Retour sur une expérience développée à Anjouan par le Muzdalifa House, en partenariat avec le Club Soirhani de Mirontsy, auprès du lycée d’Excellence à Mutsamudu. Un programme expérimental, étalé sur trois ans, avec le soutien du Commissariat à l’éducation.

L’histoire avait commencé de façon presque anecdotique. Soeuf Elbadawi venait de publier Un dhikri pour nos morts la rage entre les dents. Un texte sur les milliers de morts, sans sépulture, du visa Balladur. A l’occasion de cette sortie, l’auteur demanda à intervenir dans une école privée du pays pour l’organisation d’ateliers d’écriture autour de cette question. Une fin de non recevoir lui fut opposée. Parler de ces victimes oubliées en mer soulevait des suspicions et des tensions. Et nous allions l’apprendre, beaucoup plus tard, en coulisses : l’école sollicitée envisageait un jumelage avec un établissement scolaire situé à la Réunion – département français – et espérait ne pas rencontrer de problèmes à la demande des visas pour son groupe d’élèves. Il lui fallait donc être en odeur de sainteté, auprès des autorités consulaires françaises. Cet épisode, raconté, lors d’un rendez-vous avec des lycéens en région parisienne, fit immédiatement son effet. Dans l’assistance, une responsable de la Maison des auteurs à Paris, Garance Jousset, posa la question d’un autre type de jumelage à imaginer, entre un lycée parisien et un autre lycée, qui serait comorien. En tous cas, c’est ce qui motiva la demande adressée par nos soins au Lycée d’Excellence de Mutsamudu, une école publique, qui l’accueillit avec beaucoup d’enthousiasme. Ce que nous savions de l’enseignement public (écoles sans budget, professeurs démotivés, grèves récurrentes, niveau scolaire bas) nous rendait plutôt méfiants. La perspective d’une intervention, non pas ponctuelle, mais inscrite dans la durée, nous intéressait, toutefois. Car c’est ce que nous proposait le Commissariat à l’éducation d’Anjouan, qui nous suggéra d’étoffer un peu plus le projet. A l’origine, nous voulions animer un atelier d’écriture, étalé sur quelques semaines, avec le secret espoir d’interpeller ces jeunes sur le scandale du mur Balladur. L’écriture, dit-on, libère la parole, et la vérité, croit-on, sort de la bouche des enfants. Un joli petit programme pour entamer une expérience d’écriture. Sauf que nos interlocuteurs sont venus rajouter d’autres éléments, inattendus, pour nous, à ce programme. En fait, ils souhaitaient que nous nous occupions de bâtir une conscience citoyenne à ces jeunes, en retour. Une étrange demande, de la part d’un commissariat. Il fut même question de suivre la classe de seconde, préalablement désignée pour les ateliers, durant trois ans. De la classe de seconde à la terminale. Autant dire que cette généreuse disposition du Commissariat à ouvrir les portes de son école à des poètes, dans le but d’éveiller les consciences, nous laissait quelque peu dubitatifs. C’était bien la première fois qu’une autorité, chargée de l’enseignement, allait laisser une telle licence à des gens de lettres. Et les questions n’ont pas tardé à se poser. Et si cette autorité cherchait à nous utiliser pour des raisons qui nous échappaient ? Et s’il y avait un vice caché dans la proposition ? Notre principal interlocuteur au commissariat, Abdulhamid Afraitane, secrétaire général à l’époque, avait beau aligner ses promesses et arguments, nous traînions le pas. Le projet avait reçu le feu vert de Zaitoune Mounir, la commissaire à l’éducation, en personne. Mais nous restions quand même circonspects dans nos réponses. Ne surtout pas déborder le champ de notre intervention, c’est ce que nous nous répétions, comme pour un mantra. Ne pas nous laisser emporter par l’innocence d’une telle proposition. Sous la pierre, toujours, se cache le serpent. Rester sur ses gardes, pour ne pas se laisser surprendre… Le premier contact avec les élèves fit s’effondrer tous nos préjugés. L’entrée au lycée d’Excellence à Mutsamudu se faisait sur concours. Nous étions en présence d’enfants issus de toutes les couches sociales. La remarque est de taille dans ces îles, où l’école publique est de plus en plus réservée aux couches les plus défavorisées. Nous-mêmes étions des produits de cette école, mais formés à une époque où les enseignants ne consacraient pas leurs emplois du temps au privé, par appât du gain. Quand nous étions sur les bancs, nos professeurs misaient encore sur leur vocation (1) . Depuis la multiplication des écoles privées, les nantis n’étudient plus qu’avec les nantis, selon des indices d’intégration sociale somme toute assez discutables. L’argument d’un lycée public d’excellence, donnant leur chance à des enfants de milieu populaire, pour la plupart, choisis pour le seul mérite, ne pouvait que nous séduire.

