Événements

L’intégrale Izza Génini à la Cinémathèque de Tanger
Le patrimoine musical marocain

Français

PLANNING DES PROJECTIONS

– PROGRAMME 1 : Mardi 5 août à 19H30
– Cantiques brodées
26 min, 2005, Vo st Fr
Le MATRUZ, littéralement « pièce brodée » est un genre musical qui illustre parfaitement cette coexistence entre les Juifs et les Musulmans du Maroc.
– Chants pour un Shabbat
26 min, 2004, Vo St Fr
Réunis à la Synagogue Buffault de Paris, le rabbin Haïm Louk, venu de Los Angeles, et des hazanim tous originaires du Maroc, entonnent les chants « hazanout » qui marquent tous les moments de la vie juive, en particulier celui du Shabbat.
– Louanges
26 min, 2004, Vo St Fr
Entre Volubilis et Meknès, le sanctuaire de Moulay Idriss I°, fondateur du Royaume islamique du Maroc, est le théâtre de l’un des plus importants pèlerinages religieux du Maroc.

– PROGRAMME 2 : Vendredi 8, Mardi 12, et Mardi 19 août à 19h30

– Nûba d’or et de lumière
78 min, 2007, Vo st Fr
« Nûba d’or et de lumière » raconte l’histoire d’une musique. La musique arabo-andalouse dont la nûba serait la symphonie…

– PROGRAMME 3 : Vendredi 15 août à 19H30
– Aïta
26 min, 2004, Vo St Fr
Face à l’océan Atlantique, au sud d’El Jadida, le Moussem de Moulay Abdallah est le lieu d’expression idéal de la aïta.

– Pour le plaisir des yeux
50min, 1997, Vo St Fr
« Au Maroc, l’art et la manière d’embellir repose essentiellement entre les mains d’une femme, appelée dans le Nord ZIYANA « l’embellisseuse », partout ailleurs NEGGAFA.

– PROGRAMME 4 : Vendredi 22 aout à 19h30

– Retrouver Oulad Moumen
52 min, 2004, Vo St Fr
« Bâti sur une vaste oliveraie au sud de Marrakech, Oulad Moumen est le village où fut fondée dans les années 10 la famille Edery. La migration, par étapes marocaines d’abord, mondiales ensuite, a transplanté les membres de cette famille, les a séparés, transformés et assimilés à d’autres culture.

– Moussem
24 min, 2004, Vo St Fr
Fête populaire, pèlerinage religieux, souk et foire commerciale le Moussem est la manifestation la plus emblématique de la vie traditionnelle marocaine.

– CARTE BLANCHE A IZZA GENINI 1 : Mardi 26 août à 19h30
– Va, vis et deviens
De Radu Mihaileanu, France, 140 min, 2004
En 1984, des milliers d’Africains de 26 pays frappés par la famine se retrouvent dans des camps au Soudan. A l’initiative d’Israël et des Etats-Unis, une vaste action est menée pour emmener des milliers de Juifs éthiopiens vers Israël.
Une mère chrétienne pousse son fils de neuf ans à se déclarer juif pour le sauver de la famine et de la mort. L’enfant arrive en Terre Sainte. Déclaré orphelin, il est adopté par une famille française sépharade vivant à Tel-Aviv. Il grandit avec la peur que l’on découvre son double-secret et mensonge : ni juif, ni orphelin, seulement noir. Il découvrira l’amour, la culture occidentale, la judaïté mais également le racisme et la guerre dans les territoires occupés.

– PROGRAMME 5 : Vendredi 29 août – 19h30
– Nuptiales en moyen atlas
26 min
Dans le Moyen-Atlas, autour de Khenifra, les tribus Zayane et Ichker se réunissent pour la représentation de la noce mythique de Asli et Taslit, le Fiancé et le Fiancée.

– Vibrations en haut atlas
26 min, 2004, Vo St Fr
Dans le Haut-Atlas, une piste sinueuse conduit à la vallée de Aït Bouguemez, là où les marques de la vie moderne s’éloignent pour laisser l’homme seul face au ciel et à la terre.

– Gnaouas
26 min, 2004, Vo St Fr
Esclaves venus à partir du XV° siècle avec l’or du Soudan Occidental, les Gnaouas ont formé des confréries qui pratiquent encore des rituels de possession et d’exorcisme qui empruntent autant au monde préislamique qu’aux rituels des divinités africaines.


