Fiche Disque
Musique
ALBUM 2026
Na Bo Ndedi
Genre : Album
Style : Musique africaine
Date de sortie : 10 Juillet 2026
Date digitale : 10 Juillet 2026
Durée : 35 min
Prix : 20.00 €
Français
Figure majeure du makossa, Ngallé Jojo est un chanteur, auteur-compositeur et producteur camerounais, acteur clé de l’âge d’or du genre à la fin des années 1970 et au début des années 1980. Né à Douala, il développe un son singulier mêlant rythmes traditionnels et arrangements modernes, caractérisé par des grooves vibrants, une utilisation remarquable de synthétiseurs, une grande richesse mélodique et une forte dynamique rythmique. Un style qu’il s’impose avec de nombreux classiques dont Na Bwa Bongo ou Madillia.
C’est à Paris en 1978 qu’il enregistre avec les musiciens Jean-Yves Messan, Patrick Francfort et François Corea — éminences de la diaspora africaine — le classique Na Bo Ndedi, remasterisé et réédité en juillet 2026 par Celluloïd Records. Il est aussi connu pour son rôle d’auteur, entre autres pour Manu Dibango. Après la chute de son label au milieu des années 1980, il s’installe dans l’Oise et devient pasteur, à l’image d’Al Green ou Solomon Burke.
Aujourd’hui redécouvert par les collectionneurs et de nouvelles audiences, Ngallé Jojo revient avec le single Élo-Lodie / Caresses d’Amour, son premier enregistrement depuis plus de 30 ans. On y retrouve tout ce qui définit son style : rythme « qui balance », nappes de synthétiseur et son cri signature : CHAUD.
NA BO NDEDI
Pur album de digger, avec son mélange de rythmes makossa, de grooves énormes, de synthétiseurs et son groupe de tueurs, Na Bo Ndedi, premier album de Ngalle Jojo paru en 1978 chez Disques Espérance, est l'une des pépites absolues du catalogue Sonodisc.
« Le gros de notre travail, c'est d'écouter les masters des milliers de références du catalogue, de contacter les artistes et les ayants droit pour revoir avec eux les contrats et remettre ces albums à la disposition du public. Sauf que quand on a entendu les bandes de cet album dans nos archives confiées à la BNF, on a pété un câble. » Adam / Celluloid Records
Au moment où l'équipe de Celluloid Records contacte Joseph Ngalle, ce dernier habite dans une ville de l'Oise où il cumule les mandats. « Je suis auteur, compositeur, arrangeur, interprète, pasteur, évangéliste, juriste. J'ai bien des cordes à mon arc », nous raconte cet homme de presque 70 ans, très content de son effet, un jour de mai 2026.
Ngalle Jojo est l'une des grandes voix populaires de la musique camerounaise. Comme beaucoup de musiciens de sa génération, il commence jeune, dans les concerts scolaires et le circuit des cabarets, où il apprend à reconnaître ce qui fait qu'une chanson peut survivre dans le cœur du public au-delà d'une nuit de fête. « On ne peut pas chanter pour le plaisir, sermonne Jojo. Il faut faire des tubes, des chansons qui touchent les gens, qui racontent les événements de leur vie. » La chanson qui va tout changer pour lui s'appelle Alliance. « Mon premier 45 tours, qui a été un immense succès. C'est le premier disque d'or de Sonodisc. » En 1977, Jojo enregistre le titre au Cameroun, puis amène les bandes en France où il refait ses prises de voix dans un studio des Champs-Élysées. Alors qu'il a tout juste dix-huit ans et étudie le droit à Sceaux, tout s'accélère pour lui : le titre passe à la radio, dans toutes les fêtes africaines de Paris et participe à faire franchir les frontières du Cameroun au makossa, qui devient une musique importante dans toute l'Afrique de l'Ouest. « Regardez la pochette de ce single ! Je n'étais qu'un gamin, un petit villageois qui arrive de sa campagne. Et regardez la pochette de Na Bo Ndedi*. Ce n'est qu'un an plus tard, mais on voit que j'étais dans mes aises. »*
