Fiche Spectacle
Théâtre
THéâTRE
Catharsis
Gustave Akakpo
Pays concerné : Togo
Contributeur(s) : Jean-Claude Berutti
Date : 06 Octobre 2006

Français

De Gustave Akakpo
Mis en scène par Jean-Claude Berutti
La Comédie de Saint Etienne, CDN
Avec : Claude Noutsougan, Amoussa Koriko, Roger Atikpo, Ibrahim Malangoni

« Une femme quelque part en Afrique, crie ses douleurs. Elle est dans un cimetière, appréhendé ici comme lieu de transition entre deux vies (l’ancienne et la nouvelle) et rencontre successivement ses trois fils. Ils accusent leur mère ouvertement de les avoir abandonnés, de s’être prostituée. Ils n’en peuvent plus de cette douleur, de cette haine et de l’incompréhension. Une allégorie de la mère « patrie » et de ses enfants qui souffrent au présent et tremblent devant un avenir incertain ».
« Catharsis est donc une pièce qui raconte cette histoire-là ; mais au-delà de l’histoire qu’elle se tourbillonne à nous exploser à la gueule, elle est née de mon envie de me mettre au monde, de mettre un « point à la ligne » à la vie que j’ai toujours vécue par délégation. Je ne crois pas que ce soit juste de dire que je suis venu au monde le jour de ma naissance. Je ne suis pas venu au monde, c’est le monde qui est venu à moi.(…)
Sans rien me demander, mes parents m’ont porté au monde, sur un coin de terre qui s’appelle le Togo, dans une couleur de peau marron que le monde appelle noir, au sein d’une culture alien, héritage traditionnel métissé à la sauce d’un passé colonial et d’un présent mondialisé, sur un continent dont la misère fait étrangement mentir le riche potentiel humain, culturel, agricole et minier ; et depuis je suis soumis à la dictature de vivre. Catharsis est donc l’année zéro de ma respiration. Mais cette pièce ne nourrit pas l’ambition de tourner autour de mon nombril. Je pense, au contraire, que ma situation est semblable à celle de nombre de jeunes africains nés dans cette Afrique-là qui ne sait capter l’attention des medias mondiaux qu’à travers ses interminables conflits, ses misères, ses « crève-la-faim » qui s’en vont noyer leurs rêves sur le littoral européen ; cette Afrique qu’on dit toujours en émergence. Je ne veux plus être en émergence ; j’émerge et je définis mon quota de respiration.
J’ai eu l’occasion d’entendre ce texte en lecture publique en France : et les discussions qui s’en sont suivies m’ont donné cette impression que la pièce n’a pas une parole en sens unique juste à l’endroit des africains mais qu’elle fait écho à la crise d’identité d’une jeunesse européenne, d’une jeunesse tout court, en panne de véritables modèles dont elle a besoin pour façonner son acte d’existence. »
Gustave Akakpo

Message de Jean-Claude Berruti à Gustave Akakpo – le 1er septembre 2005
« (…) J’ai quelque part dans la tête l’idée d’une distribution entièrement masculine. (…) Je crois plus à ta pièce comme une « allégorie » de la Mère, grotesque et lamentable
que comme une tragédie africaine. A propos de la pièce, Yves Bombay aime la définir comme un « nô africain », je lui préfère l’expression de « buto africain ». La verve langagière, la violence des situations, le rituel cathartique, mais aussi la palabre et le carnaval qui y cohabitent me poussent à penser qu’une Mère / travesti aurait une efficacité
théâtrale certaine. (…) Quant aux trois fils, je souhaite qu’ils soient joués par le même acteur à tour de rôle, que la reine accouche à chaque fois du même enfant qu’elle rejette ensuite jusqu’à la mort. (…) »



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