Afriscope

  • N° 12 | septembre 2009
  • Anzoumane Sissoko, au nom des sans-papiers
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« Le montant des transferts de fonds effectués par des migrants vers les pays en voie de développement dépasse les 160 milliards de dollars, selon la Banque Mondiale, soit plus du double de l’aide publique au développement. » Virginie Lydie, Paroles clandestines – Les étrangers en situation irrégulière en France (1) « Ouvrez les frontières ! » chante Tiken Jah Fakoly dans son dernier album. Nous plaçons ce numéro de rentrée sous l’espoir – l’utopie diront beaucoup – de cette injonction. Pour qu’enfin change le regard sur ceux et celles qui viennent d’ailleurs, ont traversé déserts et océans à la recherche d’une vie meilleure. Anzoumane Sissoko fait partie de ceux-là. Il y a seize ans, il quitte le Mali pour la France, envoyé par ses frères avec une mission : travailler pour améliorer le quotidien de sa famille restée au pays. Il lui faudra treize ans pour finir par acquérir le droit de s’installer dans l’hexagone et d’y mener sa vie… L’immigration, qu’elle soit clandestine ou pas, est devenue en quelques décennies un sujet politique majeur en France comme en Europe. Depuis plusieurs années, une série de lois ne cesse de la stigmatiser dans notre pays : les immigrés seraient la cause de tous les maux (ou presque) de la société… Cette opinion s’est tellement répandue que la contredire vous fait passer au mieux pour un idéaliste, au pis pour un dangereux extrémiste. Pourtant, rien de plus urgent que de briser ces représentations qui gangrènent l’imaginaire national, sans pour autant nier la complexité de la question. Ce numéro d’Afriscope participe à cette déconstruction. Qu’il s’agisse de la solidarité des travailleurs migrants dans les foyers, des actions de développement que mènent les sans-papiers ou de la dignité des anciens combattants « oubliés de la République »… tous ces sujets, abordés dans ces pages, tordent le cou aux préjugés et vous donneront peut-être envie de clamer avec nous : ouvrez les frontières… non pas d’un seul coup bien sûr mais progressivement. Car la liberté de circulation est un droit fondamental et le spectre de l’invasion une peur instrumentalisée. Fraternellement vôtre, Ayoko Mensah (1) En partenariat avec la Cimade, Editions Syros, Paris, 2008



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