Événements

Esprit de transhumance
mise en scène de Soeuf Elbadawi

Français

FRAGMENTS D’UNE VIE AGITEE

Il était une fois la légende de Bouroungou Houmadi Bongo… personnage au verbe hanté. sacrifié un soir de mauvaise lune pour avoir dit la mémoire trouée des siens. dégommé surtout pour avoir nommé la résignation des uns. et pointé du doigt la dépossession orchestrée par quelques mains ennemies sur son archipel aux quatre lunes. l’archipel des Comores. qui tangue tel un vieux boutre fatigué sur la mer indianocéane… Bouroungou se voulait poète. au service de son peuple. beaucoup l’ont cru fou. il semble pourtant avoir été seul à réclamer l’homme nouveau sur cette terre insulaire. seul à appeler à la mise à mort de l’oligarchie-bouffonerie.


.avec soeuf elbadawi. souleïmane mze cheikh. maxime nourrissat en images. vladimir cagnolari en voix off. assistance à la mise en scène halima issa.

.un spectacle présenté par washko ink. une première version avait été produit à Marseille par Le Mur du son. à l’occasion du Festival Métissons en août 2003. avec le concours notamment de Raharimanana. Baco. et Diho.

.nous remercions Cati Antonelli sans qui ce projet n’aurait probablement pas vu le jour. remercions également le théâtre de l’Opprimé. Rui Frati et son équipe de bien vouloir nous faire confiance.

.merci enfin au public…



POUR LA PETITE HISTOIRE

Esprit… est un montage de textes. issus pour la plupart des Testaments de transhumance de l’écrivain Saïndoune Ben Ali. il tente de raconter le naufrage annoncé d’un peuple insulaire. avec le verbe parfois cardiaque de la schizophrénie. Esprit… évoque quelques-uns des moments forts de la vie agitée de Bouroungou Houmadi Bongo. poète décédé d’une traître balle dans la nuque. tirée dans la nuit noire des souvenirs indianocéans.

Un poète mort. le fait est presque banal. dans un monde où les objets paraissent avoir plus de sens que la vie d’un homme. inspiré ou illuminé fut-il. Bouroungou est mort. et son seul tort est d’avoir voulu mêler ses doutes à la destinée de tout un peuple… dans un pays -les Comores- qui sombre dans le chaos.

Bouroungou Houmadi Bongo était de ceux qui refusent les scénarios imposés. il disait non à l’ultime expérience de la dépossession post-coloniale, pendant que ses frères et sœurs, eux, continuent à déserter l’espérance de jour en jour. Bouroungou était de ceux qui laissent le « sang donné » remonter du sable, y compris les jours mauvais.

Bouroungou est mort. et à peine si l’on se souvient de son existence. le vieux boutre de ses angoisses continue pourtant à tanguer en haute mer. sans boussoles ni repères. et sa parole –surtout- hante encore les bangwe (1) remplies de notables impotents sur sa terre de naissance. ce spectacle est un hommage à son « dire ».

(1)Places publiques.

WASHKO INK.

Espace de création entièrement dédié à l’objet « Comores ». Washko Ink. prend part à la mise en place dans le pays d’une « dynamique culturelle, riche et salutaire, puisant à la fois dans le patrimoine et dans l’ailleurs […] Une dynamique à laquelle peuvent participer d’autres peuples et d’autres cultures du monde entier, aussi bien de la périphérie que du centre, dans la continuité de l’histoire de ce pays ».

Avec ce spectacle, Washko Ink. souhaite contribuer à la réflexion sur le rôle passé et à venir du créateur dans l’archipel. Le choix d’adapter une œuvre du poète Saïndoune Ben Ali n’est pas innocent. Il demeure l’une des rares plumes de sa génération trentenaire à s’interroger sur la mémoire des siens. Le paradoxe a voulu que personne parmi ses compatriotes ne le lise à ce jour. Publié à la Réunion par les éditions Grand Océan, sans connaître de grande diffusion, son recueil, Testaments de transhumance, devrait connaître, grâce notamment à ce projet de spectacle, une seconde vie auprès des éditions Komedit.

La musique du spectacle est écrite et jouée par Souleïmane Mze Cheikh. un des artistes les plus populaires de l’Archipel des Comores. la mise en scène est assurée par Soeuf Elbadawi. le fondateur de Washko Ink. il est assisté de Halima Issa. Avec qui il a travaillé il y a dix ans dans le cadre des Enfants du Théâtre. une troupe de l’Alliance Franco-Comorienne de Moroni. D’autres amis, tels le réalisateur Djoumoi Saïd, sont venus soutenir le projet. Merci à tous. A Vladimir Cagnolari et à Maxime Nourrissat notamment.

Pour nous joindre Washko Ink. B.P5357 Moroni Comores
Mail: washkonet@yahoo.fr