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Exposition des œuvres de Mohamed Bourouissa et Mathieu Pernot
La Cité exposera les œuvres de Mohamed Bourouissa et Mathieu Pernot faisant partie de ses collections

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Mohamed Bourouissa

Né à Blida (Algérie) en 1978, il vit et travaille à Paris

Œuvres exposés :
Périphérique (2007)
Le hall (2007)
Le miroir (2006)
La fenêtre (2005)

Dans son travail, Mohamed Bourouissa s’attache aux questions du territoire et de la banlieue où il a grandi, investissant des sujets généralement repris par la photographie de reportage. Ce qui le distingue, c’est qu’il « place la banlieue dans le champ de l’art et la traite comme un objet plastique » (Magali Jauffret, « La banlieue, objet plastique » in Mohamed Bourouissa, Périphérique, Le Château d’Eau, Toulouse, 2008).
Procédant par déconstruction, il donne à voir le quotidien des jeunes des quartiers de La Courneuve, de Pantin, de Clichy-sous-Bois, d’Argenteuil, du Mirail à Toulouse tout en s’attaquant aux archétypes liés à la banlieue. Mohamed Bourouissa, profondément nourri par les maîtres de la peinture tels Géricault, Delacroix, Caravage ou Piero della Francesca mais aussi de la photographie comme Jeff Wall, bouscule les codes, joue avec les styles, distord les liens entre fiction et réalité et élabore des images qui s’apparentent au documentaire mais qui investissent totalement la sphère artistique. Si les clichés semblent avoir été pris sur le vif, ils sont, en réalité, le résultat de véritables mises en scène quasi cinématographiques, s’appuyant sur des notes et des croquis dessinés au préalable. Mais dans cette construction extrêmement précise où tout est parfaitement maîtrisé (repérages, casting des amis, éclairage…), l’artiste donne sa chance au hasard, espère l’inattendu.
« Si je pars d’une base sociale, mon travail est pourtant d’ordre plastique fonctionnant sur une géométrie émotionnelle. […] J’essaie d’être juste plastiquement par rapport à l’idée que je veux donner d’une situation. Je parle de ma propre identité à travers les autres. D’une certaine manière ce sont des autoportraits » (Mohamed Bourouissa).





Mathieu Pernot
Né à Fréjus en 1970, il vit et travaille à Paris

Œuvres exposés :
LE GRAND ENSEMBLE. Implosion, Le meilleur des mondes, Les témoins (2000-2006)

« Le Grand Ensemble », réalisé par Mathieu Pernot entre 2000 et 2006, fait référence au nom donné aux quartiers d’habitat social construits en périphérie des grandes villes françaises à partir des années 1950 et destinés à répondre à la crise du logement et à la poussée démographique.
L’œuvre, composée de trois série (Meaux, La Courneuve, Mantes-la-Jolie), se présente sous la forme d’un corpus, composé de trois types d’images qui viennent télescoper les temporalités et interroger l’histoire.
Un grand format noir et blanc réalisé à la chambre, dévoile frontalement la destruction d’une barre. Tout bascule et disparaît dans cette dislocation violente qui fait table rase du passé, de la mémoire du quartier, des promesses du lieu.
Mathieu Pernot associe à cette implosion, Le Meilleur des Mondes, un ensemble de cartes postales qu’il a collectionnées, reproduites et agrandies et qui permettent de remonter le temps. Éditées entre les années 50′ et 80′, ces cartes – exécutées pour la plupart en noir et blanc puis colorisées – nous emmènent dans un « monde enchanté », sillonné d’espaces verts, baigné par un ciel immuablement bleu turquoise. Entre la monochromie originale et la couleur finale, les images tanguent, elles aussi, entre document et utopie. Cette utopie justement dont était porteuse, jadis, l’architecture des grands ensembles considérés comme des symboles de modernité urbaine et de progrès.
Enfin, des agrandissements de ces cartes permettent d’extirper de la trame d’impression, des personnages figurant sur les images. Des silhouettes déambulent, observent, se retournent, comme si elles faisaient face à une réalité les affectant directement. Fantômes resurgis du passé, ces témoins de l’utopie semblent nous regarder et nous interroger.
Mathieu Pernot crée une œuvre palimpseste où l’association d’images autorise cet aller-retour entre les « rêves d’hier et les désillusions d’aujourd’hui ». Mais, constate le photographe, « entre l’utopie de départ et la mise à mort finale, c’est comme s’il n’y avait rien eu ».