Événements

Wahala
La galerie Barnoud présente WAHALA, une exposition de Katrin Ströbel (née en Allemagne en 1975) et Emeka Udemba (né au Nigéria en 1968). « Wahala » est un mot anglais pidgin utilisé par les Nigérians et qui signifie problème, trouble, confusion.

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Cela fait déjà quelques années que les artistes Katrin Ströbel et Emeka Udemba travaillent à la fois en Europe et en Afrique. Pourtant, il est frappant de voir comment les oeuvres de ces artistes sont catégorisées : d’un côté Emeka Udemba, l’artiste noir d’Afrique (Nigéria), est supposé divertir le public européen avec une originalité, une authenticité pimentées d’une pointe de post-colonialisme et de critique de la mondialisation ; de l’autre côté, Katrin Ströbel, l’artiste blanche d’Europe, est confrontée à un public « compatissant », qui pense que travailler dans un contexte africain ou arabe participe d’une aide au développement, d’une action sociale ou une quête discutable d’exotisme.
Quels que soient les stéréotypes et préjudices existant des deux côtés sur le fait de travailler entre l’Europe et l’Afrique, Emeka Udemba et Katrin Ströbel ont noté que même le monde de l’art globalisé reste divisé en différentes plates-formes. Tous deux, tout comme leurs autres collègues, sont souvent présentés dans différents projets et expositions et souvent séparés par les différents commissaires et institutions. Ce fait est intéressant car ces artistes du Nigéria et d’Allemagne pensent que leurs travaux résonnent de thèmes comparables et du contexte similaire de « ici » et « là », qui sont autant d’éléments constants dans leur démarche.
Dans ce contexte, Emeka Udemba et Katrin Ströbel souhaitent développer un projet d’exposition qui interroge et remet en question certains de ces stéréotypes culturels. Leur proposition attire l’attention sur le discours culturel tendu et polarisé entre les cultures, qui est souvent la conséquence de représentations et interprétations erronées. Le coeur et le champ d’action de cette exposition seraient de questionner l’étendue des relations habituelles aux idées et aux formes que ces cultures sont supposées représenter.
Comme cela est le cas pour un projet réunissant des artistes de cultures différentes, pour le public la question de la paternité de l’oeuvre est importante. La preuve de l’attribution ou de l’authenticité dépend souvent de l’usage des formes et des structures attribuées à un artiste particulier de culture particulière. Ströbel et Udemba interrogent cette notion tout en refusant de donner une réponse à la question de l’auteur : toutes les oeuvres de l’exposition (dessins, oeuvres en tissus, peintures, photographies, vidéos) seront présentées sans aucune allusion ni information complémentaire, sans indiquer si elles sont de l’artiste nigérian, de l’artiste allemande ou si elles ont été produites par tous les deux, ensemble. Confronté à ses propres attentes et clichés, le spectateur est laissé à sa propre perception.
Entrepôt 9 est le point de départ de cette exposition itinérante, qui s’enrichira tout au long de son parcours. Après la France, l’exposition rejoindra la capitale allemande. En 2014, elle sera accueillie dans différents lieux du continent africain. Chaque présentation abordera différents thèmes concernant certaines spécificités locales.
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