Littérature / édition
REVUE | 2021
(Re)lire les féminismes noirs
Revue : Etudes littéraires africaines (ELA)
Parution : 2021
Français
Sommaire (41 articles)
Dossier
o
Féminismes noirs afro-américains et africains : de la (re)lecture comme pratique critique
Tina Harpin et Claudine Raynaud
p. 7-24
Féminismes noirs américains : relectures (seconde vague)
o
Activiste, révolutionnaire, féministe : Angela Davis et le féminisme noir
Tina Harpin
p. 27-42
Résumé
FR :
Icône du Black Power et de la Révolution dans les années 1970, Angela Davis est une figure incontournable de l'activisme et du féminisme, toujours engagée dans la lutte pour la justice sociale. Cet article vise à cerner la place de cette intellectuelle militante au sein du féminisme noir américain. Effectivement, Angela Davis s'est plutôt définie comme révolutionnaire ou communiste noire que comme "féministe noire". Néanmoins, ses écrits, indissociables de ses combats, ont indéniablement participé à l'affirmation du féminisme noir : nous le montrons en analysant son autobiographie et ses recherches sur les femmes noires. Angela Davis a inspiré le féminisme noir et y a contribué par son activisme révolutionnaire et par sa praxis pionnière de l'intersectionnalité, concept et approche qu'elle continue de défendre contre un féminisme qualifié de "bourgeois". Toutefois, elle dépasse aussi le féminisme noir dans une certaine mesure, en se plaçant à l'avant-poste d'un féminisme révolutionnaire internationaliste et radical qui se dit "abolitionniste" (du système carcéral).
EN :
Black Power and revolutionary icon of the seventies, Angela Davis is a key figure in activism and feminism who is still engaged in the battle for social justice. This article aims to outline this radical intellectual's place in American Black feminism. Indeed, Angela Davis has been more apt to define herself as a Black revolutionary or a Communist than as a "Black feminist". Nevertheless, her writings, inextricably tied to her struggles, have participated in the affirmation of Black feminism, which we demonstrate by analyzing her autobiography and her research on Black women. Davis has been a source of inspiration for the Black Feminist movement and has contributed to it through her revolutionary activism and by leading the way with an intersectional praxis, an approach that she continues to defend against "bourgeois" feminism. Nonetheless, she also goes beyond Black feminism to a certain extent, by being at the cutting edge of a revolutionary radical and internationalist feminism movement, which has been called "abolitionist" (in reference to carceral abolitionism).
o
"Ce que je laisse derrière moi a une vie propre" : l'héritage intellectuel et militant d'Audre Lorde
Claudine Raynaud
p. 43-59
Résumé
FR :
Poétesse guerrière, Audre Lorde (1934-1992) s'auto-définit comme "Noire, lesbienne, féministe, mère, amante, poète". Cet essai synthétise l'intervention politique féministe noire de l'écrivaine comme une pensée des différences et esquisse les contours de son héritage militant radical et lesbien. Promoteurs avant l'heure de la notion d'intersectionnalité, ses discours mobilisateurs exhortent à l'action. Lorde interroge le racisme des féministes blanches, pousse les femmes à forger leurs propres concepts, à dialoguer pour comprendre leurs différences. Elle réhabilite les émotions (la colère, la peur) et la force de l'érotisme. Mobilisatrice des féministes afro-allemandes, Lorde s'est engagée contre l'apartheid. De nombreuses organisations se placent résolument dans son sillage. On note son influence chez les poétesses noires américaines contemporaines, comme Claudia Rankine, alors que son apport théorique majeur, entre pensée radicale et théorie queer, réside dans l'affirmation de soi (empowerment), concept développé par Patricia Hill Collins, et le renforcement des coalitions.
EN :
Warrior poet Audre Lorde (1934-1992) defines herself as "Black, lesbian, feminist, mother, lover, poet". This essay synthesizes the writer's black feminist political intervention - i.e., thinking differences - and sketches the contours of her militant radical lesbian legacy. Promoting before the hour the notion of intersectionality, her rallying speeches call for action. Lorde questions white feminists' racism, pushes women to forge their own concepts and enter a dialogue to understand their differences. She rehabilitates feelings (anger, fear) and the power of the erotic. She mobilized Afro-German women and fought apartheid. Numerous organizations resolutely follow in her wake. Her influence can be noted on contemporary Black American poetesses, such as Claudia Rankine, whereas her major theoretical contribution, between radical thought and queer theory, resides in the notion of empowerment, later developed by Patricia Hill Collins, and coalition building.
Féminismes africains : paroles pionnières (seconde vague)
o
La Parole aux Négresses d'Awa Thiam : relecture d'une oeuvre pionnière du féminisme africain
Coudy Kane
p. 63-75
Résumé
FR :
La réflexion du féminisme noir et la complexité des enjeux concernés nous invitent à relire les oeuvres de certaines auteures noires africaines de la troisième vague, comme La Parole aux Négresses de l'anthropologue sénégalaise Awa Thiam, une oeuvre pionnière du féminisme noir africain. Cet ouvrage montre l'importance de la prise de parole par les femmes africaines en vue de faire entendre les réalités de leur vécu et de mettre au jour les maux dont elles souffrent. En incitant ses soeurs africaines à une prise de conscience, l'auteure lève l'interdit et exprime son féminisme qu'elle situe dans un contexte africain largement influencé par le Black feminism. Paru en 1978, La Parole aux Négresses suscite des axes de réflexion et ouvre des perspectives de libération de la femme noire. Il pose des questions essentielles concernant l'avenir du féminisme en Afrique ; le relire aujourd'hui permet de le situer avec plus de recul, ainsi que d'autres textes féministes africains et noirs américains, dans le contexte africain et mondial de sa parution.
EN :
The black feminist thought and the complexity of the issues it raises require a rereading of some black African authors of the third wave, as Speak out, Black Sisters : Feminism and Oppression in Black Africa by Senegalese anthropologist Awa Thiam, a pioneering work of African Black feminism. This essay shows the importance of African women speaking out in order to make the realities of their experiences heard and detect their woes. By inciting her African sisters to be aware of their condition, the author lifts the ban and expresses her feminism that she places in the African context and which is largely influenced by Black feminism. Published in 1978, Speak out, Black Sisters generates new ideas and opens up prospects for black women's liberation. It asks key questions about the future of feminism in Africa while its retro-reading revisits the African and global context of its publication, as well as other African feminist and black American texts.
o
"She was a remarkable woman" : l'héritage afro-féministe d'Efuru (1966) de Flora Nwapa dans Purple Hibiscus (2003) de Chimamanda Ngozi Adichie et Sky-High Flames (2005) d'Unoma Azuah
Cédric Courtois
p. 77-91
Résumé
FR :
Purple Hibiscus (2003) et Sky-High Flames (2005), premiers romans appartenant au genre du Bildungsroman des écrivaines nigérianes-igbo de la troisième génération Chimamanda Ngozi Adichie et Unoma Azuah, entrent en résonance avec Efuru (1966) de l'autrice nigériane-igbo Flora Nwapa. En ce début de xxie siècle, cette dernière demeure une figure littéraire tutélaire pour les écrivaines contemporaines qui s'y réfèrent plus ou moins implicitement. Adichie et Azuah, ouvertement féministes, dialoguent avec leur prédécesseure, laquelle occupait une position ambivalente vis-à-vis du féminisme, à l'instar de quelques-unes de ses contemporaines sur le continent. Réponse féminine, voire féministe à Things Fall Apart (1958) de Chinua Achebe, Efuru a permis le passage des femmes depuis les marges vers le centre de la narration et des considérations littéraires, ce qui a contribué à ce que les écrivaines actuelles - dont Adichie et Azuah - décrivent à leur tour des processus de construction identitaire féminins dans la société patriarcale nigériane-igbo.
