Événements

Corps musical, envol et choralité sur les scènes contemporaines d’Afrique et des diasporas

Français

La Sorbonne Nouvelle en Avignon

Université d’été des théâtres d’Outre-mer
Edition 2013

Avec le soutien de l’Organisation Internationale de la Francophonie,

le laboratoire SeFeA de l’IRET/Paris 3, en partenariat avec La Chapelle du Verbe Incarné, Africultures, Avignon Off et France Culture présente

Le 22 juillet


Corps musical, envol et choralité sur les scènes contemporaines d’Afrique et des diasporas

Temps de rencontre et de réflexion précieux pour les chercheurs, le public et les artistes d’Afrique et de la Caraïbe qui profitent du grand rassemblement théâtral du festival pour se retrouver, l’Université d’été des Théâtres d’Outre-mer se réunira pour sa 3e édition autour du corps musical. A travers les textes d’auteurs d’Afrique et des diasporas qui auront notamment résonné cet été en Avignon au cours du festival (Birago Diop, Caya Makhélé, Dieudonné Niangouna, Sylvie Dyclo-Pomos, Aristide Tarnagda, mais aussi, Léonora Miano, Julien Mabiala Bissila, Koffi Kwahulé…) et les spectacles de compagnies venues de Guyane, de Martinique, de Guadeloupe, de la Réunion, du Congo, de Côte d’Ivoire ou du Burkina Faso, et même d’île de France, le laboratoire SeFeA (Scènes Francophones et Ecritures de l’Altérité) interrogera le corps musical, cet autre corps, le « corps marron », corps vibratoire, corps pulvérisé et reconstruit dans la choralité musicale et scénique qui habite les théâtres afro-caribéens et renouvelle la scène contemporaine.


Responsabilité scientifique : Sylvie Chalaye, directrice du laboratoire SeFeA

Coordination : Vanessa Boulaire et Amélie Thérésine
















CHAPELLE DU VERBE INCARNÉ
21 ter, rue des Lices, Avignon

9 heures 45 : accueil petit déjeuner

10 heures :

Sylvie Chalaye : Introduction générale

Roselaine Bicep : Mise en lecture d’un extrait de Léonora Miano (2′)

Présidence de séance : Stéphanie Bérard

Amélie Thérésine : Shéda de Dieudonné Niangouna : corps en chocs et en cris ou une dramaturgie de la relation
Raphaëlle Tchamitchan : Aller au Fond des choses : Léonora Miano et l’écriture musicale
Agathe Bel : Ikédia dans P’tite-Souillure de Kwahulé, un exemple dramatique de corps marron
Fanny Leguen : De l’espace de la page à celui du plateau : P’tite-Souillure Kwahulé par la Compagnie du Théâtre des Deux Saisons.
Isabelle Elizéon : Le flow ou le corps débordant chez Aristide Tarnagda
Roselaine Bicep : Le corps du ka : le cas du corps chez Max Dekok

11h45
Circulation des artistes du Sud et développement durable
Allocution de Madame Youma Fall

Directrice du programme « Diversité et développement culturels » au sein de l’Organisation Internationale de la Francophonie

12h
Lecture d’un extrait de Birago Diop (2′)

Corps et héritages marrons
Table ronde autour de L’Os, un spectacle de KS AND CO, animée par Sylvie Chalaye
avec Serge Abatucci, Evelyne Guillaume, Blodwenn Mauffret
et les acteurs Saramaka de Saint-Laurent du Maroni



A 14h30 sous le Chapiteau du Off
Acteurs noirs de France : paradoxe et utopie
Rencontre autour de la sortie
du volume Culture(s) noire(s) en France : la scène et les images, Africultures n° 92-93.
Animée par Marie-Julie Chalu
avec Sylvie Chalaye, Vanessa Boulaire, Stéphanie Bérard, Achille Mbembé, Fabrice Eboué, Nelson-Rafaell Madel, Basile Siekoua, Eva Doumbia, Maïmouna Coulibaly, Astrid Bayiha
et d’autres artistes présents sur le festival.

