Fiche Livre
Littérature / édition, Poésie / Conte
RECUEIL DE POéSIE | Mai 2008
Une rose entre les dents/ Un poème pour ma mère
Soeuf Elbadawi
Pays concerné : Comores
Edition : Komedit
Pays d’édition : Comores
ISBN : 978-2-914564-55-7
Prix : 5.00
Parution : 31 Mai 2008

Français

Komedit éditions
présente
Un poème pour ma mère/
Une rose entre les dents
Un livre de Soeuf Elbadawi

Format 21×14 cm

Texte en français et en shikomori
Ouvrage disponible en librairie

« Après plusieurs années d’activisme social, Zahara Ibrahim vient de
décéder ce lundi 3 décembre 2007 à Moroni. Secrétaire à la Banque des Comores et de Madagascar avant l’indépendance, elle a eu droit à ses sept vies sur terre, un peu comme les chats. Elle a ainsi travaillé au gouvernorat de Ngazidja, oeuvré au ministère de l’intérieur et de la décentralisation, ainsi qu’au Haut Commissariat chargé de la promotion féminine. A la tête d’une entreprise familiale, la Boulangerie Mchinda, durant les années 80, elle est membre fondateur de la Meck, une banque communautaire, en 1998.

« Madame Zahara » [comme on la surnommait]s’est toujours distinguée au service de sa communauté. Elle est également connue pour avoir milité au sein d’organisations telles que le Croissant Rouge, l’Afec ou Mawunati.
Adepte de la réforme du anda (nde le katiba) à Moroni, sa ville natale,
elle a pris part à de nombreux combats pour le développement. A celui pour l’évolution du statut de la femme comorienne, notamment. »


Peut-on faire plus court pour évoquer la vie d’un être cher ?
Journaliste, artiste et auteur, Soeuf Elbadawi rend hommage à sa défunte
mère à travers ce livre au récit fragmenté. Une poésie intime pour une mère au destin de lune.

contact pour plus d’infos ou pour commander le livre info@komedit.net
| washkonet@yahoo.fr


Extrait 1.

« L’amour d’une mère nous rend plus humain. Celui de ma mère pour les autres, sa famille au sens le plus large, prenait sens dans un passé lointain. Il se fondait sur des valeurs de solidarité d’une autre époque.

Pour le comprendre, il eût fallu vivre au temps de mon grand-père, ce
personnage de fable tiré à quatre épingles, dissertant à longueur de
journée sur le respect de son prochain, en fumant des cigarettes roulées au goût relevé. Un grand-père que je n’ai guère connu qu’au travers de récits de bric et de broc, tissés par des cousins et des tantes au souvenir souvent trop bienveillant. Il semble (en tous cas) que le désir d’aller vers l’autre ou de se raccrocher aux autres, ma mère, elle le tenait [en grande partie]de lui. »


Extrait 2.

miûdjuza
bo wana

eshindo sha Undroni
shireme panda la tseho

e bo wamba
roho kana mvi
leo wo hamba ?

omwiso wo hudja
nge ridjue enfi Yalosa

Extrait 3.

ma mère est morte
et je repense à ce jour
où à l’ombre du muezzin. elle ne parla
ni d’abréger sa souffrance. ni de croire en un miracle
d’opérette. elle se
demandait juste si cette valse des sept moitiés d’homme allait encore
secouer son corps
insoumise

non pas que. / ni parce que.

mais ce dernier voyage
elle tenait à le mener seule contre l’attente

en demandant une dernière fois son chemin
dans la dignité des matins de roses

badi kweli
muo na mtango

Extrait 4

corps inerte.
corps qui s’en va
telle une métaphore filée
sur une ligne de rupture du monde

corps qui s’ébranle
corps qui enjambe la foule au rythme
d’un set de wadhwifa servi au neuvième jour du deuil

la cadence
du bihaqi show qui suit
révèle les impatiences de ces filles de djinns
aux cheveux noyés dans un nuage d’encens

la cadence du bihaq’illahi
ranime la meute des chiennes de bonne compagnie

Extrait 5

écoutons.
ce rude lamento de femme
qui se poursuit
dans le noir dessein
d’un vent de Kashkazi.


Extrait 6

« que ne t’ai-je pas dit. fils
tes poèmes. ne sauront (peut-être) jamais
nous vêtir du voile de l’éternel apaisement. »