EN :
Purple Hibiscus (2003) and Sky-High Flames (2005), two debut novels (belonging to the genre of the Bildungsroman) by third generation Nigerian-Igbo writers Chimamanda Ngozi Adichie and Unoma Azuah, resonate with Nigerian-Igbo author Flora Nwapa's Efuru (1966). At the beginning of the 21st century the latter remains a leading foundational figure for contemporary Nigerian-Igbo writers who refer to her more or less implicitly. Adichie and Azuah, who are openly feminist, dialogue with their predecessor, who was ambivalent regarding feminism, as were her female contemporaries on the continent. A feminine, or even feminist response to Chinua Achebe's Things Fall Apart (1958), Efuru enabled women and female-related issues to move from the margins to the centre of the narration and literary considerations, which allowed contemporary female writers - Adichie and Azuah among them - to describe in turn the processes of female identity construction within the Nigerian-Igbo patriarchal society.
Féminismes noirs au XXIe siècle : redéfinitions (troisième vague)
Aux États-Unis
o
Joan Morgan et le "féminisme hip-hop" : les enjeux d'une proposition pour son époque et pour la nôtre
Cyril Vettorato
p. 97-108
Résumé
FR :
L'ouvrage de Joan Morgan, When Chicken Heads Come Home to Roost (1999), a fait date dans la réflexion sur le hip-hop d'un point de vue féministe, au point de cristalliser autour de lui les promesses et paradoxes propres à l'expression de "féminisme hip-hop". En adoptant un double point de vue à la fois rétrospectif et spéculatif, cet article vise à replacer l'ouvrage de Morgan dans son contexte de parution tout en s'interrogeant sur les portes qu'il nous ouvre pour une réflexion ultérieure. L'émergence ici d'une voix présentée comme générationnelle, qui poursuit tout en les reformulant les revendications des "mères" africaines américaines des seventies, mérite d'être analysée dans sa spécificité états-unienne ; mais nous voyons aussi ce que nous pouvons tirer d'une lecture plus exploratoire de cet essai, ce qui nous mène à envisager avec Morgan le rôle possible de la culture dite "urbaine" comme contrepoint heuristique salvateur à la partialité élitiste qui menace le champ intellectuel.
EN :
Joan Morgan's book When Chicken Heads Come Home to Roost (1999) was a landmark in thinking about hip-hop from a feminist point of view, to the point of crystallizing around it the promises and paradoxes of the phrase "hip-hop feminism". Taking a perspective that is both contextual and speculative, this paper aims to replace Morgan's work in its original context while investigating the potential paths it opens for future reflection. The emergence of a voice presented as generational, which pursues yet reformulates the claims of the African American "mothers" of the seventies, deserves to be analyzed in the specificity of its US context ; but we also see what can be drawn from a more exploratory reading of this essay, which leads us to consider with Morgan the possible role of so-called "urban" culture as a welcome heuristic counterpoint to the elitist bias which threatens the intellectual field.
o
Bad Feminist ou l'éveil à la conscience de race et de genre chez Roxane Gay
Ahmed Mulla
p. 109-124
Résumé
FR :
Recueil hétéroclite d'articles et de chroniques de nature autobiographique, littéraire ou politique, Bad Feminist (2014) donne à lire les questionnements identitaires d'une jeune Américaine née de parents immigrés haïtiens. Universitaire, essayiste et auteure de fiction, Roxane Gay évoque la difficulté à se définir et, plus tard, à prendre position en tant que femme de couleur dans une Amérique où cette identité reste problématique. Elle interroge les représentations des femmes dans la littérature romanesque contemporaine et analyse la place des personnes de couleur dans les créations télévisuelles. Elle examine également, sous l'angle psychologique et mythologique, le désarroi des green girls qui se prêtent au jeu de la télé-réalité. Loin de tout sectarisme, Roxane Gay s'appuie sur des références diverses, y compris sur les icônes du mouvement féministe, pour composer sa propre version, imparfaite dit-elle, mais assumée, du féminisme.
EN :
A motley collection of articles and chronicles of an autobiographical, literary or political nature, Bad Feminist (2014) gives an insight into the questioning of identity of a young American woman born to Haitian immigrant parents. An academic, essayist and fiction writer, Roxane Gay discusses the difficulty of defining herself and, later, of taking a position as a woman of color in an America where this identity remains problematic. She questions the representations of women in contemporary fiction and analyses the place of people of color in television programs. She also examines, from a psychological and mythological point of view, the distress of the "green girls" who lend themselves to the game of reality TV. Far from any sectarianism, Roxane Gay relies on various references, some of them coming from icons of the feminist movement, to compose her own, imperfect but consciously embraced, version of feminism.
Au Brésil et en Afrique
o
Djamila Ribeiro et la place des féminismes noirs au Brésil
Giulia Manera
p. 127-143
Résumé
FR :
Djamila Ribeiro, journaliste, écrivaine et militante, est considérée comme une porte-parole du féminisme noir brésilien contemporain. Elle s'inscrit dans des mobilisations féministes croissantes qui, numériques ou non, suscitent l'intérêt des médias. Par son activité littéraire et éditoriale et sa présence sur les réseaux sociaux et dans les médias, l'auteure contribue à diffuser, voire à vulgariser, les savoirs noirs et postcoloniaux. La lecture de ses ouvrages, et notamment de Lugar de Fala (2017), essai traduit en France sous le titre La Place de la parole noire, révèle un ensemble de références intellectuelles qui ne sont pas circonscrites aux auteur-e-s brésilien-ne-s, mais incluent des textes fondateurs de la pensée féministe noire, états-unienne et globale. L'analyse des modèles théoriques de Djamila Ribeiro, ainsi que de la réception et de la circulation de ses ouvrages, permet de comprendre la posture intellectuelle et militante de cette figure marquante de la troisième vague féministe au Brésil.
EN :
Journalist, writer and activist Djamila Ribeiro is considered a pivotal figure in contemporary black Brazilian feminism. She is part of a moment marked by a growing mobilization, virtual but also real, accompanied by a renewed media interest in feminist struggles in Brazil. Through her literary and editorial activity and her presence on social networks and media, the author contributes to disseminate, and even popularize, black and post-colonial knowledge. The analysis of her books, in particular Lugar de Fala (2017), an essay translated in France under the title La Place de la parole noire, reveals a set of intellectual references that are not limited to Brazilian authors, but include founding texts of black feminist thought in the United States and globally. The analysis of Djamila Ribeiro's theoretical models, as well as of the reception and circulation of her works, allows us to understand the intellectual and militant posture of this prominent figure of the third feminist wave in Brazil.
o
Forms of Care: Chimamanda Ngozi Adichie's Americanah (2014), Agency, and Decolonial Feminism
Fiona McCann
p. 145-159
Résumé
EN :
This article explores feminist politics in Chimimanda Ngozi Adichie's Americanah and the ways in which it interlinks with forms of care. I tease out the author's engagement with intersectional feminism as well as her blind spots. I situate Adiche's work within the context of postcolonial, popular and decolonial feminism, unpacking the significance of hair and the more general question of agency. I then move to show that the poetics of care developed in the novel ultimately falls short of embracing a decolonial feminist stance due to the relative invisibility of the neo-colonial structures at work in contemporary Nigeria.