Eux-mêmes pris de court par l'immense succès de ce disque, Marcel Perse et Michel David, fondateurs de la maison Sonodisc, proposent à Jojo d'enregistrer son premier album. Ainsi naît Na Bo Ndedi, entièrement enregistré à Paris par la crème des musiciens de la diaspora africaine. « À l'époque, les choses étaient moins communautaires ou "nationales". Les nationalités étaient plus mélangées et sur l'album, Mam Houari, le saxophoniste, est tunisien ; François Corea, le guitariste, est sénégalais ; Patrick Francfort, le batteur, est antillais. Et c'était tous les meilleurs.» On retrouve cette petite famille dans les crédits des plus grands disques africains de l'époque, notamment sur Maya Ma Bobe, chanson écrite par Jojo pour Manu Dibango quatre ans plus tard. Tout ce brassage permet au makossa d'influencer largement la musique de son époque : « Le makossa, c'est une musique qui fait trop danser. Le zouk est parti de là. Si vous regardez mes pochettes de disques, vous retrouverez les Jacob Desvarieux, les Jocelyne Beroard, qui était ma choriste avec sa petite sœur Catherine. Tous ces musiciens de Kassav' ont joué le makossa et ils se sont servis dans cette musique pour améliorer leur zouk. »
De l'ouverture synthétique — avec guitare acoustique — du titre Na Bo Ndedi, à la sublime chanson de crooner Ne Te Fais Pas de Soucis, en passant par le funk de Ngigna Loko ou le morceau « pour une amoureuse laissée au pays » Madilla, le premier album de Ngalle Jojo est à la fois une démonstration de force de son talent et de sa diversité en tant qu'auteur, mais également de l'immense richesse musicale des artistes camerounais de l'époque. « Le makossa, on l'entendait depuis l'enfance. Nous avions des grands frères qui le jouaient sur des instruments rudimentaires : la guitare acoustique, des tam-tams, des congas. Nous avons apporté la modernité : la batterie, la basse, les synthétiseurs. Et c'est à partir de là que cette musique s'est mise à voyager. » Une expansion musicale qui a pris fin aussi brutalement qu'elle avait commencé, avec une série d'accidents qui voit l'arrêt de Sonodisc. Comme une majorité de musiciens d'Afrique de l'Ouest à l'époque, Ngalle Jojo se retrouve sur le carreau. « Nous n'avions pas les réseaux de distribution ou de promotion pour continuer à faire des disques. Tout s'est arrêté pour moi au milieu des années 80. En 2002, un autre producteur a voulu ré-embaucher tous les grands artistes de la musique africaine de cette époque. Il a malheureusement été assassiné au Cameroun. »
C’est à Paris en 1978 qu’il enregistre avec les musiciens Jean-Yves Messan, Patrick Francfort et François Corea — éminences de la diaspora africaine — le classique Na Bo Ndedi, remasterisé et réédité en juillet 2026 par Celluloïd Records. Il est aussi connu pour son rôle d’auteur, entre autres pour Manu Dibango. Après la chute de son label au milieu des années 1980, il s’installe dans l’Oise et devient pasteur, à l’image d’Al Green ou Solomon Burke.
Aujourd’hui redécouvert par les collectionneurs et de nouvelles audiences, Ngallé Jojo revient avec le single Élo-Lodie / Caresses d’Amour, son premier enregistrement depuis plus de 30 ans. On y retrouve tout ce qui définit son style : rythme « qui balance », nappes de synthétiseur et son cri signature : CHAUD.
NA BO NDEDI
Pur album de digger, avec son mélange de rythmes makossa, de grooves énormes, de synthétiseurs et son groupe de tueurs, Na Bo Ndedi, premier album de Ngalle Jojo paru en 1978 chez Disques Espérance, est l'une des pépites absolues du catalogue Sonodisc.
« Le gros de notre travail, c'est d'écouter les masters des milliers de références du catalogue, de contacter les artistes et les ayants droit pour revoir avec eux les contrats et remettre ces albums à la disposition du public. Sauf que quand on a entendu les bandes de cet album dans nos archives confiées à la BNF, on a pété un câble. » Adam / Celluloid Records
Au moment où l'équipe de Celluloid Records contacte Joseph Ngalle, ce dernier habite dans une ville de l'Oise où il cumule les mandats. « Je suis auteur, compositeur, arrangeur, interprète, pasteur, évangéliste, juriste. J'ai bien des cordes à mon arc », nous raconte cet homme de presque 70 ans, très content de son effet, un jour de mai 2026.
