Murmures

Mandela, un film controversé en Afrique du Sud
décembre 2013 | Sortie de film, livre, album… | Cinéma/TV | Afrique du Sud
Source : RFI

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Le « biopic » sur Nelson Mandela, tourné en 2011 en Afrique du Sud, est sorti le 18 décembre quelques jours après la mort du héros de la lutte contre l’apartheid. Cette grosse production fait polémique en Afrique du Sud : elle ramène l’histoire du combat contre l’apartheid à du grand spectacle.

Le 5 décembre au soir, une avant-première du biopic consacré à Nelson Mandela s’est déroulée à Londres. A la sortie de la projection, les spectateurs ont appris avec stupeur la mort du grand homme. Trois jours plus tôt, le film était présenté dans la salle de conférence plénière du palais de l’Unesco, à Paris, en présence de nombreux invités de marque.

Un véritable blockbuster… aux oublis historiques

Anant Singh, le producteur sud-africain du film, a alors rappelé avoir obtenu le feu vert de Mandela pour ce film « autorisé » alors qu’il était encore en prison. Son travail sur ce blockbuster déjà nominé par les Golden Globe s’est étalé sur trente ans. Il en a confié la réalisation à Justin Chadwick (auteur anglais de Deux sœurs pour un roi). Deux autres Britanniques jouent les premiers rôles. Idris Elba, d’origine sierra-léonaise et ghanéenne, est connu pour sa prestation dans la série The Wire. Le voilà transfiguré dans Mandela, un rôle qui semble un peu trop lourd pour lui – comme l’épais maquillage qui lui couvre le visage pour jouer l’icône vieillissante. Naomie Harris, née à Londres d’une mère jamaïcaine et d’un père de Trinidad, a joué dans Pirates des Caraïbes et un James Bond (Skyfall) avant d’incarner une Winnie Mandela plus crédible, notamment dans sa stature de chef politique.

Mais après la projection parisienne, tout le monde n’était pas convaincu par le film. Njabulo Ndebele, grand écrivain sud-africain et président du conseil d’administration de la fondation Nelson Mandela, estimait ainsi avec tact : « Le film est efficace, mais il pose quelques problèmes d’écriture, avec des oublis historiques et des raccourcis chronologiques ». Aucune mention, par exemple, n’est faite de l’Inkhata, ce parti de nationalistes zoulous qui a été l’instigateur de la fameuse « black on black violence » des dernières années de l’apartheid, en s’opposant par les armes aux partisans du Congrès national africain (ANC) de Nelson Mandela.

Quant à Walter Sisulu, il est interprété par un acteur noir, alors qu’il était métis dans la vraie vie. Un fait qui a eu son importance : le mentor politique et personnel de Nelson Mandela ne l’a pas seulement introduit dans l’ANC.


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