Fiche Disque
Musique
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ALBUM 2026
RIVAGES, nouvel album de JOULIK
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Français
Après "Envol" et "Racines", le trio devenu quartet franchit une nouvelle étape avec "Rivages", paru le 13 mars. Un titre qui n’a rien d’anodin : ici, Joulik ne s’ancre plus seulement dans la terre ni ne s’élève dans les airs — il navigue. Et c’est bien de mouvement qu’il s’agit, d’un passage constant entre les langues, les cultures et les émotions.
« La musique est un bateau qui jamais ne s’arrête. » La formule pourrait sembler programmatique, elle devient chez Joulik une évidence sonore. Dès Zhivotŭt, chant traditionnel bulgare réinventé, le cap est donné : polyphonies ciselées, timbres organiques, tension entre héritage et création. Maragi, en provençal, agit comme un ancrage immédiat, presque charnel, avant que Ti larme ne fasse dériver l’ensemble vers les rivages du créole réunionnais.
Ce qui frappe dans Rivages, c’est cette capacité à faire du métissage une matière vivante. Rien n’est décoratif : chaque langue — bulgare, occitan, italien, farsi, turc, français, ou même imaginaire dans Sangue dela — devient un souffle, une texture, une couleur. Le groupe compose ainsi une véritable cartographie sensible, où les frontières disparaissent au profit d’un territoire musical fluide et habité.
Musicalement, le virage est net. L’arrivée d’Arnaud Le Meur à la batterie (sur plusieurs titres) densifie l’ensemble et apporte une pulsation nouvelle, plus incarnée. Les grooves se font plus présents, les arrangements plus amples, sans jamais sacrifier la finesse. La flûte, le violoncelle, les cordes pincées et les percussions dialoguent avec élégance, soutenus ponctuellement par les interventions précieuses de Bijan Chemirani (percussions), Nicolas Canavaggia (contrebasse) ou Lilia Ruocco (tambourin).
Au cœur de cet équilibre, les voix restent souveraines. Celles de Mélissa Zantman, Claire Menguy et Robin Celse s’entrelacent avec une justesse remarquable, passant de la douceur introspective (Dala) à des élans plus collectifs (Bacino di libertà), jusqu’à atteindre une forme d’ivresse contrôlée dans Dünya.
Mais Rivages ne se contente pas d’aligner les escales. L’album pense sa trajectoire : chaque morceau semble répondre au précédent, comme les vagues d’un même courant. Comme tel, plus frontal, agit presque comme un point d’équilibre, tandis que Ambivalencia joue sur les contrastes, entre tension et relâchement.
Ce qui se dessine alors dépasse la simple collection de morceaux : Joulik construit un espace. Un espace mouvant, où l’eau devient métaphore de la vie — ses flux, ses rencontres, ses transformations. L’auditeur n’est pas seulement spectateur : il embarque, dérive, se laisse traverser.
Avec "Rivages", Joulik signe un album lumineux et profondément incarné, où la recherche sonore s’allie à une sincérité rare. Une œuvre qui ne fige rien, mais invite au contraire à circuler, à ressentir, à écouter autrement.
« La musique est un bateau qui jamais ne s’arrête. » La formule pourrait sembler programmatique, elle devient chez Joulik une évidence sonore. Dès Zhivotŭt, chant traditionnel bulgare réinventé, le cap est donné : polyphonies ciselées, timbres organiques, tension entre héritage et création. Maragi, en provençal, agit comme un ancrage immédiat, presque charnel, avant que Ti larme ne fasse dériver l’ensemble vers les rivages du créole réunionnais.
Ce qui frappe dans Rivages, c’est cette capacité à faire du métissage une matière vivante. Rien n’est décoratif : chaque langue — bulgare, occitan, italien, farsi, turc, français, ou même imaginaire dans Sangue dela — devient un souffle, une texture, une couleur. Le groupe compose ainsi une véritable cartographie sensible, où les frontières disparaissent au profit d’un territoire musical fluide et habité.
Musicalement, le virage est net. L’arrivée d’Arnaud Le Meur à la batterie (sur plusieurs titres) densifie l’ensemble et apporte une pulsation nouvelle, plus incarnée. Les grooves se font plus présents, les arrangements plus amples, sans jamais sacrifier la finesse. La flûte, le violoncelle, les cordes pincées et les percussions dialoguent avec élégance, soutenus ponctuellement par les interventions précieuses de Bijan Chemirani (percussions), Nicolas Canavaggia (contrebasse) ou Lilia Ruocco (tambourin).
Au cœur de cet équilibre, les voix restent souveraines. Celles de Mélissa Zantman, Claire Menguy et Robin Celse s’entrelacent avec une justesse remarquable, passant de la douceur introspective (Dala) à des élans plus collectifs (Bacino di libertà), jusqu’à atteindre une forme d’ivresse contrôlée dans Dünya.
Mais Rivages ne se contente pas d’aligner les escales. L’album pense sa trajectoire : chaque morceau semble répondre au précédent, comme les vagues d’un même courant. Comme tel, plus frontal, agit presque comme un point d’équilibre, tandis que Ambivalencia joue sur les contrastes, entre tension et relâchement.
Ce qui se dessine alors dépasse la simple collection de morceaux : Joulik construit un espace. Un espace mouvant, où l’eau devient métaphore de la vie — ses flux, ses rencontres, ses transformations. L’auditeur n’est pas seulement spectateur : il embarque, dérive, se laisse traverser.
Avec "Rivages", Joulik signe un album lumineux et profondément incarné, où la recherche sonore s’allie à une sincérité rare. Une œuvre qui ne fige rien, mais invite au contraire à circuler, à ressentir, à écouter autrement.
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