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Ecrivain/ne

Mouloud Feraoun

Algérie

Français

Mouloud Feraoun est un grand écrivain algérien d’expression française né le 8 mars 1913 à Tizi Hibel en Grande Kabylie (Algérie), auteur entre autres de : Le fils du pauvre, La Terre et le Sang (prix du roman populiste 1953) mais aussi du Journal 1955-1962 qui se termine par son assassinat à Alger le 15 mars 1962, avec cinq de ses collègues inspecteurs des centres sociaux fondés par Germaine Tillion, assassinat de Château Royal commis et revendiqué par l’OAS.

Concours d’entrée à l’Ecole Normale de Bouzaréa en 1932. Instituteur, puis directeur, puis directeur des Centres sociaux d’El Biar en 1960 fondés par Germaine Tillion. Il est assassiné par un commando de l’OAS en 1962. (Source: Jean Déjeux/Limag)

« Durant la guerre implacable qui ensanglanta la terre d’Algérie, Mouloud Feraoun a porté aux yeux du monde, à l’instar de Mammeri, Dib, Kateb et quelques autres, les profondes souffrances et les espoirs tenaces de son peuple. Parce que son témoignage a refusé d’être manichéiste, d’aucun y ont vu un témoignage hésitant ou timoré. C’est en réalité un témoignage profondément humain et humaniste par son poids de sensibilité, de scepticisme et de vérité. »
(Tahar Djaout)

Mouloud Feraoun est né en 1913 à Tizi Hibel, en Haute Kabylie. Comme sa famille était très pauvre, c’est à l’aide d’une bourse qu’il réussit à commencer et continuer ses études, pour devenir instituteur, en 1935. Il a enseigné dans différents postes en Algérie, puis a été nommé inspecteur des centres sociaux. Il a été coauteur du premier livre de lecture de l’Algérie indépendante, l’Ami fidèle. Il a été assassiné le 15 mars 1962 avec ses amis dans la cour d’un centre social, par un commando de l’OAS (Organisation armée secrète).

M. Feraoun a laissé une ?uvre dans laquelle il traduit l’âme de sa société et à travers elle celle de tous les autochtones colonisés. Selon la critique universitaire, il apparaît comme un pionnier de la littérature francophone de Tamazgha (Afrique du nord) mais aussi comme un témoin essentiel. Son premier roman Le fils du pauvre (roman, Le Puy, Cahiers du Nouvel Humanisme, 1950) est devenu un classique.

D’autres ?uvres ont suivi : La Terre et le sang (roman, Paris, Le Seuil, 1953) ; Jours de Kabylie (Alger, Baconnier, 1954) ; Les chemins qui montent (roman, Paris, Le Seuil, 1957). Il a publié une étude sur le grand poète Si Mohand sous le titre Poèmes de Si Mohand (Paris, éd. de Minuit, 1960 ; Journal 1955-1962 (Paris, Le Seuil, 1962), paru juste après sa mort ; Lettres à ses amis (Paris, Le Seuil, 1969) ; L’Anniversaire (Paris, Le Seuil, 1972). Il a collaboré à plusieurs périodiques dont Journal des instituteurs de l’Afrique du Nord, Soleil et Algeria, de quatre manuels scolaires de l’enseignement élémentaire, L’Ami Fidèle, et d’un roman (inédit) La Cité des roses paru en 2007 à Alger.

Son ?uvre reste unique par l’humanisme, la bonté et la sérénité qu’elle dégage. Elle s’exprime dans une langue limpide, directe et accessible. L’auteur a toujours ?uvré pour offrir à ses lecteurs un monde authentique pour dire l’amitié et la fraternité entre les hommes et femmes.
(texte publié à l’occasion du colloque organisé par le festival du film amazigh 2010).