FR :
Cet article explore la politique féministe telle qu'elle est représentée dans le roman Americanah de Chimamanda Ngozi Adichie, ainsi que la manière dont ce féminisme s'entremêle avec des formes de care. Je cerne les contours de l'engagement affiché de l'autrice pour le féminisme intersectionnel, tout en pointant quelques angles morts. Après avoir situé l'oeuvre d'Adichie dans le contexte des féminismes postcolonial, populaire et décolonial, j'étudie l'importance des cheveux et la question plus générale de l'agentivité. Dans la dernière partie, je démontre que la poétique du care développée dans le roman n'adhère pas totalement au féminisme décolonial en raison de l'invisibilité relative des structures néo-coloniales à l'oeuvre au Nigeria pendant la période contemporaine.
Hommages
o
Hommage à Daniel Delas
Le comité de rédaction, Pierre Halen, Serge Martin, Jean-Louis Chiss, Patrice Nganang, Jean Verrier, Jacques Darras et Florence Paravy
p. 163-176
o
François Guiyoba, universitaire, ami et mentor : in memoriam
Pierre Halen, Chantal Bonono, Kisito Hona et Robert Fotsing
p. 177-178
Varias
o
Amadou Hampâté Bâ (1901-1991) and Mohandas Karamchand Gandhi (1869-1948): Two Apostles of Tolerance
Kusum Aggarwal
p. 181-197
Résumé
EN :
Hampâté Bâ and Gandhi, two thinkers emblematic of two distinct geographical, historical, cultural and religious locations exhibit commonalities that are thought provoking. Both demonstrate a common penchant for principles of tolerance and human dignity for all people, across barriers of caste, color and creed. Understandably, both came to be seen internationally as men of wisdom, as free spirits, resolute even in the face of their unsettling times. Indisputably, the path the two men chose reveals glaring dissimilarities : Gandhi, more than Hampâté Bâ, represented a challenge for the colonial administration. Yet what unites them, however, is their shared experience of territorial colonization, closely documented in their autobiographies, but also the ways in which both constructed their ideas of tolerance in conjunction with strands of Western thought. Alternately reading them together and against each other, this essay seeks to uncover the imbrications that connect their trajectory and their thinking.
FR :
Hampâté Bâ et Gandhi, deux penseurs emblématiques issus de deux lieux très distincts sur les plans géographique, historique, culturel et religieux, manifestent des convergences qui incitent à la réflexion. Ils font montre tous les deux d'un penchant pour les principes de la tolérance et de la dignité humaine envers tous les peuples, au-delà des barrières de caste, de couleur et de convictions. Tous deux étaient, on le sait, reconnus internationalement comme des hommes de sagesse, des esprits libres, résolus même face aux vicissitudes définissant leur situation. Incontestablement, la voie que ces deux hommes choisirent révèle d'importantes dissemblances : Gandhi, plus que Hampâté Bâ, représentait un défi pour l'administration coloniale. Cependant, ils partagent l'expérience de la colonisation territoriale, qu'ils ont documentée dans leurs autobiographies, mais aussi une réflexion sur la tolérance en conjonction avec des courants de pensée occidentaux. Les lisant ensemble, l'un avec l'autre et l'un contre l'autre, cet essai cherche à dévoiler les imbrications qui relient leur trajectoire et leur mode de penser.
o
Le "Sud" face à ses clichés : un regard du Brésil sur l'Afrique
Mirella Botaro
p. 199-215
Résumé
FR :
Cet article propose d'analyser l'usage de stéréotypes raciaux dans Verre Cassé (2005) d'Alain Mabanckou et Pelourinho (1995) de Tierno Monénembo, afin d'observer ensuite les effets de sens qu'ils produisent une fois traduits au Brésil. Certaines catégories essentialistes concernant la "race" ou l'"identité" semblent parfois être disloquées par les opérations de traduction, grâce notamment au potentiel d'interprétation des lecteurs visés.
EN :
This article proposes an analysis of the usage of racist stereotypes in the novels Verre Cassé (2005), by Alain Mabanckou and Pelourinho (1995), by Tierno Monénembo, so as to observe the new meanings they produce once translated in Brazil. Some essentialist categories involving "race" or "identity" sometimes seem out of place after being translated, due most notably to the interpretation potential available to the target reader.
o
La situation paratopique de deux écrivaines : Fatou Diome (Impossible de grandir) et Fabienne Kanor (Je ne suis pas un homme qui pleure)
Stéphanie Rebeix
p. 217-230
Résumé
FR :
Je ne suis pas un homme qui pleure (2016) et Impossible de grandir (2013) exposent la façon dont le sentiment d'imposture, qui a longtemps entravé la vie des deux autrices, s'est progressivement mué en force créatrice. Cette situation paradoxale, ou entre-deux paratopique selon les termes définis par Dominique Maingueneau, est ainsi investie et transformée par Fatou Diome et Fabienne Kanor au fil de leurs récits respectifs. L'écriture devient alors un lieu intime et privilégié, espace fictif dans lequel s'exerce enfin la légitimité de femme et d'autrice que la société leur refusait jusqu'alors en les assignant à un rôle ou à des postures qu'elles récusaient.
EN :
Je ne suis pas un homme qui pleure (2016) and Impossible de grandir (2013) outline how the sense of imposture of both authors went progressively from hinder to creative force. This paradoxical situation, or paratopic in-between if considering the terms defined by Dominique Maingueneau, is in this way invested and transformed by Fatou Diome and Fabienne Kanor in the course of their respective stories. Writing then becomes an intimate and privileged place, a fictitious one where their legitimacy of woman and author can finally be exercised, after being denied by the society until then. Indeed, both authors were assigned to a role or postures they were rejecting.
o
La figure d'ọgbanje entre monstruosité métamorphosée et métamorphose monstrueuse : une lecture postcoloniale du genre hybride dans Freshwater d'Akwaeke Emezi
Flora Roussel
p. 231-247
Résumé
FR :
Freshwater (2018), premier roman d'Akwaeke Emezi, place sa protagoniste, Ada, au sein de la cosmologie igbo par son incarnation d'ọgbanje, enfants esprits. De cette identité multiple découle une lecture postcoloniale des questions de monstruosité et de métamorphose, dans une danse haletante des mots et des maux sur fond de rythmes féministes et queer. S'appuyant sur la théorie de la relationnalité dans la philosophie africaine subsaharienne et sur la notion d'affect développée par Sara Ahmed, l'article explique en quoi la figure d'ọgbanje permet la re/naissance d'un genre hybride postcolonial en analysant d'abord sa posture ambivalente entre traditions et modernités, et ensuite son jeu corporel entre injonctions et résistances.
EN :
Akwaeke Emezi's debut novel Freshwater (2018) places its protagonist, Ada, in the midst of Igbo cosmology through her embodiment of ọgbanje, children spirits. From this multiple identity ensues an interesting postcolonial reading of questions about monstrosity and metamorphosis in a gripped dance of words and wounds with feminist and queer rhythms. Aligned with the theory of relationality in sub-Saharan African philosophy and of Sara Ahmed's notion of affect, this paper explains how the ọgbanje figure enables the re/birth of a hybrid postcolonial genre/gender by analyzing first its ambivalent position between tradition and modernity and second its bodily play between injunction and resistance.
