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Sony Labou Tansi en scène(s)
Ce colloque voudrait comprendre la façon dont le dire-écrire sonyen a été, et peut encore être, pratiqué par des acteurs, par des metteurs en scène, par des lecteurs et par tous ceux que Sony cherchait obstinément à interpeller de pièce en pièce.

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Titre du colloque : SLT en scène(s) : une expérience théâtrale du monde



Le Colloque Sony Labou Tansi en scène(s): une expérience théâtrale du monde aura lieu les 14 et 15 novembre 2013. Il est organisé par le Labex Arts H2H, L’Université Paris 8, l’ITEM (Institut des Textes et Manuscrits Modernes) et le CNSAD (le Conservatoire National Supérieur d’Art Dramatique). Horaires: 10h à 18h avec une soirée le 15 novembre au Conservatoire National Supérieur d’Art Dramatique de Paris.



PRESENTATION : « Le théâtre est peut-être la seule manière de redorer le blason de l’existence sans cesse délavé par l’institution civile – C’est un lieu de rencontre avec la vie et la mort et peut-être la seule occasion pour un être humain de serrer la main fortement à ces deux inconnues. En cela il me paraît être un lieu sacré. Le sacré étant pour moi ce qui permet de joindre la respiration de la chair à celle de l’idée, autorisant ainsi la cohabitation lumineuse entre la poétique du muscle et celle de l’idée. C’est-à-dire la magie. Nous assistons toujours à une manière d’immolation : l’acteur prête son corps, en cela il est holocauste. Le public prendra ce corps pour voguer vers des ailleurs qui tous les comptes faits sont d’ici. C’est en cela que réside la magie de l’acte théâtral. Je me suis toujours demandé pourquoi on ne mettait pas à l’entrée des théâtres de grandes cuvettes d’eau destinée à ablutionner les convives. Cela préparerait le public à jouer (et non à « marcher ») et à lui faire aussi s’entrechoquer ses morceaux dans ce lieu de casse qu’est le théâtre. » SLT, Propos de répétition, 8 novembre 1984 Le théâtre se trouve au coeur de la conception que l’écrivain congolais Sony Labou Tansi se fait de l’écriture. C’est au théâtre de SLT que se révèle son énergie créatrice et que s’accomplit et s’entend pleinement sa « folie de nommer ». Car comme dans les autres genres pratiqués par Sony, mais plus directement encore, il s’établit dans le dire dramaturgique un lien physique, charnel, voire érotique, entre les mots et les corps, confondus alors en « chair-mots-de-passe ». Ce colloque entend donner à voir le plateau de théâtre mental sur lequel l’artiste Sony construisait le monde qu’il voulait dire et inventer. Seront conviés à ce colloque les amis et témoins de son parcours fulgurant, d’homme de lettres et de théâtre. En effet, si la partie publique et publiée de l’oeuvre connue de Sony Labou Tansi a duré une petite dizaine d’années après son irruption fracassante en littérature en 1979, il n’en demeure pas moins que son héritage est d’une actualité toujours aussi vive depuis sa mort précoce survenue à Brazzaville le 14 juin 1995. Ce colloque voudrait comprendre la façon dont le dire-écrire sonyen a été, et peut encore être, pratiqué par des acteurs, par des metteurs en scène, par des lecteurs et par tous ceux que Sony cherchait obstinément à interpeller de pièce en pièce. Par-delà les travaux universitaires en cours sur Sony Labou Tansi, il nous semble important que la jeune génération, représentée ici par les élèves du Conservatoire engagés dans ce colloque, puisse aborder aux rives de cette littérature-continent et s’approprier sa « douce douleur d’être différent ». Toutes les séquences du colloque seront ainsi ponctuées par des lectures d’élèves – à entendre comme autant de parenthèses de chair et d’idée, autant de voix de ce que SLT fait au théâtre, disons SLT(h). JOURNEE 1 – 14 novembre : 10h-18h00 Accueil des participants : 9H30-10H00 Introduction du colloque (10h-10h30) : Ce que SLT fait au théâtre Jean-Damien Barbin / Daniel Mesguich / Nicolas Martin-Granel/ Julie Peghini Projection du court-métrage de Pierre Pommier : « De rivages en visages, portrait de Sony Labou Tansi » Acte I. Poétique du muscle (10h-13h30) 10h30-13h30 Ce premier acte sera l’occasion de porter un regard rétrospectif sur le théâtre de SLT par des gens de théâtre, comédiens et metteurs et scènes – ceux qui ont pris part à l’aventure du Rocado Zulu Théâtre et ceux qui l’ont fait connaître, notamment en France. 