Depuis trois ans, la Franco-Malienne Maimouna Traoré développe la marque M.A.Y Koncept. Elle travaille le wax mais aussi le jeans, le cuir ou encore le bazin. Portrait d’une créatrice qui ne cesse d’innover.

L’enfant de l’Île-Saint-Denis (93), Maimouna Traoré, plus connue sous le nom de May, s’est d’abord fait remarquer par le public par ses customisations de baskets avec des imprimés wax. De nombreuses personnalités ont été séduites par ses créations, à l’instar de Dawala le fondateur de Wati B, du journaliste Raphal, du bédéiste Berthet ou encore du boxeur Mohamed Diaby. « J’ai toujours transformé les vêtements, chaussures ou accessoires qui méritaient un rafraîchissement, commente- elle. Adolescente, je l’ai surtout fait par nécessité parce que je n’avais pas forcément les moyens d’acheter tout ce que je voulais alors je créais. » Cet amour pour la mode ne date donc pas d’hier.
Éducatrice spécialisée pour adolescents et jeunes adultes, la trentenaire a pris un gros risque en mettant sa profession initiale de côté pour tenter de vivre de sa passion. Et c’est ainsi 20 ans après avoir tracé ses premiers dessins qu’elle lance M.A.Y Koncept, l’acronyme signifiant : « Let My Addiction be Yours ». À la fois créatrice et styliste pour chaque vêtement, elle délègue la confection à un couturier qu’elle surnomme en souriant « Le Mécanicien ».
L’ Afrique, sa première source d’inspiration
Avec pour modèles ses tantes ou sa mère qui portaient des tissus africains, Maïmouna a grandi avec cette inspiration. « J’ai transformé et créé mes toutes premières pièces avec le wax, ce tissu imprimé et coloré exporté sur le continent africain et si bien porté par la population. Ma famille au Mali travaille le b a z i n également, et l’armoire de ma mère en est pleine ! » ajoute-t-elle. Pour autant, elle s’inspire aussi de son quotidien français, de la rue « c’est là où toutes les cultures se mélangent : classique, bobo, rétro, hiphop… » À travers sa dernière collection, baptisée « Intemporelle », May a voulu mettre à l’honneur le bazin, cette noble étoffe en coton amidonné communément portée lors des festivités en Afrique de l’Ouest, et particulièrement au Mali. Pour ce faire, elle a utilisé des styles de différentes époques, depuis les Années folles jusqu’à aujourd’hui. « On replonge dans le passé pour créer le présent. » On découvre ainsi des robes du soir en bazin noir avec des coupes rappelant les années 1920, mais aussi des jupes cintrées à la taille aux couleurs flamboyantes, recouvertes de tulle et évasées jusqu’aux genoux à la manière des années 1980, dans un esprit très hip-hop. Son hommage au bazin casse les codes et prouve que l’on peut le porter de manière différente, et laisser les sempiternels boubous !
À 38 ans, Maimouna vit son rêve, et invite les femmes à s’intéresser au prêt-à-porter d’inspiration africaine à des prix abordables, avec des coupes originales et des pièces singulières réalisées en petites quantités, préservant ainsi l’authenticité de la marque. Cette année elle ira également dans des collèges et associations socio-éducatives de quartier pour animer des ateliers et initier au custom afin de sensibiliser le public à consommer autrement.

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