Événements

"Identités multiples, chance ou obstacle d'un vivre ensemble : la place spécifique des associations"
Comment construire un vivre ensemble dans une diversité culturelle ? Dans ce contexte, quelle place spécifique pour les associations ?

Français

Séminaire Fonda

¨ Contexte
- Des associations que l'on peut appeler "identitaires" ont été et restent des espaces que des personnes d'origine étrangère, aux prises avec des problèmes d'insertion et d'intégration dans la société française, mais aussi de reconnaissance et d'identité, investissent pour affirmer et construire une identité, dans un double rapport à leur culture d'origine et à celle du pays d'accueil. La demande d'identité se transformant dans le temps - selon les générations mais aussi en fonction de l'environnement - ces associations ont adapté leurs valeurs, leurs priorités d'action et leur fonctionnement. Elles insistent particulièrement sur leur volonté de participer, en citoyen, au développement de la société française.
- Les identités individuelles et collectives ne se construisent et ne se vivent pas aujourd'hui de la même façon qu'hier. Le rapport au pays et à la communauté d'origine, mais aussi l'appartenance à un quartier ou à une ville, à une région ou à un pays ne se posent plus aujourd'hui comme par le passé. Un ensemble de critères interviennent : famille, formation, profession, habitat, culture, religion, etc. L'identité de chacun passe par des appartenances plurielles et la combinaison personnelle qu'il en fait.
- Ne peut être occulté le fait que, dans un contexte de montée des intégrismes religieux et politiques, des replis identitaires et communautaires de défense ou de protestation sont également constatés. Certaines de ces associations se sont développées en réaction à ce qui est vécu, comme un déni d'insertion et d'intégration, par des populations d'origine immigrée qui se considèrent, à juste titre, laissées pour compte.
- En toute ambiguïté, la question de l' "identité nationale" est soulevée par certains responsables politiques, tout comme celle de l' "identité régionale", y compris au sein de l'Europe. Ce n'est plus seulement le fait de partis comme le Front National, à l'heure où un ministère est en charge de l' "identité nationale". En France, ce n'est pas d'aujourd'hui que des attitudes de méfiance, de frilosité ou de suspicion sont constatées, du côté des pouvoirs publics, vis-à-vis des cultures et des identités d'origine, comme si le moule républicain et l' "identité nationale" étaient tout faits et à acquérir.
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Questionnement
Interrogation de départ, quelle est la place des associations issues de l'immigration dans la construction et la recherche de l'identité ?
Dans la mesure où la demande d'identité se transforme dans le temps, selon les générations et en fonction de l'environnement, ces associations adaptent leurs valeurs, leurs priorités d'action et leur fonctionnement.
Au fil des auditions et des réunions, le questionnement de départ, à savoir "l'appartenance à l'association comme facteur d'identité et d'insertion" a rencontré la question plus large de l'identité et de la diversité en France aujourd'hui. Le vivre ensemble passe par des appartenances plurielles et la "diversité" de notre société. En conséquence, les associations, dans leur ensemble, font-elles réellement une place à la diversité en leur sein ?
Facilitent-elles la construction d'identités plurielles et multiples ? Si oui, à quelles conditions ?

Problématique
Au fil des auditions et à partir des constats énoncés, des éléments de problématique ont été dégagés :
-Des populations d'origine étrangère qui sont tout d'abord dans une posture de survie et de minorité, ont cherché à recréer, par l'engagement associatif, une sociabilité et une solidarité de "pays". Les générations suivantes se "normalisent" plus ou moins rapidement pour s'intégrer, se décalant par rapport à leur culture d'origine et opérant une certaine rupture par rapport à elle. L'engagement associatif les a aidés et continue parfois de les aider dans la prise de conscience explicite de leur identité d'origine et en même temps de leur appartenance à la société française. Il a constitué en quelque sorte une forme de "sas", assurant le maintien d'une relation avec une part des racines et aidant à se saisir de ce que le pays d'immigration apporte. Pour un certain nombre de personnes, il a permis l'intégration de deux identités qui se fortifient l'une l'autre au lieu de se combattre.
-Par contre, il est des populations d'origine étrangère qui connaissent des difficultés économiques et sociales ou qui sont en situation d'échec : elles connaissent fréquemment un profond sentiment de malaise qui se traduit par une interrogation et une revendication identitaire. Il n'est d'ailleurs pas certain que ces populations se retrouvent dans la vie associative.
-Le contexte national et international n'est pas sans influence sur les associations que ces populations d'origine étrangère ont créé et, plus globalement, sur un vivre ensemble dans la diversité et une culture plurielle. A cet égard, les tensions internationales jouent un rôle, les populations se solidarisant avec la situation de leur pays ou communauté d'origine. Un environnement local plus ou moins hostile peut aussi renforcer l'engagement dans les associations.
-Les associations constatent que les élus de beaucoup de collectivités locales à forte présence de populations d'origine immigrée prennent en compte ces populations comme des citoyens à part entière. Par contre, d'autres associations constatent que ces mêmes populations font l'objet de suspicion ou d'une extrême prudence de la part de collectivités territoriales ou d'une partie des services de l'État, au prétexte qu'elles présentent des risques de "communautarisme" qu'ils opposent au modèle prôné de l' "intégration républicaine". Cette situation conduit des associations d'origine étrangère à ne pas se sentir insérées, au même titre que les autres, dans l'espace public français.


Programme

9h00 Accueil

9h30 Ouverture par Jacqueline Mengin - Fonda

9h45 Témoignages d'associations
- Mario Castilho, association Portugaise culturelle et sociale de Pontault-Gombault - 77
- Adbdelaziz Chaambi - Témoignage sur l'histoire des Musulmans en France - Lyon (69)
- Claude Bobey, Secours Catholique (93)

11h15 Débat

12h00 Point de vue de chercheurs
- Richard Beraha, anthropologue, président association Hui Ji - Paris 11
- Evelyne Perrin, sociologue, AC !, RESF 94

12h30 Conclusion et suites par Sophie Blampin et Philippe Jessu - Fonda

Nombre de places limitées
Participation aux frais : 10 €
Inscription conseillée avant le 17 mai 2008
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