Conversations tardives

L’expérience était récente dans le pays, mais prometteuse en matière de politique d’éducation. Il y avait quelque chose de l’ordre de l’expérimentation citoyenne. Avec ce lycée d’excellence, l’autorité reprenait l’initiative dans le secteur. Ces élèves étaient boursiers, logés, nourris, soignés, encadrés. Alors, pourquoi hésiter ? D’autant qu’ils se montrèrent réceptifs, dès le départ. Pourquoi refuser, alors que nous pouvions peut-être ainsi contribuer à l’école de demain ? Le Commisariat souhaitait qu’on leur parle de mémoire et de cohé- sion d’archipel. C’était peut-être le moyen pour nous de réinterroger un lien social complètement noyé par les jeux d’intérêts et de concurrence entre les individus, auprès d’une population jeune, appelée à reconstruire ce pays, un jour. Nous nous sommes mis à nous raconter des tas d’histoires, pour pouvoir en être. Peut-être que l’expérience allait générer d’autres programmes du genre. En tous cas, elle nous permettait d’éprouver le rapport de ces jeunes à l’imaginaire de leur pays. Nous n’allions pas travailler dans l’enceinte du Muzdalifa House, ni au Club Soirhani de Mirontsy. Nous allions travailler Hors les Murs, hors de nos murs habituels, hors laboratoire, dans la vraie vie.

Lors d’une sortie avec les élèves de l’Excellence pour une enquête autour des morts du visa Balladur à Mirontsy. © S.E / Fonds Washko Ink.

Pour entamer le travail, le Commissariat offrit un exemplaire de Un dhikri pour nos morts la rage entre les dents à chacun d’entre eux. Ils étaient une trentaine. Une opération peu banale dans cette partie de l’archipel. C’était la première fois depuis une vingtaine d’années au moins qu’une autorité chargée de l’éducation puisait dans ses propres réserves, sans passer par les canaux de l’aide internationale, pour rendre une œuvre littéraire comorienne disponible auprès d’enfants comoriens. Cela mérite d’être signalé. Aux premières séances de travail, nous fûmes face à des élèves suspendus à leurs seules ambitions, obsédés par leur réussite scolaire, quitte à s’écraser les uns, les autres. La classe était inégale. Leurs réactions sur la tragédie du visa Balladur était très en phase avec ce que véhiculait l’opinion, sur les morts, sur la traversée, sur la loi du plus fort. De la culpabilité, du déni, du mensonge et de l’approximation. Avec des constantes : le silence et la peur. Au cours des premiers ateliers, nous dûmes rappeler un fait. Ces milliers de morts ne bénéficiaient d’aucun rituel de deuil. Ni encens, ni prières. Ce qui représentait une étrangeté certaine dans un pays où enterrer et accompagner ses morts demeure une obligation culturelle et cultuelle. De quoi les perturber… Petit à petit, nous vîmes les langues se délier. Les ressentis des uns et des autres se firent jour. Resurgirent dans les échanges les sentiments d’indifférence inexpliqués de la part de la population, les réactions d’auto-flagellation vécues par des proches de victimes, l’idée du deuil refoulé _ on ne parle pas facilement d’un proche mort en mer. Vinrent ensuite des moments de remémoration. Certains élèves présents avaient fait plus d’une fois la traversée ou avaient souvenir d’une histoire de corps repêchés inertes sur une plage… La phase des émotions passée, ces jeunes, qui sont nés longtemps après la partition d’un pays, cherchèrent à comprendre les raisons d’une telle tragédie. Des questions affluèrent de tous les côtés. Pourquoi la France empêchait femmes, hommes et enfants de traverser une partie de leur pays ? Pourquoi tracer une frontière interdisant à une fratrie de se retrouver ? Pourquoi les Mahorais en viennent à se renier, alors qu’ils font partie de la même histoire que celle des autres îles ? Pourquoi les condamnations de la communauté internationale n’ont aucun effet sur la tragédie ? Les ateliers se transformaient en un champ de discussion, où s’invitaient, jusqu’à tard dans la nuit, la politique, l’histoire des Comores, qui n’est pas racontée dans les écoles, l’imaginaire d’un pays, où des tas de réfugiés venus des quatre coins de l’océan trouvèrent refuge par le passé…

