Depuis 20 ans, Africultures documente les expressions culturelles des Afriques. Des centaines de personnes y ont contribué, y contribuent toujours, par des portes d’entrées multiples. Nous sommes des centaines à lire, regarder, rencontrer, structurer, réfléchir, mettre en lien, mettre en forme les contenus, chercher, débattre, et ce, depuis 20 ans. Des centaines de voix, de plumes, de mains affairées dans l’existence de ce projet ambitieux,  incarnent Africultures dans sa longue histoire. Aujourd’hui, celles et ceux, qui, dans cette période de transition difficile (lire ici : http://africultures.com/soutenir/) , se réunissent pour construire un demain ,choisissent, par ce journal de bord, d’écrire le quotidien d’un combat qui n’a d’autre horizon que de défendre la place de la culture et de la création dans nos sociétés, dans notre monde, dans nos quotidiens. C’est un enjeu éminemment politique. Alors, voici quelques voix, qui, régulièrement donneront des nouvelles d’Africultures, parleront de leur engagement, de leur histoire, de nos histoires. 

#1 Johanna Sakayo, membre du Conseil d’administration d’Africultures

« Depuis Février 2018, l’avenir d’Africultures est remis en question. Si nous avons obtenu une période d’observation du Tribunal après une cessation de paiement, le combat pour sauver l’association continue. Pour les administrateurs (Africultures est une association loi 1901, dirigée par un conseil d’administration), cette période nous pousse à sortir de l’ombre, à interpeller, à chercher de nouveaux collaborateurs, ouvrir nos horizons, nos modes d’échanges et de travail pour repenser l’avenir.

Un défi qui pose la question « Pourquoi défendre Africultures, pourquoi m’investir dans cet espace ? ». Je me suis posé la question et j’ai remonté le temps….

Tout a commencé par une recherche de stage et l’envie de découvrir l’actuel République démocratique du Congo – le Zaïre tant évoqué par mon père dans mon enfance.

Après plusieurs tentatives déçues, c’est grâce à la rubrique « Petite annonces » du site Africultures que j’ai rencontré mon futur tuteur de stage à Kinshasa.

C’est à 18 ans que j’ai rencontré l’Afrique et une partie de mes origines. Une étape importante dans ma construction de femme métisse…. et sans le savoir j’ai noué avec Africultures une pacte de fidélité.

A 24 ans, j’ai retrouvé Africultures en lisant une offre d’emploi, j’ai postulé et j’ai été engagée en tant qu’aide-documentaliste. Ce n’était pas le poste que je souhaitais mais c’est l’espace dans lequel je voulais travailler. Une certitude qui m’a fait faire mes bagages et atterrir à l’autre bout de la France dans un petit village de la Drome, Les Pilles.

C’est ici que travaillait une partie de l’équipe Africultures.

Depuis mon enfance en Vendée, j’avais la campagne en dégoût. Je ne m’attendais pas à travailler en milieu rural pour un média associatif d’envergure. C’était très déroutant !

Cette offre d’emploi pour Africultures je l’imaginais inaccessible et cette vie à la campagne je n’en voulais pas et pourtant… tout deux m’ont permis de me construire en profondeur.

Depuis, je crois que les plus beaux cadeaux de la vie sont ceux que l’on n’attend pas.

Aujourd’hui, cela fait quatre ans que j’ai quitté l’équipe Africultures et trois ans que je suis administratrice au sein de son conseil d’administration.

Africultures est cet espace dans lequel j’ai grandi.

Africultures est une source qui peut nous aider à construire dans nos identités plurielles.

Africultures est un bien commun indispensable pour s’ouvrir à l’Autre et à nous-même.

C’est pour ces raisons que je continue à m’investir dans cette association qui a besoin d’énergie et de vie pour continuer à éclairer nos routes.

Je fais actuellement partie du groupe « Partenariats » pour continuer à faire vivre le réseau Africultures. Vous portez un événement et souhaitez tout autant être visible sur nos supports que soutenir Africultures, écrivez- nous à l’adresse partenariat.africultures@gmail.com !

À bientôt,

Johanna