1) Les vies du Rocado Zulu Théâtre – Table ronde animée par Patrice Yengo / Nicolas BISSI, comédien, dramaturge, co-fondateur du Rocado Zulu Théâtre : « Sony et le Rocado Zulu Théâtre : le renouveau du théâtre au Congo »/ Victor MBILA MPASSI, régisseur du Rocado Zulu Théâtre : « Témoignage »/ Georges MBOUSSI, comédien : « Témoignage / Gilbert NSANGATA, metteur en scène et cinéaste : « De Nsangarta à Nsangata : quand fiction rime avec réalité » / » Patrice YENGO, anthropologue : « Le Rocado Zulu Théâtre et les scènes brazzavilloise » 2) Les compagnons de mise en scène – Table ronde animée par Pascal Nzonzi et Julie Peghini Jean-Damien BARBIN, comédien : « Rencontres sur l’équateur »/ Monique BLIN, directrice du Festival des Francophonies en Limousin de 1984 à 1999 : « De Brazzaville à Limoges »/ Pierre DEBAUCHE, metteur en scène « Sony Labou Tansi l’inoubliable »/ Gabriel GARRAN, metteur en scène : « De Mindouli à Chaillot »/ »/ Guy LENOIR, metteur en scène : « Ballade en Sonyland »/ Daniel MESGUICH, metteur en scène : « Sur la mise en scène de Antoine m’a vendu son destin / Michel ROSTAIN, metteur en scène : « Sur les répétitions de Moi, Veuve de l’Empire » /Alain TIMAR, metteur en scène : « Sur la mise en scène de Monologues d’or et noces d’argent » / Pierre VIAL, metteur en scène « Ma rencontre avec Sony Labou Tansi à propos de La Rue des Mouches à Brazzaville » Acte II. Poétique de l’idée (15h-18H00) Les pièces de Sony sont aujourd’hui mal connues, peu jouées et à peine étudiées, alors qu’elles donnent d’indispensables clés pour une lecture du reste de l’oeuvre. Au-delà de l’ancrage anthropologique du théâtre, elles témoignent d’une dimension politique, philosophique et humaine, vécue comme résistance aux dérives idéologiques et à la misère matérielle du continent africain, à son silence. Par le jeu des réécritures et des remises en intrigue, Sony – Diogène à Brazzaville – a aussi théorisé sa pratique d’un théâtre trans-genre. 1) Repenser, réécrire, reprendre les « chemins tortueux de la fable » – Table ronde animée par Xavier Garnier Pénélope DECHAUFOUR, doctorante : « Les métaphores du Trou, une dramaturgie de la fictionnalisation »/ Céline GAHUNGU, doctorante : « Sur les traces de La Gueule de rechange dans la correspondance »/ Xavier GARNIER, professeur : « Des personnages au bord du trou »/ Augustine KINTSOUNGOULA, doctorante : « Entre théâtre et roman »/ Pierre LEROUX, doctorant : « Le sang des héros, entre pères fondateurs et révolutions manquées »/ Sonia LE MOIGNE-EUZENOT, chercheuse : « Sony Labou Tansi : l’espace paradoxal de la parole »/ Suzanne NZUZI, doctorante : « Remaniements de Je soussigné cardiaque d’après la correspondance »/ Lena PAUGAM, doctorante : « Le désir dans le théâtre de SLT ou nommer pour conjurer la mort » /Fabrice SCHURMANS, chercheur : « Réécrire Jules César pour décrire la tragédie de l’État postcolonial : Moi, veuve de l’Empire (1987) » 2) Archives d’un « théâtre voyage-voyageable » – Table ronde animée par Henri Lopes Mukala KADIMA-NZUJI, professeur et écrivain : « Le passeur entre les deux rives » / Pascal NZONZI, comédien : « Sony Labou Tansi dans l’univers littéraire à Brazzaville »/ Sophie PILLODS, journaliste et Guy LENOIR, metteur en scène: « Embarquement pour le BBKB (Bordeaux-Bangui-Kinshasa-Brazzaville) » JOURNEE 2 : 15 NOVEMBRE 10h-18h00 Acte III. Les testaments de Sony Labou Tansi 10h00-13h30 Ce troisième acte s’intéresse aux « héritiers » et « colocataires » qui n’oublient pas la dette qu’ils ont contractée auprès de SLT. Sony, l’homme de théâtre, a procédé aux « aménagements dans la baraque » qu’est la scène à l’origine. Des chercheurs, des comédiens, des critiques et écrivains témoigneront du fait qu’ils ont été marqués durablement par