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Château Rouge
Ici les cultures, les continents, les religions, les styles et les langues se croisent, dans une joyeuse cacophonie. Château Rouge interroge : sur les identités, sur le besoin de s’acculturer et de s’occidentaliser jusqu’à renier son propre corps.

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Dans quel quartier de Paris trouve-t-on marché africain, échoppes de tissu, boutiques à cheveux et cosmétiques ? Château Rouge bien sûr ! Ce coin-là du 18ème, c’est la zone internationale de Paris, le terminal 3 de l’aéroport Charles de Gaulle avec des Duty Free à même les trottoirs. C’est là que les cultures, les styles et les langues se croisent, se heurtent et s’enrichissent dans une joyeuse cacophonie.
Dans cette nouvelle création, Chantal Loïal nous envoie une carte postale qui croque avec humour et tendresse le fameux quartier africain de Paris. Derrière la joyeuse agitation, le rythme frénétique et les rires, un malaise s’immisce : ces commerces de cheveux synthétiques, ces crèmes éclaircissantes nocives pour leur peau, ces accessoires tape-à-l’oeil ne seraient-ils pas les étapes d’un processus inconscient de « whitisation » ? Sous le ton de l’humour, « Château-Rouge » interroge : sur l’identité de la femme non-blanche et du besoin de s’occidentaliser jusqu’à renier son propre corps ; sur le corps qui se vend le long du boulevard Barbès et de celui qui se délabre sous l’effet de la drogue. Derrière les femmes, des communautés se révèlent. Des communautés qui se débrouillent pour survivre, qui se griment pour faire bonne figure, tout en jouant à cache-cache avec la police. Le métissage de la Cie Dife Kako permet de croquer avec réalisme la pluri-ethnie du 18ème arrondissement. Les danseuses, d’origine africaine, antillaise et asiatique, s’expriment dans un mélange de genres chorégraphiques où danse africaine, danse caribéenne, ragga, house et danse contemporaine s’affrontent et cohabitent
dans une harmonie surprenante.