Murmures
Appel des intellectuels africains sur la Côte d'Ivoire
novembre 2002 | | Histoire/société | Côte d'Ivoire
Source : Jean-Luc Raharimanana
Français
Les combats et les violences dont la Côte d'Ivoire est le théâtre depuis plus de deux mois constituent un nouveau malheur, lourd de conséquences pour l'Afrique, notre continent déjà gravement éprouvé par de trop nombreux drames.
Nous, intellectuels africains, voulons d'abord exprimer notre sympathie avec les habitants de la Côte d'Ivoire : la guerre civile a fait un grand nombre de morts, combattants et innocents civils, sans épargner aucun des camps en conflit ; les destructions de biens matériels acquis au prix de mille peines réduisent définitivement à la misère des milliers de familles entières ; les violences verbales, les appels au meurtre, les délations, les exactions, les disparitions ont créé un climat général d'insécurité ; les perspectives de l'économie ivoirienne convalescente risquent d'être durablement compromises, remettant ainsi en cause la construction de la CEDEAO (Communauté Economique des Etats de l'Afrique de l'Ouest) et les efforts de regroupement de notre continent.
Nous voulons aussi dire notre grave préoccupation devant ce cycle infernal des violences qui risquent d'échapper à tout le monde, aux seuls dépens des peuples de Côte d'Ivoire, de l'Afrique de l'Ouest et de l'ensemble du continent africain. Pourquoi y a-t-il tant de vies humaines perdues, pourquoi un tel gâchis de biens ? C'est au nom des origines géographiques, des appartenances religieuses, des affiliations ethniques : ces démons de la division ont déjà causé des torts immenses à l'Afrique ; ils fleurissent aujourd'hui en Côte d'Ivoire ; après avoir décimé le Rwanda, ruiné l'Afrique des Grands Lacs, ils ne demandent qu'à étendre leurs ravages sur l'ensemble du continent.
Il est évident que rien de positif, rien de constructif pour les peuples ivoiriens et africains, ne peut sortir du spectacle désolant que donne aujourd'hui la Côte d'Ivoire. Il est clair que nous, Africains, n'avons rien à gagner et avons au contraire tout à perdre si nous cédons à l'enfermement sur soi, à la xénophobie, au repli frileux, impuissant et dangereux, à la diabolisation de l'Autre.
Il est manifeste que, en agitant des slogans ambigus pouvant devenir "criminels" , la classe politique ivoirienne porte une lourde responsabilité. Mais il est indéniable aussi que, en se prêtant au jeu dangereux des politiciens par peur ou par calcul et en gardant le silence devant la destruction de la société et de l'Etat, la classe intellectuelle risque de perdre toute crédibilité .
C'est au nom de notre devoir d'intellectuels et de notre solidarité panafricaine que nous lançons cet appel aux dirigeants, aux intellectuels, à tous les responsables religieux et au peuple de la Côte d'Ivoire ainsi qu'aux responsables africains.
Nous devons nous rappeler que "quand l'intelligence déserte le forum, la médiocrité s'installe et tout finit en dictature ."
Pour approfondir cet appel et proposer une démarche de raison, de respect mutuel et de développement solidaire, un colloque se tiendra à Cotonou au Bénin sous l'égide conjointe du Centre Pan Africain de Prospective Sociale et du Collectif de la Société Civile pour la Paix en Cote d'Ivoire.
Nous n'avons qu'une volonté commune : Arrêter le massacre – Refuser le cycle de la mort.
Nous appelons à un sursaut de tous les africains pour retrouver le sens de la dignité et du vrai renouveau de notre continent.
Nous, intellectuels africains, voulons d'abord exprimer notre sympathie avec les habitants de la Côte d'Ivoire : la guerre civile a fait un grand nombre de morts, combattants et innocents civils, sans épargner aucun des camps en conflit ; les destructions de biens matériels acquis au prix de mille peines réduisent définitivement à la misère des milliers de familles entières ; les violences verbales, les appels au meurtre, les délations, les exactions, les disparitions ont créé un climat général d'insécurité ; les perspectives de l'économie ivoirienne convalescente risquent d'être durablement compromises, remettant ainsi en cause la construction de la CEDEAO (Communauté Economique des Etats de l'Afrique de l'Ouest) et les efforts de regroupement de notre continent.
Nous voulons aussi dire notre grave préoccupation devant ce cycle infernal des violences qui risquent d'échapper à tout le monde, aux seuls dépens des peuples de Côte d'Ivoire, de l'Afrique de l'Ouest et de l'ensemble du continent africain. Pourquoi y a-t-il tant de vies humaines perdues, pourquoi un tel gâchis de biens ? C'est au nom des origines géographiques, des appartenances religieuses, des affiliations ethniques : ces démons de la division ont déjà causé des torts immenses à l'Afrique ; ils fleurissent aujourd'hui en Côte d'Ivoire ; après avoir décimé le Rwanda, ruiné l'Afrique des Grands Lacs, ils ne demandent qu'à étendre leurs ravages sur l'ensemble du continent.
Il est évident que rien de positif, rien de constructif pour les peuples ivoiriens et africains, ne peut sortir du spectacle désolant que donne aujourd'hui la Côte d'Ivoire. Il est clair que nous, Africains, n'avons rien à gagner et avons au contraire tout à perdre si nous cédons à l'enfermement sur soi, à la xénophobie, au repli frileux, impuissant et dangereux, à la diabolisation de l'Autre.
Il est manifeste que, en agitant des slogans ambigus pouvant devenir "criminels" , la classe politique ivoirienne porte une lourde responsabilité. Mais il est indéniable aussi que, en se prêtant au jeu dangereux des politiciens par peur ou par calcul et en gardant le silence devant la destruction de la société et de l'Etat, la classe intellectuelle risque de perdre toute crédibilité .
C'est au nom de notre devoir d'intellectuels et de notre solidarité panafricaine que nous lançons cet appel aux dirigeants, aux intellectuels, à tous les responsables religieux et au peuple de la Côte d'Ivoire ainsi qu'aux responsables africains.
Nous devons nous rappeler que "quand l'intelligence déserte le forum, la médiocrité s'installe et tout finit en dictature ."
Pour approfondir cet appel et proposer une démarche de raison, de respect mutuel et de développement solidaire, un colloque se tiendra à Cotonou au Bénin sous l'égide conjointe du Centre Pan Africain de Prospective Sociale et du Collectif de la Société Civile pour la Paix en Cote d'Ivoire.
Nous n'avons qu'une volonté commune : Arrêter le massacre – Refuser le cycle de la mort.
Nous appelons à un sursaut de tous les africains pour retrouver le sens de la dignité et du vrai renouveau de notre continent.
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