donskoi in Moscow in 1961-62 where she met Ousmane Sembène. She is best known for her feature film Sambizanga (1972) on the 1961-1974 war in Angola. She made a number of important documentaries too.
She passed away in Paris, France, on 13 April 2020, due to coronavirus.

OTHER BIO (2022 Salé FilmFest)
Sarah Maldoror is a French filmmaker, born in 1929 to a father from Guadeloupe and a mother from Gers, she chose the artist’s name « Maldoror » in homage to the surrealist poet Lautréamont. She died in 2020.
After studying theater and participating in the creation of the first black troupe in Paris, « Griots », Sarah Maldoror, left to study film in Moscow. Her first productions took her to Africa, where she made anti-colonial films, very representative of the committed cinema of the 1970s. In 1969, with « Monagambée », shot in Algeria, she won the prize for best director at the Carthage Film Festival. With her first feature film, « Guns for Banta » (1970), shot in Guinea-Bissau, Sarah Maldoror took the path of the maquis and engaged in difficult productions, on the fringe of official circuits. « Sambizanga » (1972), shot in the Congo, earned her the Golden Tanit at Carthage.

Source:
www.quinzaine-realisateurs.com/sarah-maldoror-r9525.html
www.fiffs.ma/?page_id=7777
Updated by Thierno I. Dia, on 24 Oct 2022

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AR




سارة مالدورور
مخرجة، كاتبة سيناريو ومنتجة
غوادلوب، فرنسا

سارة مالدورور سينمائية فرنسية، ولدت سنة 1929 من أب من جوادلوب وأم من غيرسويس، اختارت اسم الفنانة « مالدورور » تكريما للشاعر السريالي لوتريامونت، وتوفت سنة 2020
بعد دراسة المسرح والمشاركة في إحداث أول فرقة من السود في باريس « غريوتس »، غادرت سارة مالدورور لدراسة السينما في موسكو. انجازاتها دفعت بها إلى إفريقيا، حيث صورت أفلاما مناهضة للاستعمار مثلت السينما الملتزمة في السبعينيات. سنة 1969، حصل فيلمها « موناغامبي »، الذي تم تصويره في الجزائر، على جائزة أفضل إخراج بأيام قرطاج السينمائية. مع أول فيلم روائي طويل لها، « بنادق لبانتا » (1970) والذي تم تصويره في غينيا بيساو، أخذت سارة مالدورور طريق المقاومة وانخرطت في الإنتاجات السينمائية الصعبة على هامش الدوائر الرسمية. صور فيلم « سامبيزانجا » (1972) في الكونغو وحصل على جائزة « التانيت الذهبي » في قرطاج

Source:
www.fiffs.ma/?page_id=7777
Films(s)
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