Fiche Livre
Littérature / édition
ROMAN | Septembre 2007
Ah! Mbongo
Alain Mabanckou, Paul Lomami Tchibamba
Pays concerné : République du Congo
Edition : Harmattan (L’)
Pays d’édition : France
ISBN : 978-2-296-03523
Prix : 27.00
Parution : 17 Septembre 2007

Français

Préface d’Alain Mabanckou

Il aura fallu vingt ans après le décès de son auteur et de multiples péripéties avant de voir enfin publié ce qui deviendra à coup sûr un des classiques de la littérature africaine: Ah! Mbongo (Ah! L’argent). Avant cela, ce « roman-fleuve Congo » (A. Mabanckou), aura maturé pendant trente ans: Paul Lomami Tchibamba l’entame vers 1949 et le termine à la fin des années 70.
C’est qu’à travers les aventures picaresques de son héros, c’est le destin du Congo qu’Ah! Mbongo dessine, de ses racines profondes à son intégration douloureuse dans la modernité et ce qui la dévoie: la course à l’argent.

Chute d’un prince, de sa dulcinée et de son griot
Situé dans les années 20, Ah! Mbongo raconte les aventures de Gikwa, un prince héritier de l’Oubangui, qui, succombant au discours de deux charlatans, quitte ses parents et leurs traditions, pour trouver la fortune à Kinshasa. Bientôt rejoint par son épouse Ndawélé et un de ses sujets, mi griotmi bouffon, il s’engage comme débardeur sur les quais du port. Pur et naïf, il se retrouvera vite capita, ou chef. Mais le miroir aux alouettes se brisera: entraînée par une compagnie de joyeuses commères et prostituées qui règnent en maîtresses sur le london, surnom du « trottoir » kinois, Ndawélé finira dans le lit du patron de Gikwa. Quant à celui-ci, de malentendu en malentendu, il terminera à la prison centrale de Kinshasa.
Une peinture haute en couleurs, un vocabulaire savoureux et un humour ravageur Loin de tout misérabilisme, Ah! Mbongo brosse un tableau haut en couleurs de la vie kinoise en mêlant à une richesse de vocabulaire français unique une multitude d’expressions issues des langues africaines et du patois typiquement kinois. A ce titre, Ah! Mbongo constitue une balise importante de la littérature africaine: la maîtrise de la langue française n’empêche pas sa réappropriation par les cultures extérieures à la France et surtout son métissage avec des langues et des innovations linguistiques qui lui sont extérieures. De même, le roman de Lomami Tchibamba se distingue sur le plan idéologique: si la colonisation et son poids sont stigmatisés, la société urbaine africaine n’est pas pour autant épargnée par l’auteur qui confirme ici ce qu’il aura été toute sa vie: un homme libre.