Résumés des communications

Shéda
de Dieudonné Niangouna : corps en chocs et en cris ou une dramaturgie de la relation
par Amélie Thérésine

A partir de la fresque épique qui met en scène quatorze comédiens et musiciens, nous étudierons selon quelles modalités se manifeste le corps musical et ses rapports avec une dramaturgie qui travaille le frottement et sonde la faille pour fabriquer des avenirs.

Aller au Fond des choses : Léonora Miano et l’écriture musicale
par Raphaëlle Tchamitchan
Que signifie « Afrique » ? C’est au contact des Européens que les Africains sont devenus des « Africains », rappelle l’auteure camerounaise francophone Léonora Miano. Pour elle, il s’agit de déterrer les os de l’histoire coloniale française en Afrique pour les faire chanter. Pour nous, il s’agit de comprendre comment, dans ce poème manifeste, s’exprime une voix musicale, qui fait et défait sur la page les liens de la mémoire.

Ikédia dans P’tite-Souillure de Koffi Kwahulé, un exemple dramatique de corps marron

par Agathe Bel
Ikédia est l’exemple dramatique de ce que l’on peut nommer un corps marron tant dans le lien avec l’histoire diasporique que dans les implications esthétiques. En considérant le corps marron dramatique comme un corps en fuite, qui échappe à être défini, Koffi Kwahulé crée un personnage qui met en crise la situation initiale, qui n’existe que par les projections des autres personnages sur lui. D’un corps fantomatique lié au masque dont il porte la mémoire à un corps dramatique débordant se référant aux mécanismes du carnaval, Koffi Kwahulé propose un personnage dont le corps se crée par le langage. Le corps musical d’Ikédia naît de l’improvisation et de la rythmique jazz, qui en fait un « improviste » au sens où l’entend Virginie Soubrier, créant alors un corps-palimpseste où chaque strate de sens vient s’ajouter pour dessiner un nouveau corps dramatique.

De l’espace de la page à celui du plateau : P’tite-Souillure de Koffi Kwahulé
par Fanny Le Guen
L’objectif de cette communication est de proposer une réflexion sur la mise en scène de P’tite Souillure de Koffi Kwahulé réalisée par Damien Dutrait et Nelson-Rafaell Madel. Il s’agira de s’interroger sur l’espace tridimensionnel que libère l’architecture de la page dans certaines scènes de cette pièce au regard des choix scénographiques proposés par la compagnie. P’tite Souillure, en figure de Belles de jazz, propose une musicalité et un rythme qui, sur scène, doivent conduire à envisager tout un potentiel performatif et chorégraphique.

Le flow ou le corps débordant chez Aristide Tarnagda
par Isabelle Elizéon
La parole des personnages de la pièce de Tarnagda, Et si je les tuais tous madame, s’échappe des corps comme un flot ininterrompu et se déverse dans le vide et le silence de l’Autre, cette madame que nous n’entendons pas. Les corps à la fois pleins d’histoires et vides d’ancrage sont emportés par cette parole, parole qui se cogne dans une sorte de caisse de résonance, en ricochets, puis jaillit. Le flow envahit le trottoir et se cogne contre le silence alentour. Cette communication tentera d’explorer ce flow qui déborde littéralement des corps.

Le corps du ka : le cas du corps
par Roselaine Bicep
Des origines, chaque île a reçu le son. L’âme du tambour a accompagné les corps « fracassés » meurtris, niés, marchandés… dans la traversée. Le son a pris forme, a épousé la terre où il s’est posé… En Guadeloupe, il est appelé Gwoka, joué avec le tambour ka. Dans son travail, Max Diakok, danseur et chorégraphe contemporain guadeloupéen et aussi professeur, fait converser le corps et le ka. Je voudrais montrer comment de la tradition, Max Diakok met en dialogue le corps et le Ka pour créer une parole contemporaine de ce corps déséquilibré, troublé et ainsi participe à transformer la société guadeloupéenne pour restaurer les rapports d’harmonie et de verticalité ».