Mardi 2 septembre – 21h30
IZZA GENINI CARTE BLANCHE
Hyènes de Djibril Diop Mambety
Sénegal – 110 min – 1992 – VO WOLOF ST FR
Des griots annoncent une incroyable nouvelle, le retour au pays de Linguere Ramatou devenue multi-millionnaire. Au cours d’un banquet, Linguere annonce son intention de donner 100 milliards à la ville. Mais en contrepartie, elle demande la mort de Draman, son amant d’antan, qui par de faux témoignages l’avait fait chasser de la ville alors qu’elle portait un enfant de lui.
Du 03 au 09 et le 23 septembre – 21H30 TRANSES : de Ahmed El Maanouni, Maroc, 90 min, 1981, VO AR ST FR
Mêlant enregistrements de concerts publics, interviews des musiciens, enquêtes … Transes retrace l’itinéraire des mythiques Nass El Ghiwane.
Formé à l’école de la rue, le groupe a révolutionné la musique marocaine en s’emparant, pour les moderniser, des modes musicaux et rituels populaires marocains, dont la transe (« El Hal »), rituel sacré des Gnaouas. Mais Transes est plus qu’un documentaire, authentique oeuvre d’art, le film a contribué à faire connaître Nass El Ghiwane hors des frontières du Royaume. Au point que Martin Scorsese les a surnommé « Les Rolling Stones de l’Afrique ». Soutenu par le célèbre cineaste Américain, Transes, a été présenté en copie neuve en mai 2007 au Festival de Cannes.

Vendredi 12 septembre – 21H30
– Rythmes de Marrakech 26 min, 2004, VO AR ST FR A Marrakech, les rythmes des tambourineurs de la DEKKA, des femmes percussionnistes des HOUARA, des musiciennes de la AITA et des MWAZNIYA ces violonistes qui jouent en dansant, résonnent dans toute la ville.
– Des luths et des délices 26 min, 2004, VO AR ST FR
Au nord du Maroc, la ville de Tétouan est surnommée « Fille de Grenade ». Abdelsadek Chekara et son orchestre y interprètent le répertoire classique des noubas, suites musicales aux accents de flamenco héritées l’Andalousie si proche. IZZA GENINI CARTE BLANCHE 3 : Mardi 16 septembre – 21H30 – Va, vis et deviens De Radu Mihaileanu, France, 140 min, 2004, VO HEB – FRA ST FR
Au cours de l’opération Moïse, chargée de ratrapier les juifs noirs d’Ethipie en Israël, une mère chrétienne pousse son fils à se faire passer pour juif afin d’être sauvé de la famine. Le jeune enfant est recueilli par une famille séfarade de Tel-Aviv. Confronté au mode de vie occidental, mais aussi au racisme, et à la guerre dans les territories occupés, il ne perd pas l’espoir de revoir sa mère.
PROGRAMME 7 : Vendredi 19 septembre à 21h30 – Cyberstories 30 min, 2001, VO FR
De New York à Tombouctou en passant l’Inde et le Maroc, le film CYBERSTORIES va, sous la forme d’un carnet de route personnel, d’un monde hightech à un monde où la technique à l’état de rêve ne peut esquiver la question de l’usage du temps. – Tambours battant 52 min, 2008, VO AR ST FR A travers les percussions omniprésentes pendant la fête de Achoura, à travers le récit personnel de Izza Génini, le film TAMBOURS BATTANT interroge la place que la musique tient dans l’identification d’un être à ses origines sociales et culturelles. IZZA GENINI CARTE BLANCHE 4 : Vendredi 26 septembre – 21h30 – Le Soleil d’Alexander Sokourov, Russie, 110 min, 2005, VO JAP – ANG ST FR
Après Moloch et Taurus, consacrés respectivement à Hitler et à Lénine, Sokourov, le plus grand cinéaste russe vivant, se penche sur le cas Hirohito, Empereur du Japon. L’action condense en un seul jour les quelques mois précedents la défaite du Japon en 1945, et qui verront l’Empereur prendre deux décisions qui changeront l’Histoire de son pays : la reddition sans condition du Japon et sa propre renonciation au statut divin.

PROGRAMME 8 : Mardi 30 septembre – 21h30 – La route du cédrat 26 min, 2006, VO ST FR
Le film  » La Route du Cédrat » part à la recherche de ce fruit sacré dont les érudits juifs du monde entier et les paysans du Doumder attestent l’authenticité originelle entretenue depuis des siècles. – Concerto pour 13 voix 60 min, 2004, VO ST FR En Juin 1995, dans la trés belle synagogue des Tournelles de Paris, un concert exceptionnel de Hazanout (musique liturgique juive) réunit les plus grands hazanim (chantres) de Paris.



IZZA GENINI, L’INTEGRALE

La Cinémathèque de Tanger rend hommage à Izza Genini, première femme documentariste marocaine et propose l’intégrale de son oeuvre. Ses films sont marqués par la volonté de témoigner de la singularité culturelle du pays, de la richesse de son patrimoine musical et de sa capacité a se perpétuer.

