Événements

Go de nuit – Abidjan, les belles oubliées
Une exposition d’Éliane de Latour

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Des jeunes femmes se vendent dans la ville d’Abidjan où les clients savent qu’ils vont trouver des fraîchenies, des fraîches de 14 à 25 ans. Venues massivement du nord après la guerre en 2002, ces go pratiquent une prostitution de survie. Oubliées des politiques d’aide au développement, elles vivent dans l’angle mort du monde.

Éliane de Latour a saisi ces jeunes femmes sur le vif, dans leur environnement. Son travail s’est essentiellement centrée sur des portraits posés, le jour, la nuit. à la recherche de leur subjectivité dans ces lieux fracassés. Dans un parcours scénographié, l’exposition dévoile une jeunesse sans-filet, massacrée. Révélant ces belles oubliées, Eliane de Latour signe un fascinant geste d’anthropologie engagée.

« La photo, arrivée par hasard, a été le moyen pour moi de pénétrer dans ces lieux traversés par les drogues dures et la violence. Je ne revenais jamais sans les tirages sur papier qu’elles s’arrachaient. Convaincues d’être la lie de l’humanité, elles se sont soudain trouvées belles dans ce reflet. Elles ont envoyé ces portraits à leurs parents, les ont utilisés pour leurs funérailles, gardés pour que leurs bébés n’aient pas une mauvaise image d’elles plus tard… « 
Eliane de Latour


Cette exposition est dédiée à Ramatou et Djeneba, mortes dans la nuit du 29 septembre 2010 et à toutes ces très jeunes femmes qui ne savent plus comment accompagner la vie.



Production : Tagama.
Assistants de terrain : Cool B., Fidel Loue.
Scénographie : Mélanie Cheula.
Laboratoire tirage : Bruno Cordonier.
Son et musique : Eric Thomas.
Graphiste : Pierrick Biovir.
Comité de parrainage : Laure Adler, Jane Evelyn Atwood, Christian Boltanski, Tiken Jah Fakoly, Jean Gaumy, Stéphane Hessel, Jean-Christophe Rufin.
En partenariat avec la Fondation de France, le BICE (Bureau International d’Aide Catholique de l’Enfance), la Fondation VersElles sous égide de la Fondation Caritas, la Maison des métallos.



Le temps de l’exposition « Go de nuit », la Maison des métallos offre un parcours autour de l’oeuvre filmée d’Eliane de Latour. En cinq films, l’occasion de mieux saisir la richesse et la cohérence d’une démarche mêlant un travail d’auteur et la rigueur de la recherche.
Chaque projection sera suivie d’une rencontre avec la réalisatrice.

DOCUMENTAIRES

– SI BLEU, SI CALME (1996)
Comment résiste-t-on à la privation de liberté ? Huit cellules, huit histoires d’enfermement. Chaque détenu donne à l’uniformité des murs la couleur d’une idée, d’une émotion, d’un sentiment.
jeudi 1er décembre > 19h
Durée 70 min, 35mm.
Entrée libre.

– CONTES ET DÉCOMPTES DE LA COUR (1992)
Les épouses d’un chef traditionnel du Niger, vivent selon la tradition islamique, derrière les murs du gynécée.
vendredi 18 novembre > 19h
Durée 70 min, 35mm.
Entrée libre.

– LE REFLET DE LA VIE (1989)
Au coeur des Cévennes, une galerie de portraits, qui montre la richesse et la diversité du grand âge, entre solitude, languitude et joie de vivre.
Vendredi 2 décembre > 19h
Durée 30 min, 35mm.
Entrée libre.

FICTIONS

– APRÈS L’OCÉAN (2008)
Un long métrage dévoilant les destins d’Otho et Shad qui ont quitté Abidjan pour l’aventure sur les terres européennes. Otho, reconduit à la frontière sans rien, devient un paria chez lui. Shad, après affrontements et bagarres dans les mégapoles du nord, rentre en héros mais pas « c lean, clean » comme il l’aurait voulu.
« Un style baroque, fiévreux, impulsif. Une fine connaissance de l’Afrique. La partie est éblouissante » écrivait Le Canard Enchaîné lors de sa sortie en 2009.
Mardi 22 novembre > 19h
Durée 70 min, 35mm.
Entrée libre.

– BRONX -BARBÈS (2000)
À la suite d’un meurtre accidentel dans un bidonville d’une grande capitale africaine, deux garçons, en quête d’eux-mêmes, se réfugient dans le ghetto du Bronx. Leur but : « devenir quelqu’un demain ». Bronx-Barbès est issu d’une étude sur les gangs de rue en Afrique.
Avec Antony Koulehi Diate, Loss Sylla Ousseni, Edwige Dogo, Souleyman Kéré, David Guen.
« Entre gangs et ghettos, un regard neuf sur l’Afrique. Accrocheur et séduisant ». Télérama
jeudi 8 décembre > 19h
Durée 107 min, 35mm.
Entrée libre.

RENCONTRES
avec Jane Evelyn Atwood et Jean Gaumy, photographes
Lle 3 décembre > 19h.