Événements

Exposition de photographies d’Ernest Pignon-Ernest
Soweto-Durban

Français

Vernissage le mercredi 16 juin à 19h,
en présence de l’artiste
Du mardi au samedi et le 1er dimanche du mois
De 14h à 18h – Entrée libre

En partenariat avec la Galerie Lelong (Paris) et avec le soutien de l’Ambassade d’Afrique du Sud.

Découvrant la gravité de la pandémie du sida et en écoutant les sollicitations des organisations qui luttent contre l’hécatombe annoncée, Ernest Pignon-Ernest a élaboré une image. Sérigraphiée sur place à plusieurs centaines d’exemplaires, il l’a collée, accompagné des habitants, sur les murs des quartiers particulièrement touchés de Warwick à Durban et de Kliptown à Soweto.

Avec cette exposition, MC2a amorce un nouveau projet intitulé 2005 « CAP AU SUD » : Projet artistique, culturel et interactif.
Au cours d’ un premier séjour en octobre dernier , Guy Lenoir, responsable artistique de MC2a, a rencontré, par l’intermédiaire de l’Institut Français d’Afrique du Sud de Johannesburg et de la South African National Gallery de Cape Town, ainsi que par des
réseaux associatifs sud-africains et français , de nombreux artistes et opérateurs sud africains.
L’Afrique du Sud célèbre cette année 10 ans de démocratie, et la fin d’un racisme institutionnel. Elle apparaît depuis la fin de l’apartheid comme un des phares du continent. A l’heure où ce dernier est traversé par de graves crises aux multiples origines, il nous importe de comprendre, par la médiation de ses artistes, la démarche d’un pays qui a su trouver les voies de la réconciliation, de la citoyenneté, de la paix et de la démocratie.

Plusieurs actions sont envisagées durant l’année 2005 : Conférences, expositions, résidence d’artistes, cycle de lectures …
… »Si l’on devait caractériser l’art de E. Pignon-Ernest, il faudrait impérativement se tourner vers l’engagement. Un terme fort décrié ces dernières années. … Son engagement est politique, poétique et plastique, de l’idée initiale au résultat final, de l’esthétique -intrinsèque au dessin – à l’utilisation de celui-ci dans un espace utilisé comme tel et qui prend une nouvelle dimension. Il y a tout à la fois un cri de révolte face à la condition humaine et la volonté de s’immiscer dans le cours du temps. Il y a ce regard sans complaisance sur les affres de la vie et la persévérance à en extraire de l’espoir. »…

LE PROJET
L’Institut Français d’Afrique du Sud (IFAS) lui a donné carte blanche. Ernest Pignon-Ernest va s’y rendre à trois reprises et envisage d’abord un projet sur l’aspect multiculturel du pays. Du Cap à Durban en passant par Johannesburg, une volonté : nouer des contacts avec les différentes communautés. Très vite, le problème du sida apparaît comme la préoccupation majeure de tous ses interlocuteurs…
« L’image est née ainsi, issue directement des dizaines de rencontres dans les hôpitaux, les dispensaires, les crèches, les associations : s’est imposé comme une évidence d’opérer cette superposition lutte contre l’apartheid/lutte contre le sida, d’affirmer le rôle essentiel des femmes et, face à l’exclusion dont ils sont victimes, dire la nécessaire solidarité à l’égard des malades … ». c’est avec eux, après les avoir imprimées sur place, qu’Ernest Pignon-Ernest s’en est allé coller ses sérigraphies sur les murs de Soweto et de Warwick, quartier de Durban le grand port de l’océan Indien.
Elles agissent un peu comme des miroirs sur les passants. Un miroir si réfléchissant que tout le monde comprend qu’il s’agit du sida. Mais la proposition d’Ernest n’est pas seulement sociale. …
Les grandes feuilles tendues de l’artiste provoquent une perturbation sur l’environnement … L’espace investi se trouve modifié, exacerbé. L’image aussi subit une interférence, acquiert une vie propre. C’est un processus de l’ordre du ready-made qui crée ainsi une dimension théâtrale neuve dépassant la simple technique picturale …

Les photos in-situ présentées, traces voulues par Ernest Pignon-Ernest même, ont cela de précieux qu ‘elles fixent la présence éphémère d’une relation instaurée presque par effraction. La contrainte n’est que superficielle. Un triangle aux angles incertains, mais surtout modulables, se fait jour. Le lieu, le passant et l’œuvre introduite entrent alors en résonance. Difficile d’y échapper.
Pierre Barbancey – Repères / Galerie Lelong
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