Ngalle Jojo est l'une des grandes voix populaires de la musique camerounaise. Comme beaucoup de musiciens de sa génération, il commence jeune, dans les concerts scolaires et le circuit des cabarets, où il apprend à reconnaître ce qui fait qu'une chanson peut survivre dans le cœur du public au-delà d'une nuit de fête. « On ne peut pas chanter pour le plaisir, sermonne Jojo. Il faut faire des tubes, des chansons qui touchent les gens, qui racontent les événements de leur vie. » La chanson qui va tout changer pour lui s'appelle Alliance. « Mon premier 45 tours, qui a été un immense succès. C'est le premier disque d'or de Sonodisc. » En 1977, Jojo enregistre le titre au Cameroun, puis amène les bandes en France où il refait ses prises de voix dans un studio des Champs-Élysées. Alors qu'il a tout juste dix-huit ans et étudie le droit à Sceaux, tout s'accélère pour lui : le titre passe à la radio, dans toutes les fêtes africaines de Paris et participe à faire franchir les frontières du Cameroun au makossa, qui devient une musique importante dans toute l'Afrique de l'Ouest. « Regardez la pochette de ce single ! Je n'étais qu'un gamin, un petit villageois qui arrive de sa campagne. Et regardez la pochette de Na Bo Ndedi*. Ce n'est qu'un an plus tard, mais on voit que j'étais dans mes aises. »*
Eux-mêmes pris de court par l'immense succès de ce disque, Marcel Perse et Michel David, fondateurs de la maison Sonodisc, proposent à Jojo d'enregistrer son premier album. Ainsi naît Na Bo Ndedi, entièrement enregistré à Paris par la crème des musiciens de la diaspora africaine. « À l'époque, les choses étaient moins communautaires ou "nationales". Les nationalités étaient plus mélangées et sur l'album, Mam Houari, le saxophoniste, est tunisien ; François Corea, le guitariste, est sénégalais ; Patrick Francfort, le batteur, est antillais. Et c'était tous les meilleurs.» On retrouve cette petite famille dans les crédits des plus grands disques africains de l'époque, notamment sur Maya Ma Bobe, chanson écrite par Jojo pour Manu Dibango quatre ans plus tard. Tout ce brassage permet au makossa d'influencer largement la musique de son époque : « Le makossa, c'est une musique qui fait trop danser. Le zouk est parti de là. Si vous regardez mes pochettes de disques, vous retrouverez les Jacob Desvarieux, les Jocelyne Beroard, qui était ma choriste avec sa petite sœur Catherine. Tous ces musiciens de Kassav' ont joué le makossa et ils se sont servis dans cette musique pour améliorer leur zouk. »
De l'ouverture synthétique — avec guitare acoustique — du titre Na Bo Ndedi, à la sublime chanson de crooner Ne Te Fais Pas de Soucis, en passant par le funk de Ngigna Loko ou le morceau « pour une amoureuse laissée au pays » Madilla, le premier album de Ngalle Jojo est à la fois une démonstration de force de son talent et de sa diversité en tant qu'auteur, mais également de l'immense richesse musicale des artistes camerounais de l'époque. « Le makossa, on l'entendait depuis l'enfance. Nous avions des grands frères qui le jouaient sur des instruments rudimentaires : la guitare acoustique, des tam-tams, des congas. Nous avons apporté la modernité : la batterie, la basse, les synthétiseurs. Et c'est à partir de là que cette musique s'est mise à voyager. » Une expansion musicale qui a pris fin aussi brutalement qu'elle avait commencé, avec une série d'accidents qui voit l'arrêt de Sonodisc. Comme une majorité de musiciens d'Afrique de l'Ouest à l'époque, Ngalle Jojo se retrouve sur le carreau. « Nous n'avions pas les réseaux de distribution ou de promotion pour continuer à faire des disques. Tout s'est arrêté pour moi au milieu des années 80. En 2002, un autre producteur a voulu ré-embaucher tous les grands artistes de la musique africaine de cette époque. Il a malheureusement été assassiné au Cameroun. »
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