Comptes rendus
o
ARNOLD (Albert James), La Littérature antillaise entre histoire et mémoire : 1935-1995. Paris : Classiques Garnier, coll. Bibliothèques francophones, n°9, 2020, 354 p. - ISBN 978-2-406-09150-9
Alice Desquilbet
p. 251-252
o
BANYWESIZE (Emmanuel), éd., Hommage à Julien Kilanga Musinde : la traversée des mondes. Paris : Éditions du Cygne, coll. Portraits littéraires, 2020, 210 p. - ISBN 978-2-849-24616-0
Pierre Halen
p. 252-254
o
CARILE (Paolo), Écritures de l'ailleurs : négociants, émigrés, missionnaires et galériens. Préface de Marc Cheymol. Paris : L'Harmattan ; Rome : Tab, 2019, 288 p. - ISBN 978-2-343-19136-2
Kusum Aggarwal
p. 254-255
o
CELLA (Simona), QUADRATI (Cinzia), dir., Djibril Diop Mambéty ou le voyage de la hyène. Préface de Martin Scorsese. Paris : L'Harmattan, coll. Images plurielles, 2020, 182 p. - ISBN 978-2-343-20871-8
Alice Chaudemanche
p. 256-257
o
CIRIEZ (Frédéric), LAMY (Romain), Frantz Fanon. Paris : La Découverte, 2020, 231 p., ill. en couleur - ISBN 978-2-707-19890-7
Dominique Ranaivoson
p. 257-260
o
COMPAN (Magali), Îles intimes : expression de l'îléité dans l'océan Indien francophone. Villeneuve-d'Ascq : Presses universitaires du Septentrion, coll. Littératures, 2020, 204 p. - ISBN 978-2-757-43174-0
Dominique Ranaivoson
p. 260-261
o
COSKER (Christophe), Nassur Attoumani : un ironiste de l'océan Indien. Saint-Denis (La Réunion) : Presses universitaires indianocéaniques, 2019, 276 p. - ISBN 978-2-490-59615-7
Dominique Ranaivoson
p. 261-263
o
DEPESTRE (René), Cahier d'un art de vivre : Cuba, 1964-1978. Édition établie, préfacée et annotée par Serge et Marie Bourjea. Arles : Actes Sud, coll. Archives privées, 2020, 315 p.-[24] p., ill. en couleur - ISBN 978-2-330-14082-3
Ninon Chavoz
p. 263-265
o
GODDIN (Philippe), Les Tribulations de Tintin au Congo : monographie de Philippe Goddin. [en même temps que]Hergé. Tintin au Congo : 1940-1941, version inédite. [Bruxelles] : Éd. Moulinsart ; [Bruxelles] ; [Paris] : Casterman, 2018, 223 p., ill. en coul. - ISBN 978-2-203-19215-7
Pierre Halen
p. 265-268
o
GREILICH (Susanne), LÜSEBRINK (Hans-Jürgen), dir., Écrire l'encyclopédisme, du xviiie siècle à nos jours. Paris : Classiques Garnier, coll. Rencontres, n°467, Série : le dix-huitième siècle, n°34, 2020, 416 p. - ISBN 978-2-406-10098-0
Ninon Chavoz
p. 268-270
o
HOUËL (Drasta), Cruautés et tendresses : vieilles moeurs coloniales françaises ; précédé de Les Vies légères : évocations antillaises. Présentation de Roger Little, avec la collaboration d'Isabelle Gratiant. Paris : L'Harmattan, coll. Autrement mêmes, 2020, xxxviii-248 p. - ISBN 978-2-343-19419-6
Thérèse De Raedt
p. 270-271
o
KASSAB-CHARFI (Samia), KHEDHER (Adel), Un siècle de littérature en Tunisie : 1900-2017. Paris : Honoré Champion éditeur, coll. Poétiques et esthétiques xxe-xxie siècles, n°40, 2019, 548 p. - ISBN 978-2-745-35069-5
Paul Dirkx
p. 272-273
o
KONÉ (Guiba), L'Espace africain postcolonial dans le roman français contemporain. Préface de Jean-Francis Ékoungoun. Paris : L'Harmattan, coll. Critiques littéraires, 2020, 344 p. - ISBN 978-2-343-20202-0
Laude Ngadi Maïssa
p. 273-275
o
LACASCADE (Renée), PÉRYE(André), L'Île qui meurt : roman guadeloupéen. Présentation de Roger Little, avec la coll. d'Emmanuelle Gall. Paris : L'Harmattan, coll. Autrement mêmes, n°151, 2020, xxxviii-181 p. - ISBN 978-2-343-20375-1
Tina Harpin
p. 275-277
o
LAZALI (Karima), Le Trauma colonial : une enquête sur les effets psychiques et politiques contemporains de l'oppression coloniale en Algérie. Paris : La Découverte, 2018, 278 p. - ISBN 978-2-707-19916-4
Florence Lhote
p. 277-279
o
NIXON (Rob), Slow Violence and the Environmentalism of the Poor [2011]. Cambridge (MA) ; London : Harvard University Press, 2013, xiii-353 p. - ISBN 978-0-674-07234-3
Xavier Garnier
p. 279-281
o
RASOAMANANA (Linda), Pratiques et imaginaires des mangroves de Mayotte dans les littératures francophones contemporaines : approche géocritique. Paris : Pétra, 2020, 178 p. - ISBN 978-2-847-43271-8
Dominique Ranaivoson
p. 281-283
o
RENDERS (Luc), DEWULF (Jeroen), eds., The Congo in Flemish Literature : An Anthology of Flemish Prose on the Congo, 1870s - 1990s. Translated by Grady Tarplee, with the assistance of L. DuLac. Leuven : Leuven University Press, 2020, 190 p. - ISBN 978-9-462-70217-2
Pierre Boizette
p. 284-285
o
RICCI (Daniela), THACKWAY (Melissa), CRÉMIEUX (Anne), RÉMILLET (Gilles), dir., Traversées, frontières et circulations dans les films d'Afrique et ses diasporas. Paris : Classiques Garnier, (= Écrans, 2018, 2e an., n°10), 2020, 176 p. - ISBN 978-2-406-09835-5
Thérèse De Raedt
p. 285-286
o
SIMA EYI (Hémery-Hervais), La Vie littéraire au Gabon, ses acteurs institutionnels, ses instances de médiation et de légitimation et ses enjeux. Libreville : Symphonia éditeur (BP 9691 Libreville), 2020, 344 p. - ISBN 979-8-692-56004-9
Pierre Halen
p. 286-290
o
TOGOLA (Adama), Poétique et savoirs du polar d'Afrique francophone. Paris : L'Harmattan, coll. Sang maudit, 2020, 254 p. - ISBN 978-2-343-20854-1
Désiré Nyela
p. 290-291
o
WANE (Ibrahima), MBAYE (Saliou), dir., Le 1er Festival mondial des arts nègres : mémoire et actualité. Paris : L'Harmattan ; Dakar : Cacsen, coll. Harmattan Sénégal, 2020, 364 p. - ISBN 978-2-343-20553-3
Elara Bertho
p. 292-294
Revues
o
Interculturel francophonies, n°36 (David Jaomanoro : Madagascar-Mayotte, d'une île l'autre, dir. Dominique Ranaivoson), novembre-décembre 2019, 165 p. - ISBN 978-8-895-34335-8
Bernard De Meyer
p. 294-296
o
Research in African Literatures, (Bloomington : Indiana University Press), vol. 51, n°1 (African Audiences : Making Meaning across Media, dir. Ruth Bush & Claire Ducournau), printemps 2020, xv-188 p. - ISSN 1527-2044
Edoardo Cagnan
p. 296-298
o
African Literature Today, (Rochester : Boydell & Brewer, dir. Ernest N. Emenyonu), n°37 (50), 2019, xx-234 p. - ISBN 978-1-847-01234-0
Aurélie Journo
p. 298-300
Thèses soutenues
o
Thèses soutenues
Delphine Abadie, Émeline Baudet, Bénédicte Boka Epi, Cédric Courtois, Alice Desquilbet, Alfred Djossou Agboadannon Koumagnon, Sandrine Joëlle Eyang Eyeyong, Rym Khene, Bo-Hyun Kim, Anouchka Stevellia Moussavou Nyama, Cécile Élisa Ngo Mode, João Vicente Pereira Neto et Ana Filomena Severino Pacheco Mariano
p. 303-311
Dossier
o
Féminismes noirs afro-américains et africains : de la (re)lecture comme pratique critique
Tina Harpin et Claudine Raynaud
p. 7-24
Féminismes noirs américains : relectures (seconde vague)
o
Activiste, révolutionnaire, féministe : Angela Davis et le féminisme noir
Tina Harpin
p. 27-42
Résumé
FR :
Icône du Black Power et de la Révolution dans les années 1970, Angela Davis est une figure incontournable de l'activisme et du féminisme, toujours engagée dans la lutte pour la justice sociale. Cet article vise à cerner la place de cette intellectuelle militante au sein du féminisme noir américain. Effectivement, Angela Davis s'est plutôt définie comme révolutionnaire ou communiste noire que comme "féministe noire". Néanmoins, ses écrits, indissociables de ses combats, ont indéniablement participé à l'affirmation du féminisme noir : nous le montrons en analysant son autobiographie et ses recherches sur les femmes noires. Angela Davis a inspiré le féminisme noir et y a contribué par son activisme révolutionnaire et par sa praxis pionnière de l'intersectionnalité, concept et approche qu'elle continue de défendre contre un féminisme qualifié de "bourgeois". Toutefois, elle dépasse aussi le féminisme noir dans une certaine mesure, en se plaçant à l'avant-poste d'un féminisme révolutionnaire internationaliste et radical qui se dit "abolitionniste" (du système carcéral).
