Uma onda no ar (Something in the air)

De Helvécio Ratton

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« Tire la chasse et oublie ! » Cette phrase lâchée après une descente de flics volontairement ravageuse dans les locaux de Radio Favela résume la philosophie de ce film vivifiant : plutôt que de s’enfermer sur une position victimaire, aller de l’avant, résister et agir. Le racisme existe au Brésil, comme le rappelle une séance dans une école sur le thème de l’esclavage et le soupçon systématique envers le Noir dès qu’il y a une bagarre.  » Uma onda no ar » est un appel à réagir, à se prendre en mains, à passer à l’action, même avec des moyens dérisoires. Ces jeunes qui montent une radio libre dans une favela sont les exemples vivants d’une résistance positive, d’une appropriation de la parole, indocile et subversive, quand on sait que la communication est au Brésil concentrée entre les mains de quelques familles qui dominent le secteur et distillent un même modèle dominant.
Un grand moment du film est la solidarité de toute la favela qui se cotise pour sauver ce qui est devenu leur radio. On partage leur enthousiasme et leur détermination. Lorsque le générique final livre des images de la vraie radio, telle qu’elle est aujourd’hui, la preuve est faite de la justesse de la démarche : Radio Favela, après vingt ans de lutte, a enfin obtenu en février 2000 l’autorisation officielle d’émettre ! Le film se veut représentatif de l’esprit Lula, cet ouvrier devenu président en 2002. A la différence de nombre de films brésiliens qui font de la violence ambiante leur fonds de commerce, il montre que la subversion paye au bout du compte. Tourné à Bel Horizonte, une favela de 140 000 habitants de Minegeres, entre Rio et Sao Paulo, il est ancré dans la réalité, jouant à fond la carte du docu-fiction. La volonté d’utiliser sur un rythme tendu les ficelles du film d’action avec la stéréotypie concomitante des personnages et des situations affaiblit cependant l’aspect fictionnel. Heureusement, la réalité est là qui se suffit à elle-même et emporte l’adhésion.

Brésil 2002, 35 mm, dolby digital, 92 min., avec Alexandre Moreno, Babu Santana, Adolfo Moura, Benjamin Abras, Edyr Duqui et Priscila Dias, prod. Quimera Film ([email protected]) ///Article N° : 2743


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