Fiche Livre
Histoire/société
HISTOIRE |
Conjonctures congolaises 2013. Percée sécuritaire, flottements politiques et essor économique
Jean Omasombo, Stefaan Marysse
Edition : Harmattan (L’), Musée royal de l’Afrique Centrale
Pays d’édition : Belgique
ISBN : 978-2-343-03304-4
Dewey : Sciences sociales
Pages: 272
Prix : 28.00

Français

L'année 2013 aurait dû constituer un tournant. La pacification du Congo, l'ouverture des concertations nationales, l'adoption de réformes structurelles sur le plan politique et administratif ainsi que les problèmes de sécurité figuraient à l'ordre du jour. À l'arrivée, le bilan semble en demi-teinte : la victoire sur le M23, l'amélioration de certains indicateurs macroéconomiques, le renouvellement de la CENI… sont contrebalancés par d'autres événements qui témoignent de ce que la situation sécuritaire de la RDC reste caractérisée par l'instabilité, la volatilité et l'imprévisibilité des menaces.

À l'Est, la combinaison de certains préalables au changement (modification du commandement militaire, brigade d'intervention internationale, pressions américaines, etc.), réunis pour la première fois, a permis de débloquer une situation, certes multiforme (RCD, CNDP, M23), mais cachant une même réalité.

Ces embellies furent ternies pour le pouvoir congolais par une série d'événements médiatisés contre le président de la République qui, en marge des multiples questions qu'ils soulèvent, rendent compte d'un malaise politique et d'un mécontentement profond. Les attaques du 30 décembre menées simultanément à Kinshasa, Lubumbashi et Kindu trahissent, en tout cas, la fragilité du pouvoir, toujours affaibli par le scrutin de 2011.

Jusqu'à la fin 2013, le gouvernement d'union nationale annoncé depuis octobre s'est fait attendre.

Les blocages au niveau politique contrastent avec une amélioration timide, mais réelle, de la gouvernance économique. Des succès sont rencontrés sur le plan économique et social. Cette gouvernance a, en effet, réussi à stabiliser le taux de change, à dompter l'inflation et à renouer avec une croissance soutenue. Cette dernière, surtout, a entraîné, par l'essor du secteur minier, l'augmentation des recettes budgétaires qui, combinée à une meilleure gestion (bancarisation des paiements des salaires), a eu, depuis deux ans, des retombées sociales appréciées par les salariés. Bien sûr, pour la majorité de la population, qui doit survivre dans le secteur informel, l'amélioration est beaucoup moins sensible. Les progrès économiques et sociaux relatifs suscitent l'espérance, mais les blocages politiques provoquent l'inaction et la rancœur. La conception de l'autorité et la pratique gestionnaire de l'État n'ont, en fait, pas encore assez changé.
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