Un poème dans la poche

FUKA festival

L’affiche du FUKA festival.

A l’occasion de rendez-vous agencés, réagencés, en fonction de leur emploi du temps, ces élèves reçurent un certain nombre d’enseignements, en rapport avec les notions de récit, de responsabilité citoyenne, de prise de parole nécessaire sur les tragédies collectives. Ils développèrent également un travail autour de l’expression, en usant du théâtre et de l’écrit. La première année fut ponctuée par une mise en espace publique de textes commis par eux autour de la tragédie. Le succès de l’événement fut tel que le Commissariat demanda aux mêmes jeunes de réfléchir à l’idée d’un festival, où pouvaient se rencontrer tous les scolaires de l’île d’Anjouan, autour d’activités culturelles, d’ordinaire considérées comme extra scolaires. Nous, notre programme consistait à les rendre autonomes dans leur fonctionnement, et dans leurs projections. Durant toute l’année qui suivit, nos jeunes travaillèrent d’arrache-pied pour la mise en place de ce grand festival qu’ils baptisèrent : « FUKA (2) la mwenye peya. L’appellation FUKA [se lit « fouka »]reprend les initiales des mots « festival », « union », « kaulu » (3) , « apprentissage », qui sont le socle même de ce projet. La mwenye peya, le sous-titre, est une petite expression empruntée à la tradition, signifiant que le devenir du festival appartient à ceux qui auront œuvré pour lui ». En deux éditions successives, ce festival fit vibrer l’île au rythme du Commissariat à l’éducation. Les ateliers d’écriture, les exercices de maîtrise du corps et de la voix, rallongeaient les emplois du temps, à n’en plus finir. Ils interféraient dans le programme scolaire, exigeaient de l’organisation de la part de ces jeunes. Pendant les longues journées de répétitions, coïncidant parfois avec les périodes de composition, la tension était ultime. Mais la complicité généra du miracle. Certains parents, pris dans le jeu, venaient soutenir leurs enfants avec des collations. Il nous arrivait de partir dans l’exploration de l’île avec ces élèves ou de convier certains à des événements dans les autres îles. Les autorisations parentales pour ces déplacements ne souffrirent d’aucune opposition ou presque. Avec l’aide du Commissariat, nous partions pour des sorties pédagogiques de trois jours. Nous campions dans le pays profond, où nous prenions le temps d’interroger des sujets aussi complexes que ceux de la mémoire coloniale ou de la dépossession foncière. Nous passâmes une nuit à l’île de la Selle où l’on parquait autrefois les lépreux, pour les isoler. Nous dormîmes à la belle étoile à Chiroroni, là d’où partaient les barques pour la traversée vers Mayotte. Tout le long du littoral proche se trouvaient les tombes improvisées des corps échoués sur les grèves. Nous vîmes, sous nos yeux, cette jeunesse se distinguer, au fur et à mesure que le programme se poursuivait. Entre ceux qui affermirent leur verbe, produisant des textes d’une poésie singulière, et ceux, qui, de lecture en lecture, parvenaient à élargir leur propre vision du monde. Parmi les anecdotes les plus marquantes, il y a cette histoire d’Abdoul Imroi, survenue, lors des vingt ans de la Bouquinerie d’Anjouan, un événement littéraire, qui fit venir des auteurs francophones d’un peu partout. La classe recevait un auteur haïtien, Jean-Euphèle Milcé, pour un échange musclé. Et la jeune Imroi, les yeux pleins de malice, se mit debout, posant, imperturbable, cette question : « Récemment, j’ai vu à la télévision qu’un auteur que nous chérissons ici, Danny Laferrière, est admis à l’Académie française. Et c’était la joie partout. Avons-nous besoin que le « blanc » nous reconnaisse pour que nous aimions nos auteurs ? » L’assistance éclata de rire. Nous étions surpris. Au-delà de l’anecdote, il est vrai que certains romans, issus du monde colonisé devinrent des fétiches, circulant dans les arcanes de l’Internat, où vivaient ces jeunes, la dernière année. Ainsi de cette anecdote sur Notre Dame du Nil (4) , histoire de tensions entre adolescentes, dans un autre internat catholique, des tensions liées à la relation hutu et tutsie, longtemps avant le génocide de 1994. Rapidement, nos élèves identifièrent des comportements proches de ceux des personnages de Mukasonga dans leurs cercles d’amis. Ils finirent par affubler leurs amis du nom des personnages : Gloriosa, Veronica, Virginia… On pourrait aussi citer le succès auprès d’eux du roman d’Emmanuel Dongala, Un fusil dans la main, un poème dans la poche.