Izza Genini nous invitera aussi à découvrir ses coups de Coeur cinématographiques à travers une carte blanche, où vous pourrez voir notamment Satin Rouge de Raja Amari, ou encore Le Soleil d’Alexandre Sokourov.
Enfin, nous rendrons aussi hommage au talent de productrice d’Izza Genini avec la projection de « Transes » de Ahmed El Maanouni.

Rencontre avec IZZA GENINI :

– Comment êtes-vous venue au cinéma ?

Je suis venue au cinéma par un chemin détourné : étudiante à Paris en anglais en vue d’être interprète ou enseignante, j’ai du trouver un emploi pour payer mes études. Après avoir été institutrice un an, je fus engagée comme hôtesse d’accueil dans la salle de projection privée Club 70 (qui passait des films en 16, 35 et même 70mm!..) Cette salle était un lieu de rencontres de tous les professionnels du cinéma et pour moi l’occasion privilégiée de découvrir et de m’engager dans un univers qui me passionnait.
A cela s’est greffé mon retour au Maroc. Ce qui ne devait être qu’une semaine de vacances au soleil, se transforma en un véritable séisme qui allait engager toute ma vie au service de ma culture d’origine.
De là à conjuguer mon parcours personnel et mon activité professionnelle, il n’y avait qu’un pas. Je l’ai franchi dès 1973.

– Pourquoi avez-vous choisi le documentaire pour vous exprimer ?

On peut en effet se poser la question car entre 1973, date à laquelle j’ai commencé à distribuer « 1001 Mains » de Souhel Ben Barka et 1987, date à laquelle je réalisai mon premier documentaire « Aïta », j’étais totalement et exclusivement investie dans le long métrage; mais en spectatrice j’ai toujours aimé le documentaire aussi lorsque le désir s’imposa à moi de faire un film sur Fatna Bent el Houcine (Paix à son âme) c’est naturellement vers le documentaire que je me suis tournée -en pure autodidacte- !

Pensez-vous que le cinéma puisse être un outil de transmission de notre patrimoine culturel?

Evidemment, au même titre que toutes les expressions artistiques et artisanales mais à la condition de se doter des outils de transmission et de pédagogie, c’est hélas là où il manque des maillons à la chaîne : autant les films de la ma série « Maroc Corps et Ame » est vue à travers le monde, dans les manifestations, les universités, les médiathèques etc… autant elle a du mal à trouver sa distribution au Maroc, ne serait ce que sur un plan culturel dans les écoles, les conservatoires, les bibliothèques… je salue au passage l’initiative de la Cinémathèque de Tanger de présenter l’intégralité de ce travail.


– Diriez-vous de votre oeuvre qu’elle constitue une encyclopédie vivante de la culture populaire Marocaine ?

Une encyclopédie, certainement pas. Tout au plus un témoignage car il n’est que le reflet d’un regard personnel, l’expression d’émotions nées de rencontres que j’ai la chance de partager par le biais de ces films.
Ils n’existeraient pas sans la complicité et l’aide d’une foule de personnes, d’institutions et de circonstances auxquelles je voue toute ma gratitude.


– Comment voyez-vous l’avenir du cinéma au Maroc, et en particulier du
documentaire?

Lorsque il y a une vingtaine d’années j’ai délaissé la production et la distribution des films de long métrage au profit de la réalisation des films documentaires, ce fut perçu avec un certain étonnement, voire scepticisme. Il faut dire qu’alors, ce genre souffrait d’une considération réductrice, il était vu, particulièrement en Afrique, comme un »sous produit » du long métrage qui n’avait ni les faveurs du grand écran ni celui des médias et des grands festivals, de plus il était victime de l’amalgame entre reportage, magazine, et « documentaire de création ».

Heureusement les temps ont changé, aujourd’hui la frontière entre les genres s’efface, la hiérarchie des moyens techniques entre 35mm ou vidéo s’estompe, pour laisser place prioritairement au talent.

Cette tendance touche aussi le Maroc qui fait de plus en plus de place au documentaire : dans les festivals de cinéma, par la contribution des chaînes de télé, à travers les initiatives des instituts français ou d’autres pays, … par l’enseignement, et les ateliers d’écriture et de développement.
Compte tenu de la mine de sujets qu’offre le Maroc, des dispositions naturellement artistiques du pays (il suffit de voir son artisanat) – et si les réseaux de distribution le permettent, – il y a vraiment matière à être optimiste.


– Parlez-nous de vos projets,

J’ai plusieurs projets :

– reprendre le scénario du film de fiction que j’étais en train d’écrire avant de m’engager dans la production et la réalisation de « Nûba d’ or et de lumière »

– creuser un peu plus profond les sillons de la musique en allant chercher dans le cri de la Aïta et celui du cante jondo du flamenco les voies souterraines des origines de ces chants.

et enfin me préoccuper des archives de mes films.

Izza Génini, Paris le 30 Juillet 2008