leur rencontre avec l’écriture dramaturgique de Sony. 1) SLT et après ? – Table ronde animée par Sylvie Chalaye Projection d’un extrait du film de Léandre BAKER et Ferdinand BATSIMBA « Diogène à Brazzaville », en présence de Ferdinand BATSIMBA. Agathe BEL, doctorante : « Des corps en jeux de Sony Labou Tansi à Koffi Kwahulé »/ Sylvie CHALAYE, professeur : « Sony Labou Tansi, premier marronneur du théâtre en Afrique »/ Anatole MBANGA, doctorant : « Amplifications et exaltations poétiques dans le théâtre de SLT »/ Rodrigue NDONG, doctorant : « La mise en scène selon Sony Labou Tansi : modèle et contre-modèle d’une pratique »/ Koku G. NONOA, doctorant : « Sony Labou Tansi : expression d’une contreculture (artistique) et transformation politique et sociale en Afrique »/ Amélie THÉRÉSINE, doctorante : « Sony Labou Tansi, précurseur de nouvelles écritures dramatiques ? Héritages dans le théâtre de Dieudonné Niangouna » 2) Sony ou l’avenir de demain – Table-ronde animée par Nicolas Martin-Granel Projection d’un extrait du film de Gregory HIETIN: « Roméo et Juliette : Les Amants de Gorée » en présence du réalisateur Roch BANZOUZI, comédien : « Comment dire SLT ? »/ Xavier DEVAUD, peintre : « L’acte de dessiner »/ Jean-Paul DELORE, comédien metteur en scène : « Dans la baraque SLT »/ Annie LE BRUN, essayiste : « Magie de Sony ? » (sous réserve)/ Lionel Manga écrivain et critique : « Sony Labou Tansi, rencontre avec une anomalie discrète » (sous réserve)/ Félhyt KIMBIRIMA, metteur en scène et comédien : « Le Point virgule, une nouvelle en acte » / Fiston NASSER MWANZA, écrivain : « Moi et Sony Labou Tansi » IV. Passage à l’acte (de respirer) : retours sur le double atelier de direction d’acteurs 15h00-17h30 L’Acte de respirer – ainsi que 930 mots dans un aquarium – est justement le recueil de poèmes de SLT qu’une quinzaine d’élèves du Conservatoire ont mis en voix et en espace, en chair et en idée, sous la direction alternée des metteurs en scène Jean-Damien Barbin et Dieudonné Niangouna. Cet atelier, qui s’est tenu en septembre dernier au CNSAD, a fait l’objet d’une observation attentive par des membres du Labex « la direction d’acteurs comme processus artistique », ainsi que d’une captation filmique continue. Échos de cet événement et éclats de ce work in progress, en trois temps. 1) Projection du film « SLT : lieu de c(l)asse », réalisé par Laetitia BIAGGI et Julie PEGHINI 2) Échanges entre observateurs et acteurs des ateliers – Table ronde animée par Jean-François DUSIGNE, porteur du Labex « la direction d’acteurs comme processus artistique » 3) Rencontre avec les directeurs d’acteurs, Jean-Damien BARBIN et Dieudonné NIANGOUNA SOIREE SLT (18h30-20h30) : L’Acte de respirer – et 930 mots dans un aquarium de Sony Labou Tansi mis en scène lors du double atelier dirigé tour à tour par Jean-Damien Barbin et Dieudonné Niangouna au CNSAD en septembre 2013. Comité scientifique et artistique : Rémi Astruc, professeur (Université Cergy-Pontoise), Jean-Damien Barbin, comédien, Pierre-Marc de Biasi, directeur de l’ITEM/CNRS Monique Blin, directrice du Festival des théâtres francophones de Limoges (1983-1999), Sylvie Chalaye, professeur (Paris 3) Jean-François Dusigne, professeur, porteur du Labex « la direction d’acteurs comme processus scientifique » (Paris 8), Xavier Garnier, professeur (Paris 3), Mukala Kadima-Nzuji, professeur (Université de Brazzaville), Bernard Magnier, critique, directeur de collection (Actes Sud), Nicolas Martin-Granel, chercheur (ITEM/CNRS), éditeur scientifique de SLT, Martin Mégevand, enseignant-chercheur (Paris 8) Daniel Mesguich, metteur en scène, directeur du CNSAD Maëline Lelay, chercheur (LAM/CNRS, Bordeaux), Julie Peghini, maître de conférences (Paris 8), Patrice Yengo, enseignant-chercheur en anthropologie (EHESS, ITEM/CNRS) Comité d’organisation : Laetitia Biaggi, réalisatrice, Patricia Faivre (assistante pour les enseignements de Sébastien Lenglet, CNSAD), Céline Gahungu (ITEM), Nicolas Martin-Granel (ITEM), Suzanne Nzouzi (ITEM), Julie Peghini (Paris 8), Claire Riffard (ITEM), Aminata Aidara (Paris 3)