© Musée Africain
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Le Gèlèdè est consacré à la vénération d’Iya Nla, la « Mère suprême ». Il rend également hommage au rôle des femmes dans l’organisation sociale et le développement de la société yoruba. Selon la tradition yoruba, les femmes détiennent des pouvoirs bénéfiques (la fertilité), mais aussi maléfiques (la sorcellerie). Elles assurent donc l’ordre du monde tout en menaçant sa stabilité.
L’origine mythique du Gèlèdè reflète le passage d’une société matriarcale à un système patriarcal. Après avoir dérobé le pouvoir aux femmes, les hommes décidèrent de consacrer un culte à la « Mère suprême » et de reconnaître la place et le rôle des femmes dans la société en organisant des cérémonies masquées. Lors de ces festivités, ils portent les masques Gèlèdè en l’honneur des femmes et pour les divertir.
Ces masques n’ont pas seulement une fonction sacrée. Au-delà de la manifestation de la présence des esprits ou des âmes, et de la référence aux liens entre le visible et l’invisible, ils cherchent aussi à transmettre des messages profanes. À l’occasion de fêtes civiles et familiales, ils peuvent notamment sensibiliser le public aux valeurs humanistes ou incarner des concepts comme le courage, la solidarité, etc.
Le dynamisme et la flexibilité de la culture yoruba trouvent aujourd’hui des échos dans certaines œuvres d’art contemporaines. Le langage formel des masques Gèlèdè a été réinterprété dans les œuvres d’artistes contemporains tels que les Béninois Eloi Lokossou, Amidou Dossou et Kifouli Dossou.
Les différents masques présentés dans l’exposition témoignent de l’évolution des formes et des pratiques liées au Gèlèdè depuis plus de cent ans.
L’Unesco a inscrit en 2001 le patrimoine oral Gèlèdè sur la liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l’humanité.