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Invisibles…

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Après sa création en novembre à Grenoble et un accueil unanime de la presse, Invisibles de Nasser Djemaï arrive au TARMAC pour 12 représentations ! Invisibles c’est l’histoire émouvante de ces hommes aux cheveux blancs, de ces chibanis en arabe, venus d’Algérie en France pour travailler et ils y sont restés.

– Je suis où là ?
– Dans un foyer Sonacotra. Un foyer pour vieux chibanis à la retraite. Tu connais ? Là t’es dans ma chambre.
C’est Martin qui pose la question, un homme de 35 ans venu sur les traces de son père, avec dans les mains un coffret, et dans la tête les derniers mots de sa mère qui cachent de lourds secrets…
Face à lui, il y a Driss, Hamid, Majid, El Hadj, Shériff, des vieux émigrés taiseux, les cheveux blanchis, le corps usé, les rêves en-allés. Tous échoués là par les mauvais hasards de la vie.
Ils sont venus… ils sont restés là, blottis dans l’inconfort des habitudes, comme des enfants perdus sans famille, leurs souvenirs enfouis sous des tonnes de silences, la mémoire ensevelie dans les décombres de l’oubli, les espoirs brisés sur l’insolence du destin et la férocité des exploiteurs.
Avec ce trublion surgi d’un au-delà qu’ils avaient cru pouvoir oublier, ils vont reconstituer une part de leur passé. L’histoire va, peu à peu, se tisser, se retisser, avec dans le lointain de la vie, la voix d’Emma, la mère, et son amour brisé. Une Française, un Algérien, un couple défait par le regard des autres et la rage de l’Histoire…
– D’habitude vous parlez de quoi ?
– Rien. C’est chacun tout seul, chacun dans sa chambre. On s’occupe pas les affaires des autres. C’est silence.

De souvenirs entendus en paroles récoltées aux portes des cafés, des mosquées ou des foyers Sonacotra de triste réputation, Nasser Djemaï a reconstruit les mémoires de ces vieux chibanis, ces vieux émigrés des chantiers des Trente Glorieuses, jamais repartis au pays. Télérama

Avec leur jeu sensible, les cinq comédiens arabophones incarnent des hommes déracinés, tantôt faibles, tantôt grands. Chose rare et précieuse dans les oeuvres consacrées à l’immigration, ils le font sans misérabilisme. Politis

Voici des hommes dignes, lucides, en aucun cas dupes de leur condition, enfin mis en lumière dans leurs singularités respectives. Sur un écran défilent des images de femmes ; mères, épouses ou filles en qualité de fantasmes ou de souvenirs, tandis que des musiques de là-bas escortent ce voyage immobile. L’Humanité

Quelle est l’étrange force d’Invisibles ? Nasser Djemaï réussi un pari trop rare dans le théâtre français : entrer dans le vif d’un sujet de société, appuyer là où ça fait mal et faire rire en même temps. Le Monde

Consultez les horaires et les tarifs sur le site:[www.letarmac.fr/reservations/]