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Guy Tillim – Second Nature
Seconde exposition monographique d’envergure en France de Guy Tillim, figure incontournable de la photographie contemporaine sud-africaine.

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Après avoir présenté les séries Jo’burg et Avenue Patrice Lumumba en 2009 à la Fondation Henri Cartier-Bresson à Paris, Guy Tillim dévoilera de manière inédite en France dans les espaces du CPIF le projet Second Nature, qui rassemble deux séries réalisées en Polynésie française et à São Paulo entre 2010 et 2011.

Cet ensemble explore la capacité de la photographie à restituer le paysage, naturel ou urbain, en convoquant une problématique inhérente à la représentation du paysage : « Dans quelle mesure fabrique-t-on une scène et dans quelle mesure la laisse t-on s’exprimer pour ce qu’elle est ? »

Depuis la fin du XVIIIe siècle et les voyages du capitaine Cook, le paysage de Polynésie a été continuellement esquissé, puis photographié – sûrement parce qu’il se dérobe à toute représentation convaincante. Quand il photographie le paysage, Guy Tillim se donne pour objectif de « faire face à la difficulté de le voir pour ce qu’il est vraiment – un espace qui change de visage le temps d’un regard ou du spectre d’une pensée1 ». Plus qu’une représentation par le détail ou par la monumentalité, il cherche à fixer l’espace entre les deux, un espace où la nature se révèlerait familière, où chaque élément s’exprimerait sans hiérarchie.

Comme un contrepoint moderniste à ses photographies de Polynésie, Guy Tillim a voyagé à São Paulo – une ville largement filmée, photographiée, décrite. Ici aussi, il a cherché une nouvelle façon de photographier cette ville dont on a pu dire que « l’absence totale de personnalité est devenu sa personnalité. » Guy Tillim approche ce paysage urbain comme il approche la nature polynésienne : « Je montre une sorte de zone indéterminée. Les choses que nous ne remarquons pas, parce qu’elles sont communes, contribuent autant au paysage que les autres2 ».

1. et 2. Citations extraites du livre Guy Tillim, Second Nature, Prestel, 2012