Événements

Gustave Akakpo (Togo)
Un auteur deux pieces

Français

Il se dit « ruminant farceur », revendique « plusieurs cauris dans sa calebasse » et déclare volontiers : « À défaut de crier j’écris »… C’est donc tout naturellement la scène que ce comédien, conteur, illustrateur né au Togo en 1974, a choisi pour se faire entendre des petits et des grands et dire le mal être qui est le sien mais aussi le nôtre.
Fragiles victimes ou bourreaux drapés dans leurs certitudes, avec leurs maladresses, leurs hypocrisies, leurs mensonges et leurs dérobades, ses personnages sortent tout droit d’un cauchemar ordinaire. Pourtant, quand il dénonce la tyrannie des hommes, le désarroi des femmes, l’oppression des adultes, la toute-puissance des pères, Gutave Akakpo a, au coin de l’oeil et de ses mots, une tendresse mutine et un sourire farceur. Pour lui, l’amour est un trouble-guerre, l’humour un antidote salutaire et ses mots sont des funambules heureux quand ils se jouent des tabous sur le fil des non-dits.
Avec Habbat Alep et A petites pierres, Gustave Akakpo choisit d’en rire, sans doute comme d’autres, en d’autres temps et d’autres lieux, ont choisi de ne pas en pleurer. Si son propos est ancré sur une terre africaine, châtiée parce qu’aimée, il trouve sa route dans la trace de quelques aînés d’outre-mer. Simple inconstance des pères, vraies confidences des fils… on est chez Marivaux à la sauce pili-pili, chez Molière à Treichville, Bè, ou Jonquet. Du côté des maquis et des concessions, dans une langue mâtinée trottoir d’Abidjan, de Lomé ou de Cotonou. On est en Afrique… au plus près du monde.
En écho : Et si nous tournions autour de l’akakpo ?
Rencontre avec l’auteur.
> Le mardi 14 octobre après la représentation de 20h.

Habbat Alep de Gustave Akakpo / Balazs Gera
Mise en scène Balazs Gera
Scénographie Giulio Lichtner
Avec Christophe Vandevelde, François Clavier, Guillaume Gilliet, distribution en cours…
Un jeune métis togolais revient dans le pays de son père, originaire du Proche-Orient. Il est accueilli par sa cousine, enceinte, que le père de cette dernière a envoyé en quête d’un époux pour sauver son honneur et surtout celui de sa famille…
Sur cette terre inconnue, le jeune homme, écrivain venu pour effectuer des recherches sur une langue menacée de disparition, se retrouve face à lui-même, confronté à des réalités déroutantes et à cette femme de quarante ans, échouée là au bord de sa vie…
Les personnages se croisent, s’entraperçoivent, se parlent sans toujours se comprendre. Ils se heurtent aux aléas et aux fracas du quotidien. Ils questionnent et se questionnent. Ils sont en quête comme on est en vie. Ils peinent à transgresser leur destin.
Et au bout des silences, au coeur des interdits et des oppressions, il ne leur reste que la parole – la leur ou celle des autres – pour ultime viatique dans ce monde en chaos.

A petites pierres de Gustave Akakpo / Thomas Matalou
Mise en scène Thomas Matalou
Scénographie et costumes Thibault Fack
Création lumière Mikael Oliviero
Avec Christophe Garcia, Ludovic Lamaux, Mariana Lézin, Franck Micque, Caroline Stella, Paul Tilmont
Parce qu’elle a commis le crime de rejoindre celui qui la séduisait plutôt que celui qui lui était destiné, une jeune fille doit être lapidée… Son amoureux entreprend de la sauver…
Malgré cette trame et le tragique de son propos, on est ici dans le domaine de la farce, du quiproquo, du déguisement, du travestissement, des conversations surprises à l’insu des intéressés, des apartés destinés au public… Les frères ennemis deviennent amants et s’allient pour avoir raison des aînés qui abandonnent leurs principes moraux au seuil de la maison familiale… On joue des mots et sur les mots. On se joue du père qui n’a de vertu que pour sa fille. On rit, on se moque, des uns et des autres. Et la farce l’emporte… et nous emporte.
Dès lors, qu’importe les lieux et les temps. Dès lors, on est loin de se soucier de la couleur de la peau. Akakpo noir… acteurs blancs !

Une coproduction Le TARMAC de la Villette – Compagnie l’Antre du monstre.