EN :
Black Power and revolutionary icon of the seventies, Angela Davis is a key figure in activism and feminism who is still engaged in the battle for social justice. This article aims to outline this radical intellectual's place in American Black feminism. Indeed, Angela Davis has been more apt to define herself as a Black revolutionary or a Communist than as a "Black feminist". Nevertheless, her writings, inextricably tied to her struggles, have participated in the affirmation of Black feminism, which we demonstrate by analyzing her autobiography and her research on Black women. Davis has been a source of inspiration for the Black Feminist movement and has contributed to it through her revolutionary activism and by leading the way with an intersectional praxis, an approach that she continues to defend against "bourgeois" feminism. Nonetheless, she also goes beyond Black feminism to a certain extent, by being at the cutting edge of a revolutionary radical and internationalist feminism movement, which has been called "abolitionist" (in reference to carceral abolitionism).
o
"Ce que je laisse derrière moi a une vie propre" : l'héritage intellectuel et militant d'Audre Lorde
Claudine Raynaud
p. 43-59
Résumé
FR :
Poétesse guerrière, Audre Lorde (1934-1992) s'auto-définit comme "Noire, lesbienne, féministe, mère, amante, poète". Cet essai synthétise l'intervention politique féministe noire de l'écrivaine comme une pensée des différences et esquisse les contours de son héritage militant radical et lesbien. Promoteurs avant l'heure de la notion d'intersectionnalité, ses discours mobilisateurs exhortent à l'action. Lorde interroge le racisme des féministes blanches, pousse les femmes à forger leurs propres concepts, à dialoguer pour comprendre leurs différences. Elle réhabilite les émotions (la colère, la peur) et la force de l'érotisme. Mobilisatrice des féministes afro-allemandes, Lorde s'est engagée contre l'apartheid. De nombreuses organisations se placent résolument dans son sillage. On note son influence chez les poétesses noires américaines contemporaines, comme Claudia Rankine, alors que son apport théorique majeur, entre pensée radicale et théorie queer, réside dans l'affirmation de soi (empowerment), concept développé par Patricia Hill Collins, et le renforcement des coalitions.
EN :
Warrior poet Audre Lorde (1934-1992) defines herself as "Black, lesbian, feminist, mother, lover, poet". This essay synthesizes the writer's black feminist political intervention - i.e., thinking differences - and sketches the contours of her militant radical lesbian legacy. Promoting before the hour the notion of intersectionality, her rallying speeches call for action. Lorde questions white feminists' racism, pushes women to forge their own concepts and enter a dialogue to understand their differences. She rehabilitates feelings (anger, fear) and the power of the erotic. She mobilized Afro-German women and fought apartheid. Numerous organizations resolutely follow in her wake. Her influence can be noted on contemporary Black American poetesses, such as Claudia Rankine, whereas her major theoretical contribution, between radical thought and queer theory, resides in the notion of empowerment, later developed by Patricia Hill Collins, and coalition building.
Féminismes africains : paroles pionnières (seconde vague)
o
La Parole aux Négresses d'Awa Thiam : relecture d'une oeuvre pionnière du féminisme africain
Coudy Kane
p. 63-75
Résumé
FR :
La réflexion du féminisme noir et la complexité des enjeux concernés nous invitent à relire les oeuvres de certaines auteures noires africaines de la troisième vague, comme La Parole aux Négresses de l'anthropologue sénégalaise Awa Thiam, une oeuvre pionnière du féminisme noir africain. Cet ouvrage montre l'importance de la prise de parole par les femmes africaines en vue de faire entendre les réalités de leur vécu et de mettre au jour les maux dont elles souffrent. En incitant ses soeurs africaines à une prise de conscience, l'auteure lève l'interdit et exprime son féminisme qu'elle situe dans un contexte africain largement influencé par le Black feminism. Paru en 1978, La Parole aux Négresses suscite des axes de réflexion et ouvre des perspectives de libération de la femme noire. Il pose des questions essentielles concernant l'avenir du féminisme en Afrique ; le relire aujourd'hui permet de le situer avec plus de recul, ainsi que d'autres textes féministes africains et noirs américains, dans le contexte africain et mondial de sa parution.
EN :
The black feminist thought and the complexity of the issues it raises require a rereading of some black African authors of the third wave, as Speak out, Black Sisters : Feminism and Oppression in Black Africa by Senegalese anthropologist Awa Thiam, a pioneering work of African Black feminism. This essay shows the importance of African women speaking out in order to make the realities of their experiences heard and detect their woes. By inciting her African sisters to be aware of their condition, the author lifts the ban and expresses her feminism that she places in the African context and which is largely influenced by Black feminism. Published in 1978, Speak out, Black Sisters generates new ideas and opens up prospects for black women's liberation. It asks key questions about the future of feminism in Africa while its retro-reading revisits the African and global context of its publication, as well as other African feminist and black American texts.
o
"She was a remarkable woman" : l'héritage afro-féministe d'Efuru (1966) de Flora Nwapa dans Purple Hibiscus (2003) de Chimamanda Ngozi Adichie et Sky-High Flames (2005) d'Unoma Azuah
Cédric Courtois
p. 77-91
Résumé
FR :
Purple Hibiscus (2003) et Sky-High Flames (2005), premiers romans appartenant au genre du Bildungsroman des écrivaines nigérianes-igbo de la troisième génération Chimamanda Ngozi Adichie et Unoma Azuah, entrent en résonance avec Efuru (1966) de l'autrice nigériane-igbo Flora Nwapa. En ce début de xxie siècle, cette dernière demeure une figure littéraire tutélaire pour les écrivaines contemporaines qui s'y réfèrent plus ou moins implicitement. Adichie et Azuah, ouvertement féministes, dialoguent avec leur prédécesseure, laquelle occupait une position ambivalente vis-à-vis du féminisme, à l'instar de quelques-unes de ses contemporaines sur le continent. Réponse féminine, voire féministe à Things Fall Apart (1958) de Chinua Achebe, Efuru a permis le passage des femmes depuis les marges vers le centre de la narration et des considérations littéraires, ce qui a contribué à ce que les écrivaines actuelles - dont Adichie et Azuah - décrivent à leur tour des processus de construction identitaire féminins dans la société patriarcale nigériane-igbo.