FUKA Festival

Des élèves de l’Excellence exhibant leur livre, Paris Mutsa en quête de récit, lors du FUKA Fest. © S.E / Fonds Washko Ink.

En fait, le plus beau de cette expérience, où nous leur apprîmes à questionner le monde, fut cette solidarité singulière, qui se noua entre eux, allant jusqu’à faire peur aux autorités, par des velléités de soulèvement, lorsqu’un des leurs était menacé dans le dispositif expérimental de l’Excellence. Un élève menacé d’exclusion pour une moyenne en dessous de la norme exigée les fit descendre dans la rue. Ils souhaitaient qu’on lui donne une chance. Une chose assez rare à cette époque pour être notée en exemple. La solidarité prenait ses quartiers dans leur quotidien. Pendant les vacances, ceux des villes pouvaient accueillir leurs camarades des campagnes. Dans les rues, des parents – que nous ne connaissions pas – nous interpellaient, nous remerciaient. Drôle d’histoire pour un programme, pourtant né à la marge. Il arrivait qu’un responsable ou un enseignant nous fasse la guerre, suite à une incompréhension. Nous étions trois encadrants, la plupart du temps, Anssoufouddine Mohamed, Fouadi Ahmed et Soeuf Elbadawi, n’appartenant pas au système. Cela suffisait à susciter des intrigues de la part des autres responsables du lycée. Mais la visibilité de notre travail finissait par calmer le jeu.

