Fiche Disque
Musique
ALBUM 2005
Lamp Fall
Frantz Voltaire
Genre : Album
Date de sortie : 24 Octobre 2005

Français

Voilà un album au son contemporain singulier ! Enregistré entre Dakar, Londres et Salvador de Bahia, ‘Lamp Fa//’ – 3ème opus de Cheikh Lô chez World Circuit, arrive, 5 ans après son étonnant ‘Bambay Gueej’. Ici Cheikh va plus loin encore, poursuivant sa recherche de styles nouveaux, intégrant de nouvelles influences, sans jamais se départir de cette profonde spiritualité qui lui est essentielle.
Plus que jamais Cheikh apparaît comme un personnage hors norme, transcendant les genres et les cultures.
Cheikh a voyagé; beaucoup. Et de cette période d’explorations, il a intégré de nombreux éléments à sa musique. ‘Lamp Fa//’ est quelque part l’aboutissement d’un long voyage et réunit m’balax, reggae, jazz, funk, flamenco, rumba congolaise, guajiras cubaines et rythmes brésiliens.

Tout a commencé à Dakar, où Cheikh, multi-instrumentiste a enregistré pour une maquette la batterie, les guitares, la percussion, installant les fondations de l’album. Il y a également posé sa voix, cette voix si particulière dont Youssou N’Dour a dit
« chaque fois qu’il chantait, j’étais stupéfait par sa voix – dans sa voix je retrouve quelque chose d’un voyage à travers le Burkina Faso, le Mali, le Niger ».

Et tout au long de ce voyage, on rencontre le son unique de talking drum de Samba N’Dockh, partenaire musical de Cheikh depuis plus de 10 ans.
On remarquera également le brillant guitariste Lamine Faye – frère de Habib Faye, chef d’orchestre de Youssou – ainsi que le percussionniste Thio M’Baye.
De ces bandes démo réalisées à Dakar émanait un son si frais et exaltant que Nick Gold les a retenues pour les travailler à Londres. C’est là que Cheikh a retrouvé le saxophoniste et directeur musical de James Brown, Pee Wee Ellis, qui déjà avait assuré les sax et les arrangements de cuivres sur ‘Bambay Gueej’ . Le bassiste camerounais Etienne M’Bappe les a rejoint pour y poser son groove. Puis Cheikh, guitariste-chanteur, a ajouté la batterie.

Car c’est en tant que percussionniste que Cheikh a démarré sa carrière, développant dès lors son intérêt constant pour la recherche de nouvelles rythmiques. Et cet esprit aventureux l’a conduit vers la musique brésilienne et vers Salvador de Bahia, où il s’est immergé dans les différents rythmes, propres à cette région.
Là, il a travaillé avec le producteur Alê Siqueira , déjà récompensé par de nombreux prix; on lui doit’ Tribalista’, ainsi que des albums de Carlinhos Brown, Lenine, Caetano Veloso, Tom Zé,…Alé a aussi collaboré sur le somptueux ‘F/orde Amor’ d’Omara Portuondo, sorti chez World Circuit en 2004. Avec de grands musiciens comme les guitaristes David Moraes et Adson Santana, le bassiste Erick Firmino, ainsi que les 40 percussions de la troupe de ‘bloco afro’ lIê Aiyê, Cheikh a intégré des éléments percussifs et stylistiques brésiliens, contribuant à élever l’album vers des combinaisons totalement inédites: par exemple le morceau ‘Sénégal Brési/’, avec la percussion tama de Samba N’Dokh et les percussionnistes brésiliens.

Bien que sa musique soit en constante évolution, les paroles de Cheikh explorent toujours les sujets qui lui sont chers, comme l’amour et l’amitié, les dangers de la guerre, la pureté de l’enfance, la prière – en particulier les prières dédiées à Cheikh Ibra Fall (ou Lamp Fall) , le fondateur du culte islamique Baye Fall, dont Cheikh Lô
est adepte. .
Toutes les chansons ont été écrites par Cheikh lui-même et sont chantées en wolof, excepté ‘Sou’ – originellement enregistré par le Bembeya Jazz et chanté en bambara, et ‘Nga/ou/a’, originellement enregistré par Orchestra Elegance Jazz du Congo et chanté en Lingala. Et bien que Cheikh ne parle pas le Lingala, c’est en écoutant cette chanson à la radio 30 ans auparavant qu’il a été capable de la mémoriser!

En fait, ‘Lamp Fa//’ délivre un message profond, sur un album festif et positif, où le mariage de couleurs et de textures évoque les vêtements en patchwork, qui caractérisent Cheikh et ses croyances.
Lamp Fall l’amène une fois encore sur le devant de la scène musicale africaine contemporaine.