EN :
Purple Hibiscus (2003) and Sky-High Flames (2005), two debut novels (belonging to the genre of the Bildungsroman) by third generation Nigerian-Igbo writers Chimamanda Ngozi Adichie and Unoma Azuah, resonate with Nigerian-Igbo author Flora Nwapa's Efuru (1966). At the beginning of the 21st century the latter remains a leading foundational figure for contemporary Nigerian-Igbo writers who refer to her more or less implicitly. Adichie and Azuah, who are openly feminist, dialogue with their predecessor, who was ambivalent regarding feminism, as were her female contemporaries on the continent. A feminine, or even feminist response to Chinua Achebe's Things Fall Apart (1958), Efuru enabled women and female-related issues to move from the margins to the centre of the narration and literary considerations, which allowed contemporary female writers - Adichie and Azuah among them - to describe in turn the processes of female identity construction within the Nigerian-Igbo patriarchal society.
Féminismes noirs au XXIe siècle : redéfinitions (troisième vague)
Aux États-Unis
o
Joan Morgan et le "féminisme hip-hop" : les enjeux d'une proposition pour son époque et pour la nôtre
Cyril Vettorato
p. 97-108
Résumé
FR :
L'ouvrage de Joan Morgan, When Chicken Heads Come Home to Roost (1999), a fait date dans la réflexion sur le hip-hop d'un point de vue féministe, au point de cristalliser autour de lui les promesses et paradoxes propres à l'expression de "féminisme hip-hop". En adoptant un double point de vue à la fois rétrospectif et spéculatif, cet article vise à replacer l'ouvrage de Morgan dans son contexte de parution tout en s'interrogeant sur les portes qu'il nous ouvre pour une réflexion ultérieure. L'émergence ici d'une voix présentée comme générationnelle, qui poursuit tout en les reformulant les revendications des "mères" africaines américaines des seventies, mérite d'être analysée dans sa spécificité états-unienne ; mais nous voyons aussi ce que nous pouvons tirer d'une lecture plus exploratoire de cet essai, ce qui nous mène à envisager avec Morgan le rôle possible de la culture dite "urbaine" comme contrepoint heuristique salvateur à la partialité élitiste qui menace le champ intellectuel.
EN :
Joan Morgan's book When Chicken Heads Come Home to Roost (1999) was a landmark in thinking about hip-hop from a feminist point of view, to the point of crystallizing around it the promises and paradoxes of the phrase "hip-hop feminism". Taking a perspective that is both contextual and speculative, this paper aims to replace Morgan's work in its original context while investigating the potential paths it opens for future reflection. The emergence of a voice presented as generational, which pursues yet reformulates the claims of the African American "mothers" of the seventies, deserves to be analyzed in the specificity of its US context ; but we also see what can be drawn from a more exploratory reading of this essay, which leads us to consider with Morgan the possible role of so-called "urban" culture as a welcome heuristic counterpoint to the elitist bias which threatens the intellectual field.
o
Bad Feminist ou l'éveil à la conscience de race et de genre chez Roxane Gay
Ahmed Mulla
p. 109-124
Résumé
FR :
Recueil hétéroclite d'articles et de chroniques de nature autobiographique, littéraire ou politique, Bad Feminist (2014) donne à lire les questionnements identitaires d'une jeune Américaine née de parents immigrés haïtiens. Universitaire, essayiste et auteure de fiction, Roxane Gay évoque la difficulté à se définir et, plus tard, à prendre position en tant que femme de couleur dans une Amérique où cette identité reste problématique. Elle interroge les représentations des femmes dans la littérature romanesque contemporaine et analyse la place des personnes de couleur dans les créations télévisuelles. Elle examine également, sous l'angle psychologique et mythologique, le désarroi des green girls qui se prêtent au jeu de la télé-réalité. Loin de tout sectarisme, Roxane Gay s'appuie sur des références diverses, y compris sur les icônes du mouvement féministe, pour composer sa propre version, imparfaite dit-elle, mais assumée, du féminisme.
EN :
A motley collection of articles and chronicles of an autobiographical, literary or political nature, Bad Feminist (2014) gives an insight into the questioning of identity of a young American woman born to Haitian immigrant parents. An academic, essayist and fiction writer, Roxane Gay discusses the difficulty of defining herself and, later, of taking a position as a woman of color in an America where this identity remains problematic. She questions the representations of women in contemporary fiction and analyses the place of people of color in television programs. She also examines, from a psychological and mythological point of view, the distress of the "green girls" who lend themselves to the game of reality TV. Far from any sectarianism, Roxane Gay relies on various references, some of them coming from icons of the feminist movement, to compose her own, imperfect but consciously embraced, version of feminism.
Au Brésil et en Afrique
o
Djamila Ribeiro et la place des féminismes noirs au Brésil
Giulia Manera
p. 127-143
Résumé
FR :
Djamila Ribeiro, journaliste, écrivaine et militante, est considérée comme une porte-parole du féminisme noir brésilien contemporain. Elle s'inscrit dans des mobilisations féministes croissantes qui, numériques ou non, suscitent l'intérêt des médias. Par son activité littéraire et éditoriale et sa présence sur les réseaux sociaux et dans les médias, l'auteure contribue à diffuser, voire à vulgariser, les savoirs noirs et postcoloniaux. La lecture de ses ouvrages, et notamment de Lugar de Fala (2017), essai traduit en France sous le titre La Place de la parole noire, révèle un ensemble de références intellectuelles qui ne sont pas circonscrites aux auteur-e-s brésilien-ne-s, mais incluent des textes fondateurs de la pensée féministe noire, états-unienne et globale. L'analyse des modèles théoriques de Djamila Ribeiro, ainsi que de la réception et de la circulation de ses ouvrages, permet de comprendre la posture intellectuelle et militante de cette figure marquante de la troisième vague féministe au Brésil.
EN :
Journalist, writer and activist Djamila Ribeiro is considered a pivotal figure in contemporary black Brazilian feminism. She is part of a moment marked by a growing mobilization, virtual but also real, accompanied by a renewed media interest in feminist struggles in Brazil. Through her literary and editorial activity and her presence on social networks and media, the author contributes to disseminate, and even popularize, black and post-colonial knowledge. The analysis of her books, in particular Lugar de Fala (2017), an essay translated in France under the title La Place de la parole noire, reveals a set of intellectual references that are not limited to Brazilian authors, but include founding texts of black feminist thought in the United States and globally. The analysis of Djamila Ribeiro's theoretical models, as well as of the reception and circulation of her works, allows us to understand the intellectual and militant posture of this prominent figure of the third feminist wave in Brazil.
o
Forms of Care: Chimamanda Ngozi Adichie's Americanah (2014), Agency, and Decolonial Feminism
Fiona McCann
p. 145-159
Résumé
EN :
This article explores feminist politics in Chimimanda Ngozi Adichie's Americanah and the ways in which it interlinks with forms of care. I tease out the author's engagement with intersectional feminism as well as her blind spots. I situate Adiche's work within the context of postcolonial, popular and decolonial feminism, unpacking the significance of hair and the more general question of agency. I then move to show that the poetics of care developed in the novel ultimately falls short of embracing a decolonial feminist stance due to the relative invisibility of the neo-colonial structures at work in contemporary Nigeria.
