Moov’n aktion sur tous les fronts

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Dossiers de subventions, production ou encore diffusion, Moov’n aktion accompagne les danseurs hip-hop et leurs projets. Fondée par deux passionnés, l’association travaille pour que les rêves des artistes puissent voir le jour.

Dans les années 1980, adolescent, Yacine Amblard se laisse embarquer par la dynamique du mouvement hip-hop en pleine effervescence. Quand d’autres se sont essayés au rap, à la danse, au graff ou au djing, Yacine a décidé de se battre sur le terrain administratif. Convaincu du talent des artistes qui l’entourent, ce passionné et fin connaisseur de la scène danse, crée en 1998 l’association Moov’n aktion. Il cofonde cette structure d’accompagnement aux côtés de Dirk Korrell. À l’époque, l’objectif était de faire le lien entre les artistes et les institutions.
De meilleures conditions de création
Une dizaine d’années plus tard, nombreuses sont les salles prêtes à diffuser les artistes du mouvement hip-hop. Pourtant, les conditions dans lesquelles ils créent ne sont toujours pas la hauteur de leur talent. « On ne se rend pas compte que les types que l’on voit danser aux Halles à Paris peuvent très bien être sur la scène du théâtre Chaillot le soir et jouer dans un film le lendemain », explique énergiquement Yacine Amblard. Et de poursuivre : « Cette réalité mériterait à être davantage connue car trop souvent les artistes hiphop échappent aux dispositifs institutionnels de soutien à la culture ».
Moov’n aktion tente justement de pallier ce manque en accompagnant les artistes dans le montage et la production de leur projet. En clair, l’association fait office de structure administrative permettant aux compagnies d’obtenir des financements et propose une résidence artistique en partenariat avec la ville de Bobigny. Installée en Seine-Saint-Denis, de la France à l’Allemagne, en passant par le Brésil. Moov’n aktion soutient des danseurs de tous horizons, comme le chorégraphe Storm ou encore le collectif Jeu de Jambes. Si l’association suit certains spectacles jusque dans leur diffusion, c’est notamment le cas de Motherland des Serial Stepperz. D’autres, une fois produits évoluent en toute autonomie. Structure d’appui, Moov’n aktion intervient en fonction des besoins.
Des MJC aux scènes nationales
Pour aller plus loin, les membres de l’association ont également créé le festival Danse Hip-hop Tanz, sorte de vitrine des spectacles qu’elle produit. Le festival s’installe aussi bien dans des Maisons de la jeunesse et de la culture (MJC) aux murs décrépits que dans des théâtres estampillés « scène nationale ». Parce que la force du hip-hop réside dans sa capacité à toucher une variété de publics. « Peu de genre mobilise autant de publics tout en restant une dynamique populaire », ne manque pas de souligner Yacine. Néanmoins, la structure qui traque les subventions craint que les danseurs hip-hop ne soient les premières victimes des baisses des financements publics. Et ce, en dépit du potentiel international, intergénérationnel et de mixité sociale de cette culture.

///Article N° : 12493

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