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Bassekou Kouyaté
Le magicien malien du ngoni présente son premier album Segu Blue avec le quatuor Ngoni ba

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Flagey à depuis Septembre jeté son dévolu sur un nouvel eldorado musical: le Mali. Après les concerts de Habib Koité, Vieux Farka Touré et Boubacar Traoré, le paquebot accueillera ce 16 novembre Bassekou Kouyaté et ses N’goni Ba pour un concert de son premier album Segu Blue.

Instrument central de ce disque, le n’goni, sorte de petite guitare, est un trésor du patrimoine musical mandingue bien plus ancien que la kora. Pour le valoriser, Bassekou Kouyaté a créé le premier quatuor de n’goni du Mali. Avec ses compères, le musicien joue un répertoire entre musique traditionnelle, jazz et blues dont le groove tranquille ne laisse pas indifférent.

Sur la ligne mélodique parfaitement maîtrisée des n’goni, les percussions jouent la carte de la douceur tandis qu’Amy Sacko, l’épouse de Bassekou Kouyaté, chante d’une voix éthérée des textes inspirés par la culture Bambara, une culture dont la musique est très proche du blues car pentatonique. Largement hérité du leg griotique de l’Empire Bambara de Ségou (1712-1861), les textes mêlent des adages locaux sur la fraternité et la vie en société à des histoires de guerre ou encore de trahison. Vibrant et éclectique, ce premier opus est déjà considéré comme une des œuvres majeures du blues du désert malien.

Virtuose du n’goni, Bassekou Kouyaté a acquis une solide notoriété en collaborant avec de nombreux musiciens du Mali et d’ailleurs. Il a notamment accompagné Toumani Diabaté (Kora) et Keletigui Diabaté (Balafon). Il a en outre participé au projet Kulanjan enregistré avec Taj Mahal. Bassekou Kouyaté est également l’un des principaux musiciens de l’album posthume d’Ali Farka Touré, Savane, qui le surnommait « Le diamant noir ». Enfin, il occupe une place de choix dans le nouvel album de Dee Dee Bridgewater, Red Earth.

Enfin, parce qu’on ne peut raisonnablement écouter la guitare africaine ou le banjo américain sans faire de détour par le n’goni, Etienne Bours animera avant le concert, à 18.45 dans le Studio 1, une conférence gratuite sur la filiation possible entre le n’goni et le banjo américain.

En effet, si les esclaves noirs ont été embarqués vers les Etats-Unis sans le moindre bagage, leurs mémoires et leurs cultures ont résisté. De sorte qu’un jour ou l’autre, l’un d’entre eux a façonné un luth à l’aide d’une calebasse, d’une pièce de bois et de quelques fibres. Les petits luths africains, n’goni, tidinit et autres moolo relevaient des mêmes principes de facture. Le luth d’Afrique occidentale prolongeait son histoire au-delà des mers et en même temps, le banjo américain – symbole de la musique country – voyait le jour.

Avec Bassékou Kouyaté (n’goni, n’goni ba), Amy Sacko (voix), Andra Kouyaté (n’goni basse), Oumar Barou Kouyaté (n’goni), Moussa Bah (n’goni ba), Alou Coulibaly (calebasse) & Moussa Sissoko (percussion)