Afriscope

  • N° 8 | novembre 2008
  • Aziz Senni, « business angel » des cités
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Edito Sous le signe de l’égalité « Le monde n’est pas tel qu’il est. Il est tel que nous le faisons. Soyons le changement que nous voulons voir dans le monde. » Gandhi Le 4 novembre 2008, Barack Hussein Obama est élu président des États-Unis. Rarement, la terre entière n’aura vibré si intensément le temps d’une célébration ou d’une victoire politique. Aux yeux du monde, nul n’en disconvient, cette élection représente un moment historique. Mais pourquoi, au fait, un tel consensus planétaire ? Que cache cette fièvre « obamaniaque » qui sévit sous toutes les latitudes ? Un double constat nous semble s’imposer. D’une part, cela montre à quel point le monde se définit encore sous un prisme racial. Car à bien y réfléchir, l’arrivée d’un Noir à la Maison Blanche ne devrait-elle pas constituer idéalement un non-événement ? D’autre part, cette fièvre s’est nourrie de torrents d’attentes, de frustrations et d’espoirs flamboyants qui coulent depuis des siècles dans les veines des peuples et dont on mésestime parfois la puissance. Barack Obama est devenu une icône. Cela se comprend. Mais attention aux contrecoups de cette trop fervente canonisation… L’élection du candidat démocrate n’incarne-t-elle pas avant tout une nouvelle étape dans lutte que mènent certains, à chaque génération, pour l’égalité réelle de tous ? En ce sens, la victoire d’Obama n’est pas seulement un symbole, c’est aussi un formidable encouragement qui nous est adressé pour persévérer, chacun à son échelle, dans cette lutte immémoriale et universelle. Car, en la matière, comme dirait l’autre, « on n’est pas sorti de l’auberge »… Alors que l’on s’apprête à célébrer le 60ème anniversaire de la Déclaration universelle des droits de l’Homme, ce numéro d’Afriscope se place donc sous le signe de l’égalité, ou plutôt de la lutte pour y parvenir. Nous mettons notamment à l’honneur la première édition de la Semaine de l’égalité qui se déroulera début décembre à travers l’Ile de France (voir p. 8 à 11). Une occasion inédite pour tous les citoyens franciliens de s’informer, échanger, s’engager. Les Américains viennent de nous donner une magistrale leçon de mobilisation collective. Il n’est écrit nulle part que les Français soient incapables d’un tel mouvement. Cela dépend de chacun de nous. Fraternellement vôtre, Ayoko Mensah