Direction la banlieue londonienne où la communauté issue de l’archipel des Chagos, situé dans l’océan indien, se bat pour valoriser et transmettre sa culture tout en faisant entendre sa voix dans un contexte politique d’accaparement de ses terres. rencontre avec l’antenne britannique de l’association Chagos refugees Group à l’occasion de l’organisation du festival culturel « Cultural Heritage across generations » qui a démarré en mai dernier.

Culture de plantes médicinales, cuisine traditionnelle, apprentissage de chansons et danses chagosiennes rythment le festival « Cultural Heritage across generations ». Dirigé par des aînés chagossiens installés à Crawley dans la banlieue londonienne, il a pour but de transmettre à la nouvelle génération, née en Angleterre, les mémoires et traditions ancestrales. « Nous l’avons organisé en collaboration avec Laura Jeffery, une anthropologue britannique ayant écrit sur la situation des réfugiés chagossiens », explique Sandra Jean, présidente de l’association Chagos refugees Group. Fondée il y a plus de 30 ans, l’association vise à protéger les intérêts de la communauté chagossienne au Royaume-Uni, et à transmettre sa culture. L’histoire de l’exode chagossien commence dans les années 1960. Peuplée depuis le XVIIIe siècle et sous domination coloniale britannique, l’île est détachée en 1965 de l’archipel de Maurice. Maurice devient indépendante en 1968. L’archipel des Chagos reste britannique. Le Royaume-Uni signe alors un accord avec les Etats-Unis, autorisant les américains à utiliser l’archipel comme base militaire pour un bail de 50 ans. L’archipel des Chagos est renommé « base de Diego Garcia ». Plus de 1500 habitants sont déracinés, forcés de s’installer dans les îles alentours à Maurice, aux Seychelles et plus tard au Royaume-Uni, après que le gouvernement anglais ait finalement consenti à accorder la nationalité en dédommagement à des milliers de Chagossiens.

Une lutte politique

Et si c’est à Crawley, que nombre d’entre eux se sont installés, c’est que dans cette ville que, dès 1997, la lutte politique contre l’accaparement des terres s’est développée. Ainsi, en 2000, suite à l’initiative du militant Allen Vincatassin, une première vague de Chagossiens s’installe en Angleterre. La communauté compte aujourd’hui 3000 personnes. et plusieurs associations de Chagossiens s’y sont implantées, à l’instar du « Chagos welfare Group » qui a récemment organisé l’évènement artistique : Chagos is calling. Dans le contexte d’une population déplacée, coupée de ses racines et forcée de s’installer dans un nouveau pays loin de tout, le Chagos refugees Group entend poursuivre ces activités de transmission culturelle toute l’année. Et puisque cette réalité concerne plusieurs territoires, le festival propose des temps forts également sur l’île Maurice et aux Seychelles. pour attirer l’attention sur l’exil des Chagossiens. Il s’agit aussi de « permettre un maximum d’échanges entre les générations, de capturer ces moments et les immortaliser sur un site internet créé pour l’occasion, ainsi que d’attirer l’attention sur l’exil des Chagossiens ». Pour les suivre, rendez-vous sur la page

Facebook : Chagos refugees Group. vu d’ailleurs n° 51 • juin / juillet / août 2017 6 Afriscope_