Afriscope

  • N° 4 | janvier 2008
  • Marie-Rose Moro, médecin au coeur des cultures
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L’année 2008 verra-t-elle s’affirmer ce renouveau culturel et social qui travaille déjà largement notre pays mais qui peine à s’imposer comme un véritable mouvement central, que l’on ne peut plus confiner aux marges basanées de la société ? À la rédaction d’Afriscope, nous l’espérons vivement. De multiples signes nous semblent encourageants. Des initiatives de plus en plus nombreuses, cousines par l’esprit de notre magazine, apparaissent et œuvrent elles aussi à ce renouveau identitaire français. Non pas vers une rigidité exclusive passéiste et apeurée. Mais au contraire pour faire resplendir une nouvelle figure du citoyen, riche de la diversité ethnique que porte l’histoire et le territoire français. La toute jeune association « Les Indivisibles : Français sans commentaires ! » compte parmi ces initiatives (voir p. 8). Armée d’une bonne dose d’humour et de dérision, elle a entrepris de pointer dans les discours médiatiques et politiques hexagonaux mais aussi dans des situations de la vie courante les préjugés qui collent à la peau des Français qui ne sont pas blancs… Et il y a effectivement de quoi rire… En découvrant le travail d’utilité publique réalisé par les Indivisibles, nous avons souhaité leur confi er les scénarios des « réa-fi ctions » de ce numéro. Résultat : L’Équipe de nettoyage et Le Safari (voir p. 26 et 28), deux petites pépites d’humour qui nous interpellent tous, plus ou moins directement. Une autre fi erté de ce numéro, c’est bien sûr notre rencontre à la Une avec le Professeur Marie-Rose Moro. Psychanalyste, pédopsychiatre et écrivain de renom, cette femme d’exception dirige l’unique consultation transculturelle en France, à l’hôpital Avicenne, à Bobigny. Cette consultation est spécialisée dans les souffrances des enfants de migrants. Depuis plus de vingt ans, Marie-Rose Moro fait un travail formidable avec ces jeunes et leurs familles. Elle est au cœur des problématiques identitaires qui peuvent se poser, entre autres, à ceux qui n’ont pas la couleur du lait. Son expérience, sa parole sont de précieux phares en ces temps troublés où les crispations réactionnaires ne manquent pas. « J’essaie d’agir pour fabriquer de nouvelles utopies qui tentent de réconcilier le mouvement et le lien », écrit-elle dans un beau texte sur l’identité (cf. référence ci-dessous). Beau programme pour 2008, n’est-ce pas ?