Fiche Livre
Littérature / édition
REVUE | Mai 2012
TDC: Afrique, esclavage et traite
Elikia M’Bokolo, Rémy Bazenguissa Ganga
ISBN : /0395-6601
Prix : 5.50
Parution : 15 Mai 2012

Français

La date de parution de ce numéro n’est, on s’en doute, pas tout à fait fortuite, le 10 mai, étant, depuis 2006, Journée nationale des mémoires de la traite, de l’esclavage et de leurs abolitions. Aussi bien aurions-nous pu choisir le 25 mars, Journée internationale de commémoration des victimes de l’esclavage et de la traite transatlantique des esclaves ; ou encore le 2 décembre, Journée internationale pour l’abolition de l’esclavage… Tant
il est vrai que depuis quelques années les occasions se multiplient de rendre un hommage officiel aux victimes de « l’infâme trafic » et/ou d’en dénoncer les permanences. Or, cette avalanche de commémorations et autres lois mémorielles, louable en ce qu’elle permet de faire émerger des pans longtemps ignorés ou négligés de notre histoire et de rappeler
quelques principes de droit fondamentaux, peut être également source de confusion et de polémiques. Il est donc essentiel que l’école prolonge cette actualité en engageant sur la question une réflexion à la fois élargie et approfondie.

C’est le sens de l’introduction de la traite atlantique dans les programmes d’histoire de 4e, mais aussi des « traites orientale, transsaharienne et interne à l’Afrique noire » en 5e,dans le cadre de l’étude d' »une civilisation de l’Afrique subsaharienne ». Cette double entrée ne manque pas d’audace. C’est en effet tout le paradoxe des cérémonies évoquées plus haut que d’en rester, dans leur compassion pour l' »autre » et leur
dimension autocritique même, à une vision ethnocentrique, et, ce faisant, de déposséder une fois encore l’Afrique de sa propre histoire. Une histoire millénaire, marquée par une succession de grands empires dont l’existence a été occultée par le colonialisme et l’occidentalisation du monde. Mais aussi une histoire récente, contemporaine même, où la mémoire des esclavages (et pas seulement de la traite atlantique), s’entrechoquant
avec les contextes ethniques, religieux, sociaux, politiques qui agitent le continent, surgit de manière confuse, souvent conflictuelle, reflet en cela d’un phénomène fondamentalement complexe et pluriel. Bref, on ne le répétera jamais assez : pour le pire comme pour le meilleur, nous ne sommes pas seuls au monde.