Perturbations et prolongations

Le prix attribué par les lycéens, stagiaires et apprentis d’Île de France à Un Dhikri pour nos morts la rage entre les dents, installa, dès le début, une passerelle entre les élèves de la seconde d’Excellence de Mutsamudu et ceux d’un établissement scolaire de la région parisienne : le Lycée Voltaire à Paris. Via un blog, nommé « Paris-Mutsa », ces jeunes, d’une rive à l’autre, échangèrent des textes et des points de vue. Le blog, aujourd’hui disparu, donna naissance à son tour à un livre, Paris-Mutsa en quête du récit, que les éditions Bilk & Soul, au Muzdalifa House, publièrent. L’occasion pour les élèves de l’Excellence de comprendre l’économie d’un livre et la nécessité de maîtriser sa diffusion, pour éviter le pilon, et se rendre utile au débat public. Ce sont les élèves, eux-mêmes, qui ont assuré la distribution du livre, de manière indépendante, ainsi que sa promotion à travers des débats et des performances. Ils parcoururent l’île d’Anjouan pour le présenter à des jeunes de leur âge. Ils firent le déplacement à la Grande Comore pour le défendre. Ce fut un succès, et ce livre est aujourd’hui épuisé sur le marché. Dans la dernière année du programme, nous avons envisagé d’en produire un deuxième. Mais les élèves étaient en terminale, préparant leur bac, et le temps ne le permit pas. D’autant plus que nous dûmes faire face à nos premiers ennuis avec l’autorité, cette année-là…

Abdulhamid Afraitane

En costume gris, Abdulhamid Afraitane, notre principal interlocuteur au Commissariat à l’éducation, lors d’une exposition réalisée par les élèves de l’Excellence sur l’école. © S.E / Fonds Washko Ink.

Un proviseur et un directeur des études, dépassés par les événements, au point de craindre pour leur autorité, perturbèrent le fonctionnement du programme. Nous exigeâmes une sanction de la part du commissariat, qui, pour des raisons politiques, eut du mal à sévir correctement, tout en partageant notre point de vue et celui des élèves. Pour résumer, un groupe de jeunes était parti sur l’île de la Grande Comore pour une intervention autour du livre, sur autorisation officielle du Commissaire à l’éducation. Les deux responsables se sont montrés incapables d’organiser le retour de ces élèves sur Anjouan. Nous avons dû nous débrouiller, avec nos propres moyens, pour les ramener au lycée à Mutsamudu. Sachant que le programme n’était pas vraiment financé, qu’il reposait essentiellement sur notre bonne volonté et sur nos envies d’innover dans l’éducation, nous nous débrouillions pour fixer une limite à notre engagement, quasi bénévole. Et cet incident nous obligea à comptabiliser tous les autres incidents survenus, au détriment des élèves. Nous décidâmes donc de nous retirer du programme, au grand regret, il est vrai, de notre principal interlocuteur, Abdulhamid Afraitane, entretemps promu au grade de commissaire. Mais nous avons quand même continué à garder le lien avec ces jeunes, avec le soutien de leurs parents. Vingt six d’entre eux eurent leur bac en 2016 avec une mention, et nous essayons à présent de prolonger ce lien dans les universités où ils sont partis, par le biais d’une correspondance.

1 – Il faut bien comprendre le contexte. Depuis les années 1990, nos Etats, encouragés pas les institutions de Bretton Woods à se désengager des secteurs prétendument peu rentables, ont négligé l’éducation et la santé publique. Il s’en est suivi un phénomène de privatisation ou de semi-privatisation de ces secteurs pourtant clés, dont les conséquences sont désastreuses, même pour nos économies nationales. Mais sur ces questions, nos Etats, souvent fragilisés, n’ont pas toujours les moyens de défendre l’intérêt de leurs citoyens, dans ce monde de plus en plus marchand. L’Etat n’agit plus en chef d’orchestre sur son territoire. Il devient un simple collaborateur, négociant avec les ONG, les Projets, les Sociétés, les investisseurs, en tenant compte de la seule rentabilité économique de l’aide et de la dette…
2 – Fuka vient aussi du nom d’une infusion médicinale dont le principe guérit le paludisme et le mal de gorge, apaise les voix malades, ravive les nerfs et réchauffe le corps. L’infusion est à base de gingembre, de poivre, de miel et de citron. Fuka est proche enfin du mot « fukua », dans le sens d’agiter et de creuser.
3 – Parole.
4 – Prix Ahmadou-Kourouma et prix Renaudot 2012. Paru aux éditions Gallimard.