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Comédie indigène (La)

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Le Chinois est lubrique et a les muqueuses couleur carmin. La Négresse pourtant admirable de forme a le cerveau gourd et stagnant et les seins tombants au premier enfant. L’Arabe est fourbe, sodomite et… nyctalope. L’indigène a une vie essentiellement végétative et instinctive et c’est une sécrétion fournie par le foie qui noircit la peau de l’Ethiopien… Le florilège réuni par Lotfi Achour est tout simplement monstrueusement effrayant.
Un conférencier es-exotisme lit des extraits du livret distribué aux militaires français partant aux colonies (1927) et quelques citations empruntées à Montesquieu et Tocqueville, Lamartine et Maupassant, Flaubert, Gide et Conrad, tandis qu’un contradicteur vient esquisser une réponse en citant, parmi d’autres, Achille Mbembe ou Aimé Césaire… Regard de l’Occident sur l’Autre, barbare et lointain, galerie du fantasme et du cliché, xénophobie tranquille, racisme estampillé scientifique ou labellisé par les grands esprits, repris sans nuance par les meilleurs écrivains…
« La Comédie indigène » serait une farce grotesque s’il ne s’agissait que d’un délire paranoïaque de quelques-uns, si elle n’était une tragédie et si l’on était bien sûr qu’elle appartient à une autre époque. Mais la bêtise est sans âge et de telles affirmations ont laissé des traces et bien des effets collatéraux…

La presse en parle

Un spectacle fort, joyeux et décapant. Les LETTRES françaises / Supplément L’Humanité – Jean-Pierre Han

C’est sans doute la pièce la plus engagée et la plus pertinente de la rentrée. […] Sur la scène du TARMAC, les clichés et la bêtise humaine sont mis à mal avec drôlerie. Pour se garder de mourir idiot, il ne faut manquer cet hymne à la tolérance sous aucun prétexte. Directsoir – Amélie Foucault

Dans La comédie indigène, le tunisien Lotfi Achour met en scène une histoire des clichés racistes véhiculés par les autorités politiques, culturelles ou scientifiques françaises. Pour mieux les démonter. […] Le choc est d’autant plus fort qu’il est asséné avec une trompeuse joliesse théâtrale. De la belle, bienfaisante et nécessaire ouvrage. Politis – Gilles Costaz

Drôle et percutante, cette comédie indigène se joue avec habilité des préjugés. […] Toute en finesse dans ce registre du second degré, l’entreprise de dénonciation est efficace : on rit autant qu’on se choque de ces clichés aux relents xénophobes, de tous ces travers qui ont certainement encore un peu la peau dure…[…] Un spectacle bien mené ! Théâtre On Line – Agnès Jaulin

Une comédie acide sur les images fantasmatiques, souvent encore bien accrochées, qui filtrent à notre insu la relation à l’autre. La Terrasse – Gwénola David

distribution

conception et mise en scène Lotfi Achour

avec Thierry Blanc, Marcel Mankita, Ydire Saïdi, Lê Duy Xuân (chant)

collaboration artistique Natacha de Pontcharra
assistante à la mise en scène Olfa Ben Achour
scénographie Lotfi Achour, Eric Proust
costumes Geneviève Goffinet
lumière Manuel Bernard
installation vidéo Frédéric de Pontcharra
musique Clément Janinet
son Alain Lafuente