Fiche Livre
HISTOIRE | Mars 2004
Haïti n’existe pas ! 1804-2004 : deux cents ans de solitudes
Edition : Autrement
Pays d’édition : France
ISBN : 2-7467-0432-3
Prix : 14.95
Parution : 11 Mars 2004

Français

Haïti a disparu. Effacé. De notre mémoire, de la mémoire. Haïti est une réalité pour les Haïtiens, une réputation pour les autres, et encore… Une image, la pire, ankylose sanglante ou prurit de misère. Haïti a-t-il jamais existé ?
Comme si Haïti n’avait pas, la première, il y a deux siècles, conquis son indépendance. A la barbe de la France, toute amourachée de ses idéaux civilisateurs. Et de son Bonaparte de conquête. Impuissants et défaits par une révolution de gueux emmenés par Toussaint Louverture.
Comme si la métropole n’avait pas subi la pire humiliation : être boutée hors de la colonie la plus riche du monde par une horde de nègres libérés. Une révolution qui n’aura jamais la place de l’américaine ou de la française ! Comme si elle était à jamais marquée du sceau brûlant de la culpabilité, du mépris, de la dérision et de la déraison réunies. Qui croira que d’anciens esclaves puissent être éclairés ?
Haïti 1804 : première république noire indépendante. Le monde de 2004 préfère l’anniversaire du sacre de Napoléon et occulte, une fois de plus, le destin unique et singulier de la « Perle des Antilles ». Qui s’interrogera sur le destin d’un pays mis en quarantaine et en coupe réglée par l’ancien et le Nouveau monde, unis pour l’empêcher d’exister ? Unis aussi à une « élite » locale, cynique et répugnante, à ses satrapes et à ses mercenaires. Ensemble, ils maintiennent une société coloniale du XXIe siècle.
Pourquoi Haïti, terre de tous les paroxysmes, est-elle aujourd’hui plus ravagée, meurtrie, exsangue que jamais ?

1804-2004 : drôle d’anniversaire d’une indépendance glorieuse. Christophe Wargny entreprend ici un nouveau voyage en Haïti. Revisite une histoire et ses acteurs, qu’il connaît bien. En compagnon et en ami d’Haïti, en historien qui met au jour les dénis de justice, les falsifications de l’Histoire, officielle celle-là. Et l’inconscience de ceux qui ont aujourd’hui la responsabilité du naufrage.