FR :
Cet article explore la politique féministe telle qu'elle est représentée dans le roman Americanah de Chimamanda Ngozi Adichie, ainsi que la manière dont ce féminisme s'entremêle avec des formes de care. Je cerne les contours de l'engagement affiché de l'autrice pour le féminisme intersectionnel, tout en pointant quelques angles morts. Après avoir situé l'oeuvre d'Adichie dans le contexte des féminismes postcolonial, populaire et décolonial, j'étudie l'importance des cheveux et la question plus générale de l'agentivité. Dans la dernière partie, je démontre que la poétique du care développée dans le roman n'adhère pas totalement au féminisme décolonial en raison de l'invisibilité relative des structures néo-coloniales à l'oeuvre au Nigeria pendant la période contemporaine.
Hommages
o
Hommage à Daniel Delas
Le comité de rédaction, Pierre Halen, Serge Martin, Jean-Louis Chiss, Patrice Nganang, Jean Verrier, Jacques Darras et Florence Paravy
p. 163-176
o
François Guiyoba, universitaire, ami et mentor : in memoriam
Pierre Halen, Chantal Bonono, Kisito Hona et Robert Fotsing
p. 177-178
Varias
o
Amadou Hampâté Bâ (1901-1991) and Mohandas Karamchand Gandhi (1869-1948): Two Apostles of Tolerance
Kusum Aggarwal
p. 181-197
Résumé
EN :
Hampâté Bâ and Gandhi, two thinkers emblematic of two distinct geographical, historical, cultural and religious locations exhibit commonalities that are thought provoking. Both demonstrate a common penchant for principles of tolerance and human dignity for all people, across barriers of caste, color and creed. Understandably, both came to be seen internationally as men of wisdom, as free spirits, resolute even in the face of their unsettling times. Indisputably, the path the two men chose reveals glaring dissimilarities : Gandhi, more than Hampâté Bâ, represented a challenge for the colonial administration. Yet what unites them, however, is their shared experience of territorial colonization, closely documented in their autobiographies, but also the ways in which both constructed their ideas of tolerance in conjunction with strands of Western thought. Alternately reading them together and against each other, this essay seeks to uncover the imbrications that connect their trajectory and their thinking.
FR :
Hampâté Bâ et Gandhi, deux penseurs emblématiques issus de deux lieux très distincts sur les plans géographique, historique, culturel et religieux, manifestent des convergences qui incitent à la réflexion. Ils font montre tous les deux d'un penchant pour les principes de la tolérance et de la dignité humaine envers tous les peuples, au-delà des barrières de caste, de couleur et de convictions. Tous deux étaient, on le sait, reconnus internationalement comme des hommes de sagesse, des esprits libres, résolus même face aux vicissitudes définissant leur situation. Incontestablement, la voie que ces deux hommes choisirent révèle d'importantes dissemblances : Gandhi, plus que Hampâté Bâ, représentait un défi pour l'administration coloniale. Cependant, ils partagent l'expérience de la colonisation territoriale, qu'ils ont documentée dans leurs autobiographies, mais aussi une réflexion sur la tolérance en conjonction avec des courants de pensée occidentaux. Les lisant ensemble, l'un avec l'autre et l'un contre l'autre, cet essai cherche à dévoiler les imbrications qui relient leur trajectoire et leur mode de penser.
o
Le "Sud" face à ses clichés : un regard du Brésil sur l'Afrique
Mirella Botaro
p. 199-215
Résumé
FR :
Cet article propose d'analyser l'usage de stéréotypes raciaux dans Verre Cassé (2005) d'Alain Mabanckou et Pelourinho (1995) de Tierno Monénembo, afin d'observer ensuite les effets de sens qu'ils produisent une fois traduits au Brésil. Certaines catégories essentialistes concernant la "race" ou l'"identité" semblent parfois être disloquées par les opérations de traduction, grâce notamment au potentiel d'interprétation des lecteurs visés.
EN :
This article proposes an analysis of the usage of racist stereotypes in the novels Verre Cassé (2005), by Alain Mabanckou and Pelourinho (1995), by Tierno Monénembo, so as to observe the new meanings they produce once translated in Brazil. Some essentialist categories involving "race" or "identity" sometimes seem out of place after being translated, due most notably to the interpretation potential available to the target reader.
o
La situation paratopique de deux écrivaines : Fatou Diome (Impossible de grandir) et Fabienne Kanor (Je ne suis pas un homme qui pleure)
Stéphanie Rebeix
p. 217-230
Résumé
FR :
Je ne suis pas un homme qui pleure (2016) et Impossible de grandir (2013) exposent la façon dont le sentiment d'imposture, qui a longtemps entravé la vie des deux autrices, s'est progressivement mué en force créatrice. Cette situation paradoxale, ou entre-deux paratopique selon les termes définis par Dominique Maingueneau, est ainsi investie et transformée par Fatou Diome et Fabienne Kanor au fil de leurs récits respectifs. L'écriture devient alors un lieu intime et privilégié, espace fictif dans lequel s'exerce enfin la légitimité de femme et d'autrice que la société leur refusait jusqu'alors en les assignant à un rôle ou à des postures qu'elles récusaient.
EN :
Je ne suis pas un homme qui pleure (2016) and Impossible de grandir (2013) outline how the sense of imposture of both authors went progressively from hinder to creative force. This paradoxical situation, or paratopic in-between if considering the terms defined by Dominique Maingueneau, is in this way invested and transformed by Fatou Diome and Fabienne Kanor in the course of their respective stories. Writing then becomes an intimate and privileged place, a fictitious one where their legitimacy of woman and author can finally be exercised, after being denied by the society until then. Indeed, both authors were assigned to a role or postures they were rejecting.
o
La figure d'ọgbanje entre monstruosité métamorphosée et métamorphose monstrueuse : une lecture postcoloniale du genre hybride dans Freshwater d'Akwaeke Emezi
Flora Roussel
p. 231-247
Résumé
FR :
Freshwater (2018), premier roman d'Akwaeke Emezi, place sa protagoniste, Ada, au sein de la cosmologie igbo par son incarnation d'ọgbanje, enfants esprits. De cette identité multiple découle une lecture postcoloniale des questions de monstruosité et de métamorphose, dans une danse haletante des mots et des maux sur fond de rythmes féministes et queer. S'appuyant sur la théorie de la relationnalité dans la philosophie africaine subsaharienne et sur la notion d'affect développée par Sara Ahmed, l'article explique en quoi la figure d'ọgbanje permet la re/naissance d'un genre hybride postcolonial en analysant d'abord sa posture ambivalente entre traditions et modernités, et ensuite son jeu corporel entre injonctions et résistances.
EN :
Akwaeke Emezi's debut novel Freshwater (2018) places its protagonist, Ada, in the midst of Igbo cosmology through her embodiment of ọgbanje, children spirits. From this multiple identity ensues an interesting postcolonial reading of questions about monstrosity and metamorphosis in a gripped dance of words and wounds with feminist and queer rhythms. Aligned with the theory of relationality in sub-Saharan African philosophy and of Sara Ahmed's notion of affect, this paper explains how the ọgbanje figure enables the re/birth of a hybrid postcolonial genre/gender by analyzing first its ambivalent position between tradition and modernity and second its bodily play between injunction and resistance.
Comptes rendus
o
ARNOLD (Albert James), La Littérature antillaise entre histoire et mémoire : 1935-1995. Paris : Classiques Garnier, coll. Bibliothèques francophones, n°9, 2020, 354 p. - ISBN 978-2-406-09150-9
Alice Desquilbet
p. 251-252
o
BANYWESIZE (Emmanuel), éd., Hommage à Julien Kilanga Musinde : la traversée des mondes. Paris : Éditions du Cygne, coll. Portraits littéraires, 2020, 210 p. - ISBN 978-2-849-24616-0
Pierre Halen
p. 252-254
o
CARILE (Paolo), Écritures de l'ailleurs : négociants, émigrés, missionnaires et galériens. Préface de Marc Cheymol. Paris : L'Harmattan ; Rome : Tab, 2019, 288 p. - ISBN 978-2-343-19136-2
Kusum Aggarwal
p. 254-255
o
CELLA (Simona), QUADRATI (Cinzia), dir., Djibril Diop Mambéty ou le voyage de la hyène. Préface de Martin Scorsese. Paris : L'Harmattan, coll. Images plurielles, 2020, 182 p. - ISBN 978-2-343-20871-8
Alice Chaudemanche
p. 256-257
o
CIRIEZ (Frédéric), LAMY (Romain), Frantz Fanon. Paris : La Découverte, 2020, 231 p., ill. en couleur - ISBN 978-2-707-19890-7
Dominique Ranaivoson
p. 257-260
o
COMPAN (Magali), Îles intimes : expression de l'îléité dans l'océan Indien francophone. Villeneuve-d'Ascq : Presses universitaires du Septentrion, coll. Littératures, 2020, 204 p. - ISBN 978-2-757-43174-0
Dominique Ranaivoson
p. 260-261
o
COSKER (Christophe), Nassur Attoumani : un ironiste de l'océan Indien. Saint-Denis (La Réunion) : Presses universitaires indianocéaniques, 2019, 276 p. - ISBN 978-2-490-59615-7
Dominique Ranaivoson
p. 261-263
o
DEPESTRE (René), Cahier d'un art de vivre : Cuba, 1964-1978. Édition établie, préfacée et annotée par Serge et Marie Bourjea. Arles : Actes Sud, coll. Archives privées, 2020, 315 p.-[24] p., ill. en couleur - ISBN 978-2-330-14082-3
Ninon Chavoz
p. 263-265
o
GODDIN (Philippe), Les Tribulations de Tintin au Congo : monographie de Philippe Goddin. [en même temps que]Hergé. Tintin au Congo : 1940-1941, version inédite. [Bruxelles] : Éd. Moulinsart ; [Bruxelles] ; [Paris] : Casterman, 2018, 223 p., ill. en coul. - ISBN 978-2-203-19215-7
Pierre Halen
p. 265-268
o
GREILICH (Susanne), LÜSEBRINK (Hans-Jürgen), dir., Écrire l'encyclopédisme, du xviiie siècle à nos jours. Paris : Classiques Garnier, coll. Rencontres, n°467, Série : le dix-huitième siècle, n°34, 2020, 416 p. - ISBN 978-2-406-10098-0
Ninon Chavoz
p. 268-270
o
HOUËL (Drasta), Cruautés et tendresses : vieilles moeurs coloniales françaises ; précédé de Les Vies légères : évocations antillaises. Présentation de Roger Little, avec la collaboration d'Isabelle Gratiant. Paris : L'Harmattan, coll. Autrement mêmes, 2020, xxxviii-248 p. - ISBN 978-2-343-19419-6
Thérèse De Raedt
p. 270-271
o
KASSAB-CHARFI (Samia), KHEDHER (Adel), Un siècle de littérature en Tunisie : 1900-2017. Paris : Honoré Champion éditeur, coll. Poétiques et esthétiques xxe-xxie siècles, n°40, 2019, 548 p. - ISBN 978-2-745-35069-5
Paul Dirkx
p. 272-273
o
KONÉ (Guiba), L'Espace africain postcolonial dans le roman français contemporain. Préface de Jean-Francis Ékoungoun. Paris : L'Harmattan, coll. Critiques littéraires, 2020, 344 p. - ISBN 978-2-343-20202-0
Laude Ngadi Maïssa
p. 273-275
o
LACASCADE (Renée), PÉRYE(André), L'Île qui meurt : roman guadeloupéen. Présentation de Roger Little, avec la coll. d'Emmanuelle Gall. Paris : L'Harmattan, coll. Autrement mêmes, n°151, 2020, xxxviii-181 p. - ISBN 978-2-343-20375-1
Tina Harpin
p. 275-277
o
LAZALI (Karima), Le Trauma colonial : une enquête sur les effets psychiques et politiques contemporains de l'oppression coloniale en Algérie. Paris : La Découverte, 2018, 278 p. - ISBN 978-2-707-19916-4
Florence Lhote
p. 277-279
o
NIXON (Rob), Slow Violence and the Environmentalism of the Poor [2011]. Cambridge (MA) ; London : Harvard University Press, 2013, xiii-353 p. - ISBN 978-0-674-07234-3
Xavier Garnier
p. 279-281
o
RASOAMANANA (Linda), Pratiques et imaginaires des mangroves de Mayotte dans les littératures francophones contemporaines : approche géocritique. Paris : Pétra, 2020, 178 p. - ISBN 978-2-847-43271-8
Dominique Ranaivoson
p. 281-283
o
RENDERS (Luc), DEWULF (Jeroen), eds., The Congo in Flemish Literature : An Anthology of Flemish Prose on the Congo, 1870s - 1990s. Translated by Grady Tarplee, with the assistance of L. DuLac. Leuven : Leuven University Press, 2020, 190 p. - ISBN 978-9-462-70217-2
Pierre Boizette
p. 284-285
o
RICCI (Daniela), THACKWAY (Melissa), CRÉMIEUX (Anne), RÉMILLET (Gilles), dir., Traversées, frontières et circulations dans les films d'Afrique et ses diasporas. Paris : Classiques Garnier, (= Écrans, 2018, 2e an., n°10), 2020, 176 p. - ISBN 978-2-406-09835-5
Thérèse De Raedt
p. 285-286
o
SIMA EYI (Hémery-Hervais), La Vie littéraire au Gabon, ses acteurs institutionnels, ses instances de médiation et de légitimation et ses enjeux. Libreville : Symphonia éditeur (BP 9691 Libreville), 2020, 344 p. - ISBN 979-8-692-56004-9
Pierre Halen
p. 286-290
o
TOGOLA (Adama), Poétique et savoirs du polar d'Afrique francophone. Paris : L'Harmattan, coll. Sang maudit, 2020, 254 p. - ISBN 978-2-343-20854-1
Désiré Nyela
p. 290-291
o
WANE (Ibrahima), MBAYE (Saliou), dir., Le 1er Festival mondial des arts nègres : mémoire et actualité. Paris : L'Harmattan ; Dakar : Cacsen, coll. Harmattan Sénégal, 2020, 364 p. - ISBN 978-2-343-20553-3
Elara Bertho
p. 292-294
Revues
o
Interculturel francophonies, n°36 (David Jaomanoro : Madagascar-Mayotte, d'une île l'autre, dir. Dominique Ranaivoson), novembre-décembre 2019, 165 p. - ISBN 978-8-895-34335-8
Bernard De Meyer
p. 294-296
o
Research in African Literatures, (Bloomington : Indiana University Press), vol. 51, n°1 (African Audiences : Making Meaning across Media, dir. Ruth Bush & Claire Ducournau), printemps 2020, xv-188 p. - ISSN 1527-2044
Edoardo Cagnan
p. 296-298
o
African Literature Today, (Rochester : Boydell & Brewer, dir. Ernest N. Emenyonu), n°37 (50), 2019, xx-234 p. - ISBN 978-1-847-01234-0
Aurélie Journo
p. 298-300
Thèses soutenues
o
Thèses soutenues
Delphine Abadie, Émeline Baudet, Bénédicte Boka Epi, Cédric Courtois, Alice Desquilbet, Alfred Djossou Agboadannon Koumagnon, Sandrine Joëlle Eyang Eyeyong, Rym Khene, Bo-Hyun Kim, Anouchka Stevellia Moussavou Nyama, Cécile Élisa Ngo Mode, João Vicente Pereira Neto et Ana Filomena Severino Pacheco Mariano
p. 303-311
Partager :