Événements

Les Agoras de la Goutte d’or
Première Agora : Rencontres de Cassandre/Horschamp au LMP

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Au cœur de ce quartier de Paris qui se trouve être au carrefour de cultures issues de nos anciennes colonies, des DOM-TOM et d’autres territoires lointains, un lieu artistique, le Lavoir moderne parisien s’attache depuis plus de vingt ans à mettre en valeur les rencontres entre ces cultures et la nôtre, du point de vue de l’art et de celui de l’échange.
Cassandre/Horschamp a pour objectif, depuis plus de dix ans, de mettre les pratiques artistiques en contact avec les questions posées par la société. Il était donc logique et souhaitable, en une période difficile pour ceux qui viennent d’ailleurs, d’organiser ensemble des rencontres régulières, mensuelles, autour du frottement des cultures et de toutes les dimensions politiques, sociales, thérapeutiques, de la pratique de l’art. Ces rencontres thématiques seront l’occasion de converser librement avec des artistes, des chercheurs, des acteurs sociaux, des habitants du quartier, et de toutes personnes intéressées par ces sujets.

La première de ces Agoras, lundi 20 novembre, s’articule autour des deux spectacles à l’affiche au Lavoir Moderne Parisien : Les Soldats inconnus (création de la cie Graines de Soleil, Mise en scène Khalid Tamer et Julien Favart) et Allah n’est pas obligé, d’après le roman d’Ahmadou Kourouma (mise en scène Laurent Maurel). Deux pièces sur le thème de la guerre : Les soldats inconnus s’intéressent, comme le film Indigènes , à l’histoire des « tirailleurs sénégalais », des soldats africains ayant servi dans l’armée française ; elle rend hommage à ces hommes qui ont combattu et sont morts pour une patrie qui n’était pas et n’est pas la leur. Dans Allah n’est pas obligé, de l’Ivoirien Ahmadou Kourouma, Birahima raconte sa vie d’enfant-soldat dans les guerres de Sierra Leone et du Liberia. Armé de quatre dictionnaires pour expliquer les mots difficiles, il décrit comment il devient enfant-soldat. Des guerres tribales du Liberia, du « bordel au carré » de Sierra Leone, Kourouma ne cache rien. Deux textes qui interrogent l’Occident sur son rapport au passé colonial et l’exportation des guerres économiques dans les pays du Sud. Au delà de leur actualité immédiate, ces deux textes interrogent sur le traitement de la guerre au théâtre. Face aux moyens spectaculaires du cinéma et de la télévision, alors que nous sommes sursaturés d’images de violence, comment le théâtre peut-il s’appuyer sur la symbolisation pour nous faire ressentir, avec plus d’acuité encore, l’insoutenable ?

Avec les équipes des Soldats inconnus